Nafissatou Thiam : "Cette médaille a le goût des sacrifices et du travail"

Un peu moins de 24 heures après sa deuxième place dans l’heptathlon des mondiaux de Doha, Nafi Thiam s’est posée et revenir "à froid" sur les deux jours écoulés. Avec un podium au terme de la saison "la plus difficile" de sa carrière, la satisfaction est toujours présente.

"Je suis toujours aussi contente", confirme la championne olympique. "J’ai fait les efforts toute l’année, j’ai travaillé très dur. C’était une année compliquée. Je me suis battu pour être ici et défendre au mieux mon titre. J’ai fait le maximum. Cette médaille a le goût des sacrifices, du travail et de tous les problèmes que j’ai eus cette année. Je suis très fière de cette médaille."

Son coude est évidemment le gros point noir de ce mondial. La douleur s’est réveillée et ce n’est jamais bon signe. "Est-ce qu’il y a des raisons de s’inquiéter ? Je ne sais pas. Il faut faire des tests Je vais parler avec les docteurs. Ça a été une longue saison. J’ai juste surtout envie de me reposer. Je verrai bien ce qu’il en est de mon coude quand le temps sera venu. Il faut être content quand des choses bien vous arrivent. C’est triste pour le coude mais il ne faut pas être aveuglée par ça et ne parler que de ça. Une belle médaille d’argent m’attend (son podium est programmé en soirée, ndlr)".

Nafi connaît la cause du problème. Reste à le résoudre. "C’est une question de technique. Pas de la changer mais de l’exécuter correctement, ce que j’ai encore du mal à faire. C’est le problème des heptathloniennes, tu n’as pas la technique parfaite. Quand je lance à 35-40m, ce n’est pas un problème. Mais quand je mets la force pour aller à 60m, ça ne pardonne pas. C’est ce que j’ai fait en mai et je l’ai traîné toute la saison."

Le mollet cet hiver et le coude à Talence, Nafi n’a pas été épargnée par les blessures au cours de la "saison la plus difficile" de sa carrière. "J’ai fait le maximum. Je n’ai aucun regret. La première place n’était pas pour moi cette fois."

Annoncée depuis plusieurs années, la rivalité avec Katarina Johnson-Thompson a encore franchi un cap avec le titre de la Britannique. "C’est motivant d’avoir une forte concurrence. Cela fait quelques années qu’on voit qu’il y a une belle génération et qu’il y a des beaux résultats. A Tokyo quand toutes les filles seront là – j’espère toutes en forme – ça va être très intéressantSa force ce sont les courses. C’est forcément quelque chose que j’aime regarder parce que c’est un peu ma faiblesse. Chaque athlète a ses forces et ses faiblesses. Katarina, c’est plutôt les lancers. L’athlète parfait n’existe pas. Ce qu’elle a fait ce week-end est exceptionnel. Elle a fait presque 7000 points. Donc au niveau des records personnels on est très proche."

Lespagnard : "Il faut maintenant en finir une bonne fois pour toutes"

"Après cet heptathlon, il y a tant de la satisfaction que de la déception, a pour sa part analysé Roger Lespagnard. "On n’a pas remporté l’or, mais il faut relativiser. Elle a fait une très bonne première journée, mais la deuxième a été un peu moins bonne. Son coude ? Elle va se soigner, mais je ne pense pas qu’il s’agit d’une grosse blessure cette fois-ci. Elle s’est arrêtée au bon moment. Il faut maintenant en finir une bonne fois pour toutes, et prendre le temps de cicatriser, de retravailler d’une manière sereine. Je ne suis pas du tout inquiet pour l’avenir, mais nous prendrons le temps. D’abord six semaines de repos pour le coude, et puis ce sera l’heure de la rééducation physique, puis sportive. Cela prend un certain temps, mais on a huit ou neuf mois pour le faire."

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