Nafi Thiam... Lettre à une "anti-star"

Bonjour Nafi,

Comme tu le sais, je suis encore ici à Londres et les Mondiaux se poursuivent sans toi. Ou plutôt toujours avec toi ! Car, que tu le veuilles ou non, pas un jour ne passe sans que l’on pense à toi, sans qu’on en parle entre nous, sans qu’un confrère étranger ne m’arrête en me disant "Eh… super votre Nafi !" ou "Génial la Belgique… quelle athlète sympa en plus"… Oui je sais, tu n’aimes pas les flatteries… tu n’aimes pas les projecteurs… tu n’es pas programmée pour le show et pourtant tu le fais. C’est comme ça… les gens t’aiment.

Du haut de tes 23 ans (bon anniversaire avec un peu d’avance), tu es une lionne (mon signe zodiacal préféré). Normal donc que tu aies dévoré la concurrence. De Rio à Londres, en passant par Belgrade cet hiver ou Götzis en mai dernier… tu as rayonné, bouleversé les codes de l’hepta. Tu nous fais voyager, toi l’étudiante en géo. Tu es désormais le nord, le sud, l’est et l’ouest de notre athlétisme. Tu as gagné des milliers de fans, voire des centaines de milliers dans le monde, tu as surtout rassemblé les amoureux du sport chez nous et au-delà.

Près de 450.000 paires d’yeux scotchés sur la RTBF dimanche dernier pour te voir dans ce 800m. Et deux mecs à ce poste commentateur numéro 33, Bloc 210. Fred Xhonneux et moi… regards fixés sur la piste, cœur de supporter bien accroché et voix un peu cassée pour te soutenir dans ce double tour épuisant… A l’arrivée, on a compté les secondes, comme à Rio. Mais ici, contrairement aux Jeux, j’étais sûr de ton succès. Car tu avais fait l’essentiel dans les six épreuves précédentes. Waouw… comme tu gères… ! Tu m’as dit plus tard avoir ressenti la pression, celle que l’on met inévitablement sur les meilleur(e)s. Mais tu as aussi passé le cap avec la maturité d’une athlète accomplie. Bravo pour ça.

Quand on s’est revus le lendemain vers 11h00, petits yeux à peine ouverts suite à une trop courte nuit, tu étais là pour les "obligations" médias. Souriante comme à chaque fois… Tu as paru étonnée quand je t’ai expliqué l’impact de cette victoire et la foule qui t’avait suivi en Belgique devant le petit écran… tu m’as regardé et dit "Oulala c’est chouette ça"… Oui c’est super chouette même ! Les gens t’adorent, tu n’imagines même pas !

Un direct dans un JT à gauche, un autre à droite, la presse écrite qui boit tes émotions… comme la Belgique boit désormais tes exploits… avec délectation.

Allez, file… tu as mérité le repos de la lionne. Je te laisse à tes vacances… Fred et moi on a encore du taf ! J’imagine que tu ne manqueras rien, à distance, des prestations des autres Belges. Puisse la couleur de ta médaille les inspirer.

Amitiés et à très vite…
Vincent "from London"

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