Les relais belges 4X400 mètres privés des Mondiaux de Doha ?

C’est une surprise désagréable pour nos relais d’athlétisme. Alors que les trois équipes (les Tornados, les Cheetahs et l’équipe mixte) se sont qualifiées pour les championnats du monde de Doha après avoir chacune intégré le top 10 lors des championnats du monde de relais en mai dernier à Yokohama au Japon, ils pourraient finalement ne pas participer à ces mondiaux fin septembre. La faute à un critère du règlement de la Fédération Belge d’Athlétisme, plus strict que celui de la fédération internationale.

La règle est en effet très claire : pour pouvoir participer aux championnats du monde de Doha, la fédération belge exige de nos relais de figurer dans le top 12 du ranking mondial (en plus donc d’avoir réalisé un top 10 à Yokohama) au moment de la sélection qui sera arrêtée définitivement au lendemain du Mémorial Van Damme.

A l’heure actuelle, le relais masculin figure à la 11e place mondiale, les filles pointent au 12e rang (elles viennent de reculer d’une place après la coupe d’Europe par équipes où l’Ukraine a réalisé un meilleur chrono qu’elles). Les deux équipes sont donc clairement sur un siège éjectable. Le relais mixte, lui, ne figure pas dans ce top 12 mais pointe au 14e rang mondial. Il répond donc au critère qualificatif de l’IAAF mais pas au critère interne, plus exigeant, de la Fédération royale Belge d’Athlétisme. Un critère qu’ignoraient la plupart des athlètes comme nous l’a confié Camille Laus, capitaine des Cheetahs et membre du relais mixte. : "On n’était pas au courant mais apparemment, il (ndlr : le règlement) a été publié il y a très longtemps. On avoue que nous n’avons pas fait attention à ce critère-là, étant donné que pour les épreuves individuelles, ce sont juste les minima internationaux qui comptent. On pensait que pour les relais, ça allait être pareil et qu’il fallait juste terminer dans le top 10 des championnats du monde de relais de Yokohama (ndlr : pour se qualifier pour Doha)."

Une situation stressante pour les athlètes qui n’ont plus le temps de s’aligner sur ce type de course, par ailleurs très rare dans le calendrier, pour tenter de réaliser un meilleur chrono et de remonter ainsi dans le ranking mondial. "C’est évidemment lors des grands championnats qu’on peut sortir les plus meilleures performances grâce à la concurrence et pas dans de compétitions de moindre importance", explique Camille Laus. "De plus, il n’y a pas beaucoup de relais 4x400m organisés hors championnat car souvent les athlètes combinent un individuel plus un relais. Et enchaîner deux 400 mètres en une journée, c’est difficile."

Aucun autre choix que de patienter

La patience est donc de mise puisque que les athlètes n’ont désormais d’autre choix que d’attendre une décision favorable de leur fédération : "On espère qu’ils vont être compréhensifs et qu’ils vont nous faire confiance". D’autant plus qu’en cas de finale à Doha, nos relais décrocheraient leur billet pour les Jeux Olympique de Tokyo l’été prochain.

La balle est maintenant dans le camp de la fédération qui arrêtera la sélection définitive pour les championnats du monde de Doha au lendemain du Mémorial Van Damme, le 6 septembre prochain. "Si la décision devait tomber aujourd’hui, le relais mixte ne serait clairement pas qualifié" précise Christian Maigret, directeur technique de la LBFA, la Ligue Belge Francophone d’Athlétisme. "Mais je ne peux évidemment pas préjuger de la décision de la commission de sélection qui peut évidemment décider de repêcher l’équipe. Par ailleurs, en ce qui concerne les Cheetahs et les Tornados, la probabilité que d’autres nations viennent s’intercaler dans le ranking est très faible vu que le calendrier propose très peu de courses du genre."

Reste donc à patienter. En se rongeant les ongles.

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