Les chasseurs de selfies attendent Nafissatou Thiam avec impatience à… Gaurain !

La tension monte dans les coquettes installations fraîchement rénovées de la RUSTA (Royale Union Sportive Tournai Athlétisme), le club d'athlétisme de Gaurain-Ramecroix, dans l’entité de Tournai. La tension monte car on se prépare là-bas à accueillir ce samedi après-midi, à l'occasion des Interclubs élites francophones (LBFA) féminins, ni plus ni moins que la championne olympique, du Monde et d'Europe d'heptathlon, Nafissatou Thiam, dont ce sera le retour officiel à la compétition après sa blessure au mollet en janvier.

Une première étape vers les Championnats du Monde de Doha, au Qatar, fin septembre-début octobre. Le chemin sera long et il y aura d’autres étapes encore, comme le Décastar de Talence par exemple, les 22 et 23 juin. Mais cette reprise lors des Intercercles est évidemment symbolique pour celle qui défendra avec ambition demain les couleurs de son club, le Royal Football Club Liégeois (RFCL), sur trois épreuves : le javelot (14H00), le 200 mètres (15H40) et le relais 4x100 mètres (16H40).

Depuis plusieurs jours, le comité de la RUSTA s’active pour que tout soit nickel. Nafi Thiam qui débarque sur la piste de Gaurain, c'est un peu comme si Lionel Messi venait jouer un match de quatrième Provinciale, un peu comme si Roger Federer disputait les Interclubs de Division 4, un peu comme si Teddy Riner foulait le tatami d’un modeste club de judo de village... Thiam est une star mondiale et elle sera accueillie sur le tartan tournaisien avec les honneurs dus à son rang.

Samuël Grulois a rencontré le président local Vincent Gets, qui connaît bien la championne et son entraîneur Roger Lespagnard.

Vincent, lorsque la RUSTA a remis sa candidature il y a plusieurs mois pour organiser ces Interclubs, aviez-vous anticipé la présence de Nafissatou Thiam ?

« Honnêtement, non, on n’y avait pas pensé. On a postulé en fonction de nos infrastructures et de nos possibilités. Par exemple, on a organisé une manche cadets-scolaires la semaine passée. On a donc remis notre candidature sans regarder les clubs qui composaient la division. Quand on nous a officiellement attribué l’événement, on a regardé plus précisément les équipes et, en effet, on s’est dit que l’on avait peut-être une chance de voir débarquer Nafissatou Thiam. Elle reste très simple et elle participe aux Intercercles avec son esprit de club et non pas en recherchant la gloire internationale ! »

Elle s’est blessée au mois de janvier (NDLR : Déchirure du mollet gauche le 9 janvier en stage à Stellenbosh, en Afrique du Sud). Elle vient d’achever un stage en Turquie et fera son retour officiel à la compétition chez vous. Bizarrement, cette blessure… c’est une chance pour vous car rien ne dit qu’elle aurait participé à ces Interclubs sans cette longue période de repos forcé.

« C’est vrai. Cette année est un peu spéciale avec des Championnats du Monde organisés plus tard que d’habitude, en septembre-octobre, au Qatar. Et donc, tous les athlètes ont un peu décalé leur programme. Je ne sais pas si sa blessure a changé quelque chose mais je sais que Nafi conserve un vrai esprit de club. Comme Koen Naert qui participera aux Interclubs masculins avec l’Excelsior de Bruxelles dimanche. L’athlétisme est un sport fort individuel mais l’esprit de club persiste. »

« Pour nos athlètes tournaisiennes, courir un 200 mètres ou lancer le javelot avec Nafi, c’est évidemment une perspective assez extraordinaire ! »

Ce sera un moment particulier pour les adversaires de Thiam. Qu’est-ce que cela représente pour les athlètes de votre club ?

« Pour elles, c’est assez exceptionnel… On a chez nous par exemple la talentueuse scolaire Perrine Cossez, 17 ans, plusieurs fois sur le podium des Championnats de Belgique ces dernières années et qui rêve de pouvoir un jour tutoyer les sommets. Courir un 200 mètres avec Nafi, c’est évidemment une perspective assez extraordinaire ! Et puis, on a aussi dans notre équipe une maman revenue à l’athlétisme après quelques années d’arrêt, qui va disputer ses premiers Interclubs et qui va lancer le javelot contre Nafi ! C’est génial pour ces filles-là. On attend beaucoup d’enfants pour encourager les « Rouges » de la RUSTA mais aussi pour voir Thiam à l’œuvre. »

Qu’allez-vous dire à vos athlètes avant de débuter la compétition ? Doivent-elles considérer Nafi comme une adversaire ou bien doivent-elles « profiter » des moments passés à ses côtés ?

« Ce sera une adversaire mais elles devront aussi profiter un petit peu, comme quand elles ont la chance de participer exceptionnellement à certains meetings internationaux. »

« On a déjà un peu briefé nos jeunes en leur rappelant que la compétition était prioritaire et qu’il fallait attendre que Nafi ait terminé avant de pouvoir l’aborder. Les selfies et les autographes, ce sera donc après la compétition ! »

On risque d’assister à une vraie… foire aux selfies !

« Oui c’est vrai. On a d’ailleurs déjà un peu briefé nos jeunes en leur rappelant que la compétition était prioritaire et qu’il fallait attendre que Nafi ait terminé avant de pouvoir l’aborder. Après le concours du javelot, elle va sans doute se préparer pour son 200, et après elle rejoindra son équipe pour préparer le relais. Il faut respecter les athlètes et leur préparation. Les selfies et les autographes, ce sera donc après la compétition ! »

Comme une artiste qui veut bénéficier d’une loge personnelle, la championne olympique a-t-elle eu des exigences particulières ?

« Non non non ! Les Interclubs, c’est un rendez-vous toujours convivial. Rien n’est spécifié dans le cahier des charges concernant la participation d’une championne olympique ! Cela reste une compétition comme les autres, une organisation bon enfant. La seule demande, elle ne vient pas de Nafi mais de tous les athlètes, c’est de leur laisser la possibilité de se préparer, de s’échauffer et de participer dans les meilleures conditions. »

Prévoyez-vous un service de sécurité particulier pour l’encadrer, notamment à la fin de la journée lorsque les spectateurs voudront leur autographe ou leur photo avec Nafi ?

« Non, les athlètes restent très accessibles. Il y aura peut-être une petite cohue mais je compte sur les membres du comité de la RUSTA et sur nos bénévoles pour gérer la situation. On devrait éviter l’hystérie ! »

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