Les bronzés font du... 4x4 !

Personne n’y a cru. Au moment de franchir la ligne de ce relais de folie, personne n’a cru au bronze. Pas même moi, je le reconnais. Inconsciemment sans doute, après avoir vécu tant de désillusions avec ces centièmes qui tombaient du mauvais côté. Fred Xhonneux et moi, scotchés à notre micro, hurlant notre peine, on le voyait quatrième notre relais. Non... pas encore cette foutue 4e place ! La plus frustrante de toutes.

Et Fred dans son optimisme légendaire me dit quand même : "Attendons la confirmation !!!". Ah... cette note d’espoir. Rien n’est jamais joué avant la photo finish. Pourtant mon pessimisme était partagé. Kevin Borlée, Jacques Borlée, les autres relayeurs... me l’ont également confié un peu plus tard : "Nous aussi on se croyait derrière... !".

Alors imaginez l’émotion quand l’écran géant du stade nous ramène à la vie quelques secondes plus tard. Yessssss ! "On est troisième Fred.. ils l’ont fait...ils l’ont fait...bon dieu que c’est bon l’émotion, la joie, les frissons"Ce petit centième qui change tout. Ce petit brin de rien que le capitaine Kévin est allé nous arracher du coin de l’épaule pour passer le Trinidéen Gordon. Ce souffle de hargne tellement symbolique. Symbolique de la rage qui anime les Tornados depuis 10 ans. La rage d’un nouveau record de Belgique en salle.

Lavillenie premier supporter

On se prend la tête entre les mains. Mince que c’est bon. Heureux pour Kevin, l’homme aux 20 finales et 9 médailles en relais. Heureux pour Jonathan de pouvoir vivre ça encore à 30 ans avec son jumeau. Heureux pour Dylan, décrié parfois mais tellement fort dans la tête et dans les gestes dans ce rôle ingrat du premier relayeur. Heureux pour le gamin, Jonathan Sacoor, qui n’a jamais semblé trembler. Heureux pour Jacques le bâtisseur qui, contre vents et marées, démontre au fil des ans toute sa science.

Heureux comme Lavillenie, star mondiale de la perche, qui en plein milieu de sa finale traverse la piste pour tomber dans les bras des frangins. Marque de respect authentique.

Que c'est long !

10 ans au sommet... c’est long. Respect donc aussi pour cela. Tenir le cap. S’entraîner dur. Dans les conditions 'à la belge'. Bravo. 

Une heure d’attente... c’est aussi très long pour un podium. Mais nous avons attendu Fred et moi... on a un peu 'meublé' comme on dit dans le métier. Mais ça valait le coup... les frissons d’un podium c’est pas tous les jours... Alors on a été patients. Merci les gars.

Champagne

Les interviews arrivent vers 20h00. En zone mixte... trop tard pour le Week-End Sportif, trop tard pour le JT... mais à temps pour ressentir la fierté de toute l’équipe et d’un pays.

Avec cette médaille gravée au nom de chacun des héros, avec ce verre de champagne partagé avec nous, de retour à l’hôtel. L’athlétisme est une grande famille et je suis fier d’en faire un peu partie.

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