La Rétro 2020 de Camille Laus: Hamilton, Cats, Evenepoel, Duplantis et... Atletiekliga!

Camille Laus était l’invitée de "100% Sport Radio" en direct par téléphone ce dimanche entre 8 heures 30 et 9 heures sur VivaCité. Avec une tasse de café serré sur la table, Winston (le chien un peu turbulent) couché à ses pieds et surtout le téléphone collé à l’oreille, la spécialiste du 400 mètres, capitaine des Belgian Cheetahs, qualifiées pour les Jeux Olympiques de Tokyo, a répondu dans la bonne humeur aux questions de Samuël Grulois.

Après un réveillon de Noël " très calme ", la Tournaisienne d’origine (elle a fait ses débuts sur la piste de la RUSTA, à Gaurain-Ramecroix), Bruxelloise d’adoption, s’apprête à partir en stage en Afrique du Sud avec l’ensemble de la Team Borlée.
Le départ en avion est programmé le 2 janvier mais tout dépendra évidemment du contexte sanitaire et des restrictions de circulation en vigueur à ce moment-là. Mais donc, a priori, Camille passera le prochain mois (retour prévu le 31 janvier) à Stellenbosch, dans la Province du Cap Occidental. 

A 27 ans, celle qui partage la vie de Kevin Borlée, qui adore la chanteuse Angèle (" une autre fierté belge ! ") et qui a avoué ce matin " un faible pour le Sporting d’Anderlecht " veut mettre toutes les chances de son côté pour briller au Japon cet été. Avec le relais 4x400 mètres féminin mais aussi, elle veut y croire, en individuel. 

Camille, nous avons questionné vos amies du relais 4x400 mètres. Elles sont toutes élogieuses à votre propos : motivée, dynamique, intègre, généreuse, bienveillante, persévérante... Cynthia Bolingo vous surnomme même " ma dulcinée ". Bref, vous êtes la femme parfaite ?

" Je ne pense pas mais ce sont de chouettes choses à entendre, ça fait plaisir. "

Vos copines évoquent aussi votre gourmandise, pas toujours compatible avec un régime de sportive de haut niveau…

" C’est vrai que je peux craquer pour un moelleux au chocolat, par exemple. Ou pour une saucisse-purée-compote, le plat préféré de mon enfance. Parfois les choses simples sont les meilleures… "

Les occasions de vous qualifier individuellement pour Tokyo devraient se compter sur les doigts d'une main, et encore… Les Mondiaux indoor sont reportés, les Championnats francophones et flamands indoor sont annulés, les Millrose Games à New York n'auront pas lieu. Finalement, à part l'Euro en salle en Pologne, du 5 au 7 mars, toujours maintenu pour le moment, le calendrier de début d'année se réduit à peau de chagrin...

" Je ferai tout pour y arriver. Je veux aborder les Jeux Olympiques dans la meilleure forme physique possible. Si j’ai la chance d’y participer avec le relais et en individuel, ce serait la plus belle chose qui puisse m’arriver. Mais y être uniquement avec le relais ne m’empêcherait pas de profiter au maximum de ces J.O. Maintenant, comme vous le dites, il est difficile de prévoir un calendrier de compétitions dans la situation actuelle. Je vais donc essayer de profiter de cette année olympique sans tirer de plans sur la comète. J’ai la certitude d’aller à Tokyo avec le relais et c’est ça le plus important. On verra bien ce que l’avenir nous réserve. Moi, je m’entraîne pour pouvoir courir le plus vite possible, battre mon record personnel et éventuellement faire le temps minimum… "

Kevin m’a appris à aimer la Formule 1. Sept titres de champion du monde, c’est prodigieux ! Et puis, Hamilton a un point commun avec moi… son chien, un bouledogue anglais !

Pendant cette année 2020 chahutée par la pandémie de coronavirus, quel sportif vous a le plus impressionnée ?

Lewis Hamilton ! C’est Kevin qui m’a appris à connaître et aimer la Formule 1. Sept titres de champion du monde, c’est prodigieux ! Et puis, Hamilton a un point commun avec moi… son chien, un bouledogue anglais ! "

Parmi les grands moments de sport qu’on voulait vous soumettre dans cette rétrospective, il y a la qualification pour les Jeux de notre équipe nationale féminine de basket-ball, les Belgian Cats. C’était le 9 février dernier, avant l’arrivée du coronavirus chez nous. Un jour important pour le sport collectif belge féminin en plein boum populaire et médiatique avec les Cats, les Red Flames, les Red Panthers, les Yellow Tigers, les Cheetahs… 

" Qu’est-ce que ça fait plaisir ! Avec les Cheetahs, nous avons justement été encourager les Cats lors de leur tournoi qualificatif à Ostende. Quelle joie de les voir décrocher leur ticket pour les Jeux Olympiques ! On a d’ailleurs un point commun avec elles puisqu’on travaille avec la même coach mentale, Ellen Schoupe. Les Cheetahs et les Cats sont donc liées grâce à Ellen.

Le jour de l’annonce du report des J.O., le 24 mars, était une journée assez bizarre. Je ne vivais que pour Tokyo 2020… La motivation en a pris un coup et ça devenait plus compliqué de repousser nos limites. Mais je pense vraiment qu’on sera à Tokyo l’été prochain !

Qu'avez-vous ressenti le 24 mars lors de l'annonce officielle du report des J.O. par le premier ministre japonais de l'époque, Shinzo Abe ?

" C’était une journée assez bizarre. Je m’entraîne depuis 2018 pour participer à ces Jeux Olympiques. Je ne vivais que pour Tokyo 2020… Je suis malgré tout soulagée que l’évènement ne soit pas annulé mais juste reporté. Mais c’est une décision qui a clairement eu des conséquences, notamment sur nos entraînements. Une fois que ce gros objectif s’est retrouvé postposé, la motivation en a pris un coup et ça devenait plus compliqué de repousser nos limites. Le rêve s’est soudain éloigné d’un an… On a, malgré tout, eu la chance de pouvoir participer à quelques compétitions pendant l’été pour mettre en pratique tout ce qu’on a travaillé pendant l’année à l’entraînement. On espère vraiment que la situation sanitaire va s’améliorer, d’abord pour la santé de tout le monde, et puis pour ces fameux Jeux Olympiques. "

Aujourd'hui, d'autant plus avec le lancement des campagnes de vaccination un peu partout dans le monde, on a le sentiment que les Jeux Olympiques auront bel et bien lieu l'été prochain. Est-ce aussi votre sentiment ?

" Oui, je suis très optimiste. J’avance en voyant le positif et je crois que la situation va s’améliorer et que les J.O. auront lieu. C’est ma motivation à l’entraînement. Mais ce sont des choses qui ne dépendent pas de nous… On devra s’adapter, quoiqu’il arrive. Mais je pense vraiment qu’on sera à Tokyo l’été prochain ! "

Autre date : le 15 août 2020. Pendant de longues minutes, le monde cycliste a retenu son souffle. J'imagine que vous vous souvenez de cette chute de Remco Evenepoel dans un ravin au Tour de Lombardie. Certains disent que ça fait partie des risques du métier, que le sport, c'est aussi ça, les dangers, les accidents, les blessures, les galères...

" Cette chute était super impressionnante. C’est vrai que ce sont les risques du métier mais ça ne fait jamais plaisir à voir ! Même si on est conscient que ça peut arriver, de telles images font toujours froid dans le dos. On n’aime pas voir ça dans le sport. Heureusement, c’est un jeune talent et il est déjà sur la voie de la guérison. Il reviendra encore plus fort. En athlétisme, il y a moins de risques qu’en cyclisme. On peut évidemment se déchirer un muscle ou un tendon, et c’est très douloureux, mais c’est moins risqué que le vélo. "

Armand Duplantis est un athlète super talentueux. Franchir plus de six mètres avec une perche, c’est quelque chose d’incroyable. Un super record pour un super athlète ! Personnellement, j’eu l’occasion de tester une fois le saut à la perche. Et euh… bof ! C’est une discipline qui ne me correspond pas.

Le 17 septembre, l’extraterrestre Armand Duplantis établissait un nouveau record du monde du saut à la perche en plein air : 6 mètres 15 ! Les records, et c'est tellement vrai en athlétisme, sont faits pour être battus. Mais là, Duplantis qui efface des tablettes le fameux record de Sergueï Bubka, ça faisait… bizarre. C’était un record mythique, qui nous semblait éternel.

" Armand Duplantis est un athlète super talentueux. On l’avait déjà vu franchir l’hiver dernier en indoor 6 mètres 17, puis 6 mètres 18. Il est très impressionnant. Et le voilà désormais également détenteur du record du monde en extérieur avec 6 mètres 15. Franchir plus de six mètres avec une perche, c’est quelque chose d’incroyable, d’extraordinaire. Un super record pour un super athlète ! Personnellement, comme j’ai commencé l’athlétisme assez tard, je n’ai pas essayé les différentes disciplines comme la plupart des enfants. J’ai juste un peu goûté au saut en longueur mais en optant très vite pour le sprint. En revanche, lors d’un de mes premiers stages avec les élites, j’ai eu l’occasion de tester une fois le saut à la perche avec Frédéric Xhonneux (NDLR : ancien décathlonien devenu consultant pour la RTBF). Et euh… bof ! C’est une discipline qui ne me correspond pas même si Frédéric trouvait que j’avais un potentiel avec mon passé de gymnaste et ma bonne pointe de vitesse. "

J'ai une dernière date à vous soumettre, vous n'y échapperez pas : le 11 décembre. Ce vendredi-là, Jacques Borlée, en néerlandais dans le texte, annonçait le départ du Team Borlée (NDLR : ses fils ainsi que Camille Laus et Hanne Claes) vers la "Vlaamse Atletiekliga". De quoi faire couler beaucoup d’encre…

" Dans les faits, ça ne change pas grand-chose. Quand on court, on représente la Belgique, peu importe qu’on soit du côté néerlandophone ou du côté francophone. On a décidé de travailler désormais avec la ligue flamande mais en ayant toujours la volonté de porter et défendre les couleurs belges. Mais c’est vrai que c’est une étape importante franchie en cette année 2020. "

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