La Ligue belge d'athlétisme admet que sa convention a pu choquer ses athlètes

Le lien de confiance entre Nafissatou Thiam et la Ligue belge d'athlétisme est rompu. L'athlète s'est confiée sur un événement survenu il y a six mois à l'Euro de Berlin. Après la troisième épreuve de l'heptathlon, le kiné de la délégation l'informe que le logo du sponsor de la Ligue n'est pas assez visible sur son maillot. S'ensuivent des menaces de sanction. La Liégeoise a eu du mal à retenir ses larmes à l'évocation de cet épisode.

"Je n’ai plus aucune confiance en la fédération depuis Berlin", affirme Nafissatou Thiam sans appel. Avant le début de cette compétition, son maillot officiel se déchire. Elle enfile alors celui de l'année précédente. Mais sur ce maillot, le nouveau logo du sponsor de la Ligue belge d'athlétisme n’apparaît pas. Après la troisième épreuve et un rappel à l'ordre, la sportive change de maillot. Mais les reproches ne s'arrêtent pas là. La Ligue insinue qu'elle a sciemment épinglé son dossard trop haut sur le nouveau maillot.

Les intimidations commencent. La Fédération menace Nafissatou Thiam d'être privée de la deuxième journée de compétition. Elle la menace aussi de lui faire perdre son contrat d'athlète de haut niveau auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Heureusement, ce soir-là, l'athlète peut compter sur ses deux amies managers, mais aussi sur sa famille pour lui remonter le moral. Le lendemain, la jeune femme décroche la médaille d'or. Une preuve de plus de son mental d'acier et de sa capacité à se focaliser sur ses épreuves.

Depuis cet épisode, la Ligue belge d'athlétisme a envoyé une convention à ses sportifs en vue de l'Euro en salle à Glasgow qui doit se tenir du 1er au 3 mars. Celle-ci impose aux athlètes "d'exposer au maximum l'équipement national officiel" et de rétrocéder leurs droits à l'image. Pour Nafi Thiam, "presque chaque ligne de cette convention pose problème". Elle n'est pas la seule à partager ce point de vue. Pour le moment, une majorité d'athlètes a refusé de la signer.

La Ligue belge d'athlétisme a réagi auprès de la RTBF par la voix du co-président de la section francophone. Thomas Lefebvre joue la carte de l'apaisement. "Je comprends que les athlètes aient été choqués. Effectivement, il y avait peut-être des termes maladroits dans la convention et cela a été corrigé. Les sections francophone et néerlandophone sont en train d'envoyer cette nouvelle version aux athlètes de la Ligue. On essaye aussi de faire oeuvre de pédagogie en expliquant réellement l'intérêt de cette convention", annonce-t-il.

"Ça a été mal vécu par la sportive mais aussi, croyez-le, par la fédération car les organisateurs ne peuvent logiquement pas laisser rentrer sur le terrain un athlète avec des vêtements qui ne sont pas officiels. Or, c'est ce qui s'est passé. Si les arbitres avaient fait leur boulot, on ne serait pas là. Et cela, j'en suis vraiment désolé. Notre responsable haut niveau la rencontre régulièrement. Et cela continuera. Si elle désire me rencontrer à titre personnel, elle et/ou ses managers, ma porte est ouverte" complète  Thomas Lefebvre

Il n'est reste pas moins que tout cet épisode a marqué Nafissatou Thiam qui déclare : "Aujourd’hui, je me dis que le jour où j’arrêterai ce sport que j’adore, ce sera à cause de tout ce qu’il y a autour. Ça use".

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK