La folle émulation du relais belge

23 Août 2008, les relayeurs belges emmenés par Kevin et Jonathan, deux jeunes jumeaux au visage fermé et au crâne à l’époque presque rasé emmènent avec eux Cédric Van Branteghem et Arnaud Ghislain en finale des jeux olympiques de Pékin. Ils termineront la course 5e (classés finalement 4e après disqualification de la Russie) en 2’59’’37 établissant à l’époque un nouveau record de Belgique (battus deux fois depuis).

12 mai 2019, ceux qui se présentent désormais sous le nom de « Belgian Tornados », décrochent leur 12ème médaille internationale en 23 finales (championnats d’Europe, du monde en salle ou en plein air et Jeux Olympiques) aux mondiaux de relais de Yokohama au Japon.

Pour la première fois en 11 ans au plus haut niveau, Kevin, capitaine emblématique de ce relais à succès, manque à l’appel. Mais Dylan, cadet des jumeaux, Robin Vanderbemden, Jonathan Borlée et la pépite Jonathan Sacoor font le job (avec Julien Watrin en séries) et montent une nouvelle fois sur la boîte.

À deux pas de là, dans les tribunes ou dans la chambre d’appel du stade japonais, un groupe de copines, donne de la voix. Ces filles pétillantes et hyper soudées, on les appelle les « Belgian Cheetahs », l’équipe féminine belge de relais créée à l’initiative de la sprinteuse Camille Laus et de son inséparable copine Cynthia Bolingo. Deux sprinteuses initialement adeptes du « court » (100 et 200 mètres) mais qui ont pris goût au redoutable effort du tour de piste.

Deux ans à peine après sa création, le relais féminin (avec dans l’équipe Hanne Claes, Paulien Couckuyt, Liefde Schoemaker, Lucie Ferauge, Camille Laus) vient tout juste de se qualifier pour les mondiaux de Doha en septembre prochain, avant-dernière étape sur la route du rêve olympique.

Quelques minutes plus tard, certaines d’entre elles remonteront sur la piste pour prendre part au relais mixte (avec Watrin et Sacoor), nouvelle épreuve qui fera partie du programme olympique à Tokyo. Deux gars et deux filles pour une course haletante. Avec là aussi, et dès les séries la veille, une qualification pour Doha!

3/3, un sans faute pour la Belgique qui réussit l’exploit de qualifier ses 3 équipes pour les « grands » championnats du monde organisés au Qatar au début de cet automne, dernière marche avant de pouvoir prendre part à la fête olympique l’été prochain.

Entre Pékin 2008 et Yokohama 2019, 11 ans d’effort (souvent avec le vent de face eu égard à une collaboration parfois difficile avec les fédérations) pour installer la Belgique parmi les meilleures nations du monde du 4X400 mètres. Les hommes d’abord, les filles ensuite. Entre l’expérience des jumeaux Borlée (31 ans) et l’insouciance de la jeune et prometteuse Liefde Schoemaker (16 ans), promise à jouer un rôle déterminant dans le relais féminin dans les années à venir, il y a 15 années d’écart. La maturité et la fougue. Un cocktail parfait pour faire parler la poudre. À Doha et à Tokyo!
 

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