La Belgique quatre fois "bronzée" aux Mondiaux

La Belgique quatre fois bronzée aux Mondiaux
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La Belgique quatre fois bronzée aux Mondiaux - © ERIC LALMAND - BELGA

Dans l'histoire des championnats du Monde d'athlétisme, la Belgique a décroché quatre médailles, quatre plaques de bronze. Retour sur ces quatre exploits.

Van Dijck, le virtuose du steeple

Si la Belgique est revenue bredouille de la première édition des championnats du Monde à Helsinki. William Van Dijck s'est chargé de débloquer le palmarès noir-jaune-rouge dès 1987.

Le Louvaniste, qui avait enflammé le Van Damme en 1986 en signant la meilleure performance mondiale de l'année (8:10.01, record de Belgique qui tient toujours), fait partie des favoris à Rome.

Avec trois représentants (Lambruschini, Boffi et Panetta) au départ, les Italiens emballent la course. Dans une ambiance incroyable, Panetta, médaillé d'argent sur le 10.000m, se porte en tête après 800m. Le rythme est rapide (2'43 au 1000m). Van Dijck reste "au chaud" autour de la 5e position.

A la mi-course, Le Kenyan Joshua Kipkemboi, deuxième à ce moment-là, accroche une haie et tombe. Francesco Panetta prend quelques mètres et accélère. Malgré les efforts de Van Dijck, on ne reverra plus l'Italien qui se pare d'or (8.08.58, record des championnats). Notre compatriote mène la chasse et se fait déborder dans la dernière ligne droite par l'Allemand de l'Est Hagen Melzer (8.10.32), champion d'Europe en titre. L'élève de Michel Jordens coupe la ligne en troisième position (8.12.18, la vidéo de sa course) et offre une première médaille mondiale à la Belgique. Il prendra la 5e place aux JO de Séoul et décrochera encore le bronze à l'Euro en 94.

Mourhit s'invite parmi les grands

Vainqueur de sa série, Mohammed Mourhit est en confiance en ce 28 août 1999. Il suit le tempo imposé par les Marocains Salah Hissou et Brahim Lahlafi. A la cloche, Momo est toujours en lice pour le podium. A 200m de la ligne, il se décale mais il ne réussit pas prendre le dessus sur le duo marocain. Hissou, ancien recordman du Monde (en 1996 au Van Damme), est le plus frais et remporte le titre mondial. Lahlafi, qui a longtemps mené le train, craque, Mourhit le dépasse, mais il ne peut rien contre le rush final du Kenyan Benjamin Limo. Il offre malgré tout une deuxième médaille mondiale à la Belgique.

On se souviendra aussi que le tour d'honneur et les photos de Mourhit avec Salah Hissou et le ... drapeau du Maroc (son pays d'origine) ont fait grincer quelques dents en Belgique. "J'étais tellement heureux que je me suis laissé submerger. Hissou m'a demandé de faire le tour d'honneur avec lui et les photographes nous ont demandé de poser ensemble. Et puis, avec mon maillot noir et le jaune et le rouge du drapeau marocain, j'avais finalement les trois couleurs du drapeau belge!", s'était expliqué Mourhit dans Le Soir quelques jours plus tard.

Pour Mohammed Mourhit, cette médaille mondiale, c'est l'entrée dans le court des grands. Il confirmera son nouveau statut les années suivantes avec deux titres de champion du Monde de cross, une médaille d'argent au Mondial indoor de Lisbonne et des chronos de haute volée. Il battra successivement les records d'Europe du 10.000, du 3000 et du 5000. Les deux derniers tiennent toujours. Cette belle carrière sera entachée par la suite par plusieurs contrôles anti-dopage positifs.

Un récital à huit mains

Ce podium, c'est l'aboutissement d'un projet lancé en 2001 et patiemment construit par Rudi Diels. Avec toujours Kim Gevaert et Elodie Ouedraogo en locomotives, la composition du relais à évolué. Callaerts, De Caluwe, Rochtus ont laissé leur place au fil des années, à Hanna Marien et Olivia Borlée.

La philosophie n'a pas changé. Moins rapides intrinsèquement que leurs adversaires, les Belges ont travaillé leurs automatismes et fignolé leurs transmissions. Des heures et des heures passées à élever le relais au rang d'art. Et l'investissement payant. Les Belges terminent sixièmes dès 2003. La montée en puissance de Kim Gevaert, 5e du 100m au Japon, va leur permettre de franchir encore un palier.

Ce relais, la Gazelle de Kampenhout y tient. Au point de renoncer à disputer les demi-finales du 200m pour se préserver. Les filles de Rudi Diels se qualifient facilement pour la finale. Leur chrono (42,85, record de Belgique), le quatrième des engagés, permet de nourrir les espoirs les plus fous.

Olivia, Hanna et Elodie se démènent et lancent Kim au contact. Cinquième à l'entrée de la ligne droite, Gevaert remonte la Russe Yevgeniya Polyakova et la Britannique Joice Maduaka. Au terme d'un véritable récital technique, nos Drôles de dames se classent troisièmes avec un nouveau record de Belgique (42.75) derrière les inaccessibles Américaines (41.98) et Jamaïcaines (42.01). L'année suivante dans le Nid d'oiseau pékinois, elles feront encore plus fort en décrochant l'argent olympique.

Une première pour des jumeaux, une quatrième médaille pour la Belgique

Depuis leur arrivée sur la scène mondiale en 2008, Kevin et Jonathan Borlée ont bien grandi et se sont installés parmi les meilleurs spécialistes du tour de piste. A Daegu, les Twins enchaînent les tours et s'extirpent des demies avec les 3e et 4e temps. L'objectif minimal est atteint, ils peuvent maintenant lâcher les chevaux et rêver de médailles. Et cette fameuse breloque, c'est Kevin qui va aller la chercher.

Comme à son habitude, le champion d'Europe est allé au bout de lui-même dans une dernière ligne droite exceptionnelle. Sorti du virage en 5e position, Kevin a grignoté son retard sur Rondell Bartolomew et Jermaine Gonzales pour franchir la ligne au 3e rang (44,90). Kirani James (44.60) et Lashawn Merritt (44.63) se sont octroyés les deux autres médailles. " Je dis à chaque fois que tout est possible en finale. Je savais que Merritt et James allaient être très forts. Derrière tout était possible. Comme j'étais au couloir 6, je m'attendais à les voir me passer par l'intérieur. J'ai essayé de rester concentré. C'est formidable", avait déclaré Kevin juste après la finale.

Jonathan a profité de l'aspiration de son frère pour finir à une très belle 5e place (45.07). Les Twins sont devenus les premiers jumeaux à disputer la même finale planétaire.

M. Weynants

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