Jacques Borlée: "Il faut que le sport francophone évolue de façon très sérieuse pour protéger ses athlètes"

Jacques Borlée et les 2 Ligues (francophone et flamande) d'athlétisme ont signé un contrat ce vendredi afin d'apaiser les tensions qui existaient entre les deux parties. La volonté affichée par les protagonistes est de mettre le sport en avant désormais. Tout le monde s’est montré le plus pragmatique possible pour sortir de ce conflit avec des solutions. Ce contrat fait de Jacques le coach du relais et le coach de ses athlètes individuels.

Vincent Langendries est parti à la rencontre de Jacques Borlée afin d'avoir son ressenti. Ce nouveau contrat a été signé grâce à la médiation du ministre des sports Rachid Madrane. Mais les personnes avec lesquelles Jacques Borlée a eu des problèmes sont toujours en place dans les fédérations. La signature implique-telle que tout est réglé?

"Ce sont les clubs qui doivent prendre la parole" indique le père De Kevin, Jonathan et Dylan. "Moi je me focalise sur les athlètes. On a des échéances sportives très importantes dans les 2 mois avec les championnats du monde à Yokohama (NDLR: les mondiaux de relais les 10 et 11 mai) et puis au mois de septembre les championnats du monde, qui nous lancent sur les JO de Tokyo en 2020. Mon focus doit être le team et l’amour à donner aux athlètes pour les porter. J’ai un mode de fonctionnement fixé par le COIB, Sport Vlaanderen et l'Adeps. Ce qu'il faut, c'est ne plus avoir d’interférence de ma fédération dans ce mode de fonctionnement pour que cela fonctionne idéalement."

Cela implique donc certaines garanties. "Oui, je discute beaucoup avec la partie néerlandophone et la partie francophone. Et le COIB" ajoute Jacques Borlée. "On discute sur ce mode de fonctionnement. On réfléchit à pérenniser les résultats extraordinaires du sport belge en 2018. Il est important de comprendre ces mécanismes afin de les répéter et les remettre en place. Je ne vous cache pas que ca a l’air normal d’être champion d’Europe pour la 5ème fois à Glasgow. Mais non... c'est terriblement difficile. Les athlètes ne dorment plus. On doit arrêter des entraînements parce qu'ils sont dans un état de nervosité incroyable. Je dois arriver à Glasgow en effectuant un travail psychologique et neuro-scientifique (avec l'apport des personnes extérieures) afin de trouver les mots et avoir de la clarté dans le cerveau durant la course. Ca a l’air si facile... Non! On a été mis en difficulté pour ces championnats d'Europe. On a pu gagner, merci aux athlètes. Ils ont donné leur cœur pour la Belgique et pour leur performance."

Est-il donc prêt à fumer le calumet de la paix? "Je vais peut-être vous étonner mais je ne suis pas du tout quelqu'un d'agressif. Je suis comme une mère poule. Je protège mes athlètes. Il faut que le sport francophone évolue de façon très sérieuse pour protéger ses athlètes. Quand je vois un Toma Nikiforov partir dans la fédération flamande, c’est qu’il y a un malaise très profond. Le judo et l’athlétisme font des résultats dans le sport francophone. Et il y a un malaise incroyable. Je pense que les dirigeants doivent se remettre en question. Et mettre les athlètes au centre. C'est très facile à dire. Même moi, je dois tous les jours me fouetter pour mettre l’athlète au centre et mettre mon ego de côté."

Douze athlètes (dont les Borlée, Nafi Thiam ou Cynthia Bolingo) affiliés à la Ligue francophone d'athlétisme (LBFA) ont fondé 'AthlePro', qui sera le nouvel interlocuteur privilégié des athlètes de haut niveau auprès des instances de la Fédération. Le but est d'impliquer dès le départ les athlètes dans les décisions politiques, et ainsi éviter les conflits.

"Dans le mode de sélection pour les compétitions internationales, les deux présidents des ailes francophone et néerlandophone ont leur mot à dire... Ce n'est pas très démocratique. On a l'exemple de Tarik Moukrime, non sélectionné pour Glasgow pour un petit centième alors que ce type a eu un cancer... On crée des frustrations énormes et on a l’impression qu’on ne met pas l’athlète au centre. On n'écoute pas les athlètes, les coachs,... Et donc grâce à la création de cette asbl qui réunit tout le monde, on va pouvoir parler du sport de haut niveau et aller vers la performance dans l’harmonie. Merci aux athlètes d’avoir osé et au ministre d’étendre ça à tous les sports" termine Jacques Borlée.

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