Jacques Borlée et la fédé, des médailles et des clashes

Jacques Borlée et la fédé, des médailles et des clashes
Jacques Borlée et la fédé, des médailles et des clashes - © JAMES ARTHUR GEKIERE - BELGA

Conflits humains, désaccords contractuels, la relation entre Jacques Borlée et la fédération d’athlétisme a toujours été tumultueuse.

Le passif entre Jacques Borlée et la Ligue n’est pas neuf. En 2014, Kevin et Jonathan Borlée avaient annoncé qu’ils quittaient le relais. Déjà en raison d’un conflit entre coach Jack et la fédération. Tout était rentré dans l’ordre à temps pour les World Relays. Et les Tornados, emmenés par les Twins, s’étaient classés 9es aux Bahamas.

Il y a deux ans, Jacques Borlée a fustigé le manque de confiance de sa fédé à son égard. Il avait regretté de voir son contrat prolongé d'un an et pas directement reconduit jusqu’à Tokyo.

Les médiations avaient toujours réussi à aplanir les différends et trouver des solutions. Mais cette fois, la rupture semble définitive. "Le point de non-retour a été atteint", confirme Christian Maigret, directeur technique de la LBFA.

En actant l’impossibilité "de travailler avec M. Borlée comme coach ou entraîneur de la Fédération", la LBFA a allumé un incendie qui sera difficile à circonscrire et dont on ne connait pas encore l’étendue exacte.

En clair, Jacques Borlée ne collaborera plus avec la fédé. Il ne sera donc plus rémunéré. Restera à régler son statut de sélectionneur du relais (la Ligue flamande aura son mot à dire). Mais là aussi cela semble compliqué.


Les Belgian Tornados en danger ?

La fédé a en tout cas pris un risque évident : celui de voir le projet "relais", énorme pourvoyeur de médailles depuis plus de dix ans, exploser.

Difficile en effet d’imaginer, Kevin, Jonathan et Dylan, les fils de Jacques Borlée, accepter sans broncher la décision d’évincer leur père. Et sans eux, adieux les médailles. Les échéances, elles, vont se succéder : les World Relays en mai, les mondiaux de Doha (fin septembre) et les JO de Tokyo en 2020.

Un passage en Flandre ?

La porte de sortie la plus probable semble un passage à la Ligue flamande. Un transfert qui est théoriquement impossible avant la fin de la saison (sauf accord du Racing de Bruxelles, leur club actuel). Sans parler des budgets qui sont déjà ficelés des … deux côtés de la frontière linguistique. 

Jacques Borlée a pour lui ses résultats : 22 finales et 11 médailles internationales avec le 4x400, des podiums mondiaux et européens avec ses fils. A côté de ses enfants, il encadre aussi la pépite Jonathan Sacoor et les Cheetahs Camille Laus et Hanne Claes.

Ses compétences ne sont pas remises en cause, mais sa personnalité divise et énerve. Perfectionniste à l’extrême, le Bruxellois a critiqué régulièrement l’amateurisme de sa fédération. Une fédé qui n’en peut plus des exigences toujours plus importantes de l’entraîneur, de son attitude négative et de ses sorties médiatiques constamment à charge.

Les tensions latentes ont émergé épisodiquement au grand jour depuis des années. Chacune de ces crises a été gérée. La situation parait plus grave que jamais. Personne n’en sortira gagnant, ni grandi. C’est bien là le plus désolant.

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