Jacques Borlée: "Dépité de voir une championne olympique, l'emblème de notre sport, être traitée comme cela"

Nafi Thiam a exprimé ce vendredi lors d'une conférence de presse son ras-le-bol par rapport à la fédération suite à différent problèmes de sponsoring et à des événements déroulés lors des récents championnats d'Europe. Suite aussi à la nouvelle convention que la fédération veut faire signer à l'ensemble des athlètes. Une réaction de la championne olympique de l'heptathlon que salue l’entraîneur Jacques Borlée, à notre micro. "Je suis un peu dépité de voir une championne olympique, l’emblème de notre sport, être traitée comme cela. Ça fait vraiment très mal au cœur. Et derrière cela, quel courage! Quel courage de montrer qu'il y a un problème de fond avec notre fédération et qu'il faut absolument trouver des solutions. Il faut se mettre autour de la table avec les athlètes et les coaches. On fait des résultats extraordinaires grâce à Sport Vlaanderen, à l'ADEPS et au comité olympique. Mais il y a un problème d'encadrement et de soutien des sportifs de haut niveau. On a souvent mis la famille Borlée en avant par rapport à cette problématique mais maintenant on est en train de comprendre que c'est vraiment beaucoup plus large."

"Notre but c'est de créer de la joie, du plaisir. Essayer de faire des grands résultats et montrer que c'est possible" enchaîne Jacques Borlée. "Ce n'est pas dans nos gênes de crier toujours sur les dysfonctionnements. Mais c'est tellement grave, c'est tellement profond que le courage de Nafi, de le dire vraiment haut et fort, est salvateur pour le sport. Je suis émerveillé devant la manière dont elle a exprimé cela et le fait qu'un sportif de haut niveau doit être porté par sa fédération, par ce cocon. Il doit surtout aussi être respecté."

C'est le genre de comportement qui peut faire capoter une ambition sportive. "Par rapport à mes fils, cela pèse très très lourd. Ce n'est pas toujours évident mais là, on part sur Glasgow (Euro indoor) avec des jeunes qui ont leur première sélection et on ne se concentre pas sur le sport alors qu'on doit déjà gérer ce stress qui est déjà énorme lorsqu'on arrive sur une grande compétition. Là on est focalisé sur des choses extérieures, c'est pas bon du tout. Ce n'est pas comme cela qu'on fonctionne dans le sport de haut niveau. Il faut donc arriver à plus professionnaliser ces structures car on est bien aidé par le système, venant d'argent public la plupart du temps, mais il y a énormément de dysfonctionnements. Il faut faire en sorte que les athlètes puissent s'exprimer au mieux et continuent à faire des médailles et la fierté de la Belgique."

L’entraîneur belge ajoute qu'il n'y a plus de dialogue entre la fédération et les athlètes. "Il y a un manque total de dialogue. Il n'y a pas de dialogue. Il y a une très très grande jalousie par rapport à ces résultats, qui sont souvent l'apanage de la venue d'aides de l'ADEPS, de Sport Vlaanderen et du Comité olympique."

Que faire maintenant? Est-il envisageable que certains athlètes décident purement et simplement de boycotter le prochain euro indoor à cause de cette convention? "Si les conditions sont inacceptables, avec un flingue sur la tempe, deux jours avant une sélection, ce n'est pas possible qu'on réponde favorablement. Vous savez, on a 15 ans de bouteille. On a l'habitude de ces réprimandes et donc on ne s'énerve pas trop mais je pense aux jeunes pour lesquels c'est un espoir énorme d'aller à ces championnats d'Europe. C'est très dur à supporter pour ces jeunes. Et je pourrais comprendre que ces jeunes signent des choses qui sont complètement invraisemblables et qui vont à l'encontre du bien-être de l'athlète."

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