Fred Xhonneux sur le nouveau record du monde du saut à la perche : " Duplantis peut sauter 6 mètres 30 ! "

Impressionnant ! Époustouflant même ! C'est indéniablement l'une des performances du week-end sur la planète sport: le Suédois Armand Duplantis a battu pour la deuxième fois en une semaine le record du monde indoor du saut à la perche. 6 mètres 17 à Torun le samedi 8 février. 6 mètres 18 à Glasgow le samedi 15 février.

Ce qui est dingue, outre la proximité entre les deux records, c'est la facilité avec laquelle il les a réalisés, avec une marge de progression importante, qui plus est. Mais où le jeune Suédois de 20 ans va-t-il s'arrêter ?

Il sautera encore le 19 février à Liévin et le 23 février à Clermont-Ferrand, dans le jardin de son rival Renaud Lavillenie... Le record pourrait donc encore vaciller dans les prochains jours. Record indoor avant, peut-être, le record outdoor l'été prochain.

Pour décortiquer ces performances à répétition de Duplantis, Samuël Grulois a interrogé ce dimanche en direct dans l’émission VivaSports sur VivaCité le consultant athlétisme de la RTBF, l’ancien décathlonien Frédéric Xhonneux.

Frédéric, comment qualifier ces deux records successifs de Duplantis ? 

" C’est épatant ! Battre un record du monde, c’est déjà prodigieux mais je suis vraiment impressionné par sa capacité à digérer des performances d’une telle importance, impressionné par sa capacité à directement se remobiliser pour faire encore mieux. C’est tout simplement bluffant ! "

Il a déjà battu plein de records du monde dans sa vie puisqu’il les possède quasi tous dans les catégories de jeunes ! Maintenant, battre un record du monde chez les séniors, c’est encore autre chose. Mais voilà, pour lui, désormais, un record du monde équivaut simplement à un… record personnel.

Samedi, en Écosse, il a passé 6 mètres 18, nouveau record du monde…  à son premier essai, ce qui démontre une maîtrise physique et technique mais aussi psychologique, mentale.

" Il a pris confiance dans ses concours. Il progresse. Et puis, il faut dire aussi qu’il a déjà battu plein de records du monde dans sa vie puisqu’il les possède quasi tous dans les catégories de jeunes ! Maintenant, battre un record du monde chez les séniors, c’est encore autre chose. Mais voilà, pour lui, désormais, un record du monde équivaut simplement à un… record personnel. Et quand on est en grande forme physique, il est normal de surfer sur cette forme pour tenter de battre plusieurs fois son record personnel. "

A Glasgow, il était opposé au champion du monde en plein air en titre, l’Américain Sam Kendricks. Duplantis, on le rappelle, est vice-champion du monde. La présence de Kendricks dans le même concours ne l’a pas impressionné. D’ailleurs, son rival est resté bloqué à 5 mètres 75…

" Ils sont habitués à se côtoyer régulièrement dans les compétitions et ça les tire vers le haut. Quand on est capable de sauter à plus de 6 mètres 15, on est généralement seul au monde. Donc il sait qu’il fait son concours par rapport à lui-même. Dans les compétitions d’athlétisme, c’est ça le but : la recherche du record personnel. "

Duplantis n’a que 20 ans et déjà des records incroyables. L’être humain a ses limites, les perches ne sont pas extensibles à l’infini… Vous le voyez monter jusqu’où ?

" On a coutume de dire, surtout pour le saut à la perche, que… ‘Only the sky is the limit’ (NDLR : Seul le ciel est la limite). Donc, on ne doit pas mettre de limite chiffrée pour le Suédois. Moi, je pense qu’il a le potentiel pour sauter 6 mètres 30 dans sa vie ! Actuellement, il peut déjà sauter un peu plus de 6 mètres 20. Quand on voit la marge qu’il a laissée sur son saut à Glasgow… Quand on a que 20 ans, normalement on doit encore progresser un peu. Il va encore courir un peu plus vite, il va devenir encore un peu plus fort. Imaginons qu’il a du vent dans le dos quand il se retrouvera en extérieur, qu’il bénéficie d’un plancher un petit peu rebondissant comme c’est parfois le cas dans les concours en ville… Si tout ça se met en place, il pourrait passer 6 mètres 30 dans quelques années, oui. "

Duplantis est né avec une perche dans les mains. Il avait un sautoir dans son jardin. Il saute depuis toujours. Pour un garçon de 20 ans, il a déjà l’expérience d’un vieux roublard du saut à la perche.

Quelles sont finalement les grandes différences avec la légende Sergueï Bubka ? Duplantis est-il juste un être humain au-dessus du lot ? Ou bien, profite-t-il des améliorations effectuées dans le domaine de la préparation physique, dans celui de la fabrication des perches ?

" Il y a un ensemble de choses. D’abord, Duplantis est né avec une perche dans les mains. Il avait un sautoir dans son jardin. Il saute depuis toujours. Pour un garçon de 20 ans, il a déjà l’expérience d’un vieux roublard du saut à la perche puisqu’il fait des championnats internationaux chez les cadets-scolaires depuis cinq-six ans déjà. Il a tout ce qu’il faut : la vitesse (il a déjà couru le 100 mètres en 10’50’’), la force, la folie aussi qui va avec le saut à la perche. Il a beaucoup de confiance. Il se blesse très rarement et il peut emmagasiner beaucoup de temps d’entraînement, de sauts et de concours. Et donc, il progresse car tout est réuni. Et puis, il a de bons gènes également avec des parents qui sont d’anciens sportifs de très haut niveau. Voilà de quoi expliquer ses résultats prodigieux ! "

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