Bashir Abdi, le marathonien citoyen

Bashir Abdi espère briller à Tokyo. Il a d'ailleurs décidé de ne pas se rendre aux championnats du monde à Doha pour privilégier sa préparation pour les JO.

Il faut dire que le marathon est un effort exigeant, de ceux qui marquent les corps. Les occasions de briller sont donc rares, à peine une ou deux par an. Fin avril, Bashir Abdi ne s'est pas loupé à Londres. Un peu déçu à l'arrivée, il a ensuite pris conscience de son exploit.


« J’ai très bien couru pendant 40 km à Londres mais dans les deux derniers kilomètres, j’ai pris un coup sur la tête et j’ai perdu beaucoup de temps. Quand j’étais à Londres, j’étais un peu déçu parce que je n’étais pas passé en dessous des 2h07 mais depuis que je suis revenu en Belgique tout est oublié. Et je suis très content de ma prestation à Londres. »

En 2h07’03'', Bashir a fait tomber un record de Belgique associé au nom de Vincent Rousseau depuis 1995. Avec plus d’expérience, il pourrait viser encore plus haut. Gary Lough, son coach, le voit courir en 2h05.

 « Je dois dire que mon entraîneur met la latte un peu trop haut. Je ne peux pas dire, si c’est possible. Je dois juste continuer à me développer et à m’améliorer chaque année. Plutôt que de courir une fois très vite, je veux m’améliorer chaque année jusqu’à ce que mon corps soit habitué à la distance. »  

Dans le groupe de Gary Lough, Abdi côtoie désormais Sir Mo Farah, une légende de l’athlé et un ami.

« Mo Farah a toujours été mon idole. Quelqu’un que je regardais. Maintenant on s’entraîne ensemble. Il a tellement d’expérience. C’est un très bon ami mais aussi un coach mental qui me supporte si j’ai un problème ou si j’ai des questions. »

Ce record est une étape de plus dans la vie sportive d’Abdi. Un gamin de Mogadiscio, débarqué à Gand à 13 ans après plusieurs mois dans un camp de réfugiés. Ce passé difficile l’a construit.

« La guerre ce n’est jamais une bonne chose. Mais s’il n’y avait pas eu la guerre en Somalie je ne serais sans doute jamais venu en Belgique. Il y a peut-être une raison à tout. »

A Berlin l’été dernier, le Gantois avait exprimé sa fierté d’enfin apporter une médaille à son « nouveau pays ». Mais sa contribution ne se limite pas au sport. Bashir, conscient de sa chance, voulait faire quelque chose pour la société. Il lancé une absl qui offre la possibilité aux jeunes faire du sport, de se rencontrer et de faire tomber certaines barrières.

« Les enfants sont innocents, ils ne savent rien du racisme et ils doivent continuer à être épargné. Les enfants de différentes cultures viennent ensemble, font du sport ensemble. Ils se comprennent et communiquent mieux. Le sport les rassemble et les unit. »

Sportif accompli et citoyen impliqué, Bashir Abdi est une source d’inspiration, un exemple.

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