Une " home race "... Pas de tout repos

Courir à Spa-Francorchamps est toujours spécial. Ayant eu la chance de venir à Spa comme pilote, comme fournisseur et comme ingénieur, le tout en étant belge, je peux vous assurer que c'est loin d'être un circuit facile à tous niveaux.

Tout d'abord comme pilote. Spa étant un long circuit (7004 mètres pour être précis) il n'est pas facile de faire le tour parfait. Les 19 virages, et non des moindres, sont autant de possibilités de faire une erreur et donc de soit se retrouver dans le mur, soit loin sur la grille. Parce que c'est ça aussi qui fait le charme de ce circuit: tous les virages ou presque sont particuliers et difficiles à négocier. Pour avoir maintenant été sur une quantité de circuits partout dans le monde, on ne se rend pas bien compte ici en Belgique la chance que l'on a! Avec les dévers, le raidillon, le double gauche et Blanchimont pour ne citer qu'eux, Spa est LE circuit de pilotes par excellence, où il est nécessaire de trouver un bon rythme.

Pour les ingénieurs, c'est un léger casse-tête. Soit on privilégie la pointe de vitesse et donc le premier et le troisième secteur, soit on opte pour une solution plus rapide dans le deuxième secteur plus sinueux. C'est la même remarque pour un tas d'autres choses comme les rapports de boîte de vitesse, la hauteur de caisse, etc...

Mais le challenge le plus difficile sur ce circuit reste de prendre la bonne décision en fonction de la météo. Spa possède un micro climat bien particulier et tout peut arriver en une journée: j'ai même eu une fine neige en juillet une année!

Francorchamps n'est pas le circuit préféré des fournisseurs, et pour cause: les deux pit lanes sont assez éloignées l'une de l'autre, sans compter le support paddock du GP3 et Porsche Supercup qui est encore plus loin. Si par malheur c'est la même personne qui doit faire le support technique pour plusieurs championnats, il a plutôt intérêt à être équipé de patins à roulettes!

Le fait d'être Belge est un avantage quand il s'agit de la connaissance du circuit, voire même de ses environs c'est évident mais le gros problème d'une "home race" c'est de devoir gérer la pression supplémentaire, les invités, la famille et les amis qui viennent vous voir lors de la course. Il est difficile de contenter tout le monde et de rester concentré sur son travail, et je repars toujours d'ici avec un sentiment de trop peu, de travail pas tout a fait terminé.

J'espère bien sur que nombreux d'entre vous viendront ce week-end pour ce grand prix de Formule 1 et ses courses annexes qui risquent d'être passionnantes. Il se passe toujours quelque chose à Francorchamps!

Sportivement,

Jonathan

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