Sport amateur : le parachutisme, un sport au grand air… pourtant interdit

Les souffleries sont fermées.
Les souffleries sont fermées. - © FRANCOIS LO PRESTI - AFP

Il y a quelques jours, la rédaction des sports de la RTBF lançait un appel à témoignages (via l’adresse mail : sportamateur@rtbf.be) issus du sport amateur. Là aussi les annulations se sont enchaînées et le sport amateur est tout autant (si pas plus ?) remis en question.

C’est le cas des clubs de parachutisme, qui sont également impactés par les mesures de confinement… et surtout de distanciation.

Beaucoup de gens s’étonnent que notre activité soit aussi interdite vu qu’elle s’exerce au grand air " explique Jef Carabin, le Président de la Ligue Wallonne de Parachutisme. " Mais il faut savoir que la promiscuité est importante entre les sauteurs lors des trajets en avion pour monte en altitude. Les sauteurs sont entre dix et quinze, serrés les uns contre les autres, dans des petits avions. Et là forcément, les risques de contamination sont importants. "

La Wallonie compte 3 centres de sauts : Spa, Temploux et Cerfontaine. Mais également 2 " souffleries " (Bierset et Charleroi, à proximité des deux aéroports) qui permettent la pratique du parachutisme indoor, et ainsi l’entraînement à moindres frais.

Ce sont de grands cylindres verticaux de 4 à 6 mètres de diamètre et 15 mètres de hauteur, où l’on peut diffuser des vents jusqu’à 300 km/h " poursuit Jef Carabin. " Ces souffleries peuvent accueillir une dizaine de sauteurs à la fois. C’est donc en raison de cette même promiscuité que ces souffleries sont aussi fermées. C’est le même air qui est diffusé pour tout le monde et qui circule dans la vanne, donc il y a peut-être aussi un risque de prolifération du virus. Pour ces infrastructures, dont le coût peut approcher 9 millions d'euros, la fermeture imposée est une perte sèche. "

La Ligue Wallonne compte 550 affiliés. Mais difficile pour ceux-ci, vu la fermeture des installations, d’imaginer des pratiques de remplacement.

L’entraînement du parachutiste n’est possible qu’en situation réelle. Un saut n’impose pas de capacités musculaires particulières, qu’il faut entretenir spécifiquement au sol. C’est surtout une question de souplesse, de pratique et d’expérience. "

La Belgique aligne une équipe nationale très performante, plusieurs fois championne du monde en titre, tant en outdoor qu’en indoor. Vu la situation actuelle, la compétition est décapitée.

Nous devions accueillir une manche de la Coupe du Monde indoor en avril, on a réussi à la recaser en octobre… mais la saison qui commence en mars va déjà perdre 3 mois. Les affiliations sont à l’arrêt, la Ligue n’a enregistré jusqu’ici que 200 cotisations. Et pour les clubs, qui investissent en matériel comme des parachutes, des casques, des salopettes ou des altimètres, ça va faire mal financièrement. Les clubs sont également tenus par des contrats de location d’avions. Ils ne peuvent pas pour l’instant amortir leur investissement " conclut Jef Carabin.