La diva et le boomerang

Quand le niveau de la mare baisse, la mélasse remonte. En foot aussi,  si les résultats flanchent, les soucis affleurent. John Van den Brom "le Président" (© Sport-Foot Magazine) connaît son premier vrai test de gestion : l’homme qui s’est arrogé tous les pouvoirs dans un Parc où les dirigeants se murent dans un silence assourdissant, cet homme donc est peut-être en train de mesurer jusqu’où il est allé trop loin. Jusqu’à quel point la liberté laissée à ses barons est en train de se muer au boomerang.

La migraine de Biglia ? Pas grave. Les innombrables retards de Mbokani ? Dommage… mais c’est comme ça. Les éructations de Jova sur les adversaires et les collègues ? Milan est un artiste torturé et ses assists sont tellement classieux. Sauf que : quand les cadors ne prestent plus, le menu fretin besogneux marmonne et grenouille. Van den Brom a-t-il encore les moyens de durcir la vis après avoir tant lâché la bride ? Et ses divas sont-elles capables d’entendre le rappel à l’ordre ?

Le point commun entre Biglia, Jovanovic et Dieumerci ? Un grand sac de frustrations sur le front des transferts. Capi "El Paracetamol" Lucas n’a jamais jusqu’ici décroché le tremplin espéré. "Bisou" est revenu de Liverpool les joues rougies, non par le maillot local, mais par les claques récoltées : Milan n’avait sans doute tout simplement pas le niveau. Dieumerci est retombé sur terre à Wolfsburg et Monaco : s’il pense qu’il sera moins matraqué à l’étranger qu’en Belgique, il se trompe lourdement.

Car qu’ils s’appellent Messi ou Ronaldo, que leur égo soit surdéveloppé ou non, les véritables phénomènes ont pour caractéristique de conjuguer talent et humilité, génie et sens de l’effort au profit du collectif. La vraie magie ne percole qu’au regard du travail.

Reconnus en Belgique, anonymes à l’étranger, les trois Mauve doivent s’interroger sur ce qu’est d’être une star dans un championnat faible. Quand Van Holsbeek dit qu’il est bien forcé d’accepter les errements de Mbokani vu le niveau chez nous, il referme son propre cercueil. Mais dans un club étranger sérieux, les facéties ne passeront plus : car des Dieu, le coach local en aura cinq dans son noyau. Et celui qui fait le malin vole en tribune.

Les grands patrons type Constant Vanden Stock et Roger Petit ne sont plus là pour remettre de l’ordre… mais c’était avant l’arrêt Bosman. Et les joueurs ont obtenu une liberté légitime qui mène aux abus dans des compétitions médium comme la nôtre.

La Belgique est trop petite pour damer le pion à ses divas de comptoir. Et le retour du boomerang menace toujours. Pour les dirigeants muets. Pour les coaches laxistes. Et pour les starlettes de Panini.

Erik Libois

Newsletter sport

Recevez chaque matin l'essentiel de l'info sportive.

OK