L'Atletico prend Bernabeu et repousse le Real

L'Atletico prend Bernabeu et repousse le Real
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L'Atletico prend Bernabeu et repousse le Real - © PIERRE-PHILIPPE MARCOU - AFP

L'Atletico a fait tomber le Real Madrid à Santiago Bernabeu (0-1). Antoine Griezmann, en panne d'efficacité ces dernières semaines, a retrouvé son sens du but au bon moment et a fait basculer ce "derby de la dernière chance" du côté des Colchoneros. L'attaquant français inflige aussi à Zinédine Zidane sa première défaite en tant qu'entraîneur du Real.

Yannick Carrasco, toujours blessé, ne figurait pas sur la feuille de match.

Cette victoire permet à l'Atletico d'encore croire au titre dans une Liga Championnat d'Espagne archi-dominé par Barcelone, qui peut égaler la meilleure série d'invincibilité espagnole dimanche face à Séville. Les hommes de Diego Simeone confortent en tout cas leur deuxième place. Pour le Real Madrid, relégué à 9 points de son rival catalan qui compte un match de moins, les chances de sacre s'envolent.

Dans un derby longtemps cadenassé, il a suffi d'un une-deux entre Griezmann et Filipe Luis dans la surface pour permettre au feu-follet français d'ajuster le gardien merengue Keylor Navas (54e) et d'offrir à l'Atletico une victoire de prestige lors de cette 26e journée.

La chute est rude pour Zidane, dont les choix tactiques n'ont pas permis de redresser la barre après ce but et qui voit son équipe perdre pied au classement: le Real (3e, 54 pts) laisse s'échapper l'Atletico (2e, 58 pts) et le FC Barcelone (1er, 63 pts), qui reçoit dimanche le Séville FC (19h30 GMT).

Pour la première fois depuis sa nomination début janvier, "Zizou" aura entendu la bronca du stade Bernabeu, qui a exhorté en termes fleuris son équipe à mettre davantage d'allant. Une partie des spectateurs a aussi conspué le président Florentino Pérez, réclamant sa démission comme aux pires heures de l'éphémère Rafael Benitez, prédécesseur de Zidane.

Rapidement privé de Karim Benzema qui revenait de blessure et a dû sortir à la pause, le technicien français a eu du mal à trouver la solution face au mur "colchonero" et son équipe a dominé de manière stérile. Bref, c'était l'opposition de styles attendue entre la meilleure attaque de Liga (71 buts marqués) et la meilleure défense (11 buts encaissés).

Dans ce contexte, l'Atletico savait tout à fait à quel jeu jouer. Bien en place, guettant l'occasion, les "Colchoneros" se sont montrés dangereux lors de leurs rares incursions.

Juste avant la pause, Griezmann a fait parler sa qualité de frappe, avec une tentative de l'entrée de la surface et contraint Navas à une claquette (41e). Et juste après le repos, l'attaquant français a plongé le Real dans le doute avec une splendide action conclue par une frappe au ras du poteau (54e), soit son 14e but dans cette Liga. Pas le moins beau, et pas le moins important pour "Grizi", qui met fin à plusieurs matches sans but.

Le Real de Zidane a alors été contraint de se découvrir, alors qu'il s'était jusque-là contenté de frappe lointaines (1re, 21e), et de coups de pieds arrêtés: tête en arrière de Raphaël Varane (18e), puissant coup franc de Cristiano Ronaldo sorti des deux poings par le gardien Jan Oblak (32e) et frappe trop croisée de Benzema dans la foulée.

Le but de Griezmann les a contraints à aller de l'avant et Cristiano Ronaldo a clairement manqué de réussite avec un tir qui a frôlé le poteau opposé (48e) puis une tête trop centrée alors qu'il était seul au point de penalty (68e).

La "Maison blanche" a également manqué de chance lorsque le capitaine "colchonero" Gabi a accroché Danilo dans la surface (75e) et que l'arbitre n'a pas bronché. Le même Danilo a d'ailleurs trop croisé sa frappe en fin de match (88e).

Au coup de sifflet final, une violente bronca a éclaté dans les tribunes du stade Bernabeu à l'encontre du président Florentino Pérez. Et ce dix ans presque jour pour jour après le départ du dirigeant à l'issue d'un premier mandat achevé dans la crise en février 2006.

Pour Zidane, il va falloir rapidement éteindre ce début d'incendie, le premier de sa courte carrière d'entraîneur. La Liga semblant compromise, seul un beau parcours en Ligue des champions lui permettra de ramener le calme, à commencer par le huitième de finale retour contre l'AS Rome le 8 mars (victoire 2-0 à l'aller).

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