Rodriguez double la mise, les ténors dynamitent le Plateau de Beille

Joaquim Rodriguez
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Joaquim Rodriguez - © LIONEL BONAVENTURE - AFP

Le Britannique Chris Froome, harcelé par ses adversaires, a préservé ce jeudi son avance en tête du Tour de France après la 12ème étape gagnée sous l'orage, au Plateau de Beille, par l'Espagnol Joaquim Rodriguez.

De la canicule du piémont pyrénéen à la pluie et la grêle de la Haute-Ariège, les coureurs du Tour ont essuyé une chute brutale de températures. Sans conséquence pour le maillot jaune de Froome, qui a conservé jusqu'au bout un coéquipier, le Gallois Geraint Thomas.

Le Britannique a dû cependant contrôler les démarrages de ses adversaires. Tour à tour, l'Espagnol Alberto Contador, l'Italien Vincenzo Nibali et le Colombien Nairo Quintana (par deux fois) ont démarré dans la longue ascension vers Beille, une montée de 15,8 kilomètres à 7,9 % de pente.

Froome a même attaqué à son tour avec, pour seul résultat, de mettre en danger Thomas. Mais Quintana a neutralisé le démarrage du "Kényan blanc" et provoqué le regroupement.

A l'altitude de 1780 mètres, les principaux prétendants au podium ont terminé ensemble sur la ligne, à près de 7 minutes du vainqueur du jour, sous les yeux du Premier Ministre français Manuel Valls.

"Après trois jours dans les Pyrénées comme ça, on est épuisé. Le grand défi, maintenant, ce seront les Alpes", a estimé Froome qui a remercié comme à son habitude ses équipiers, surtout l'Australien Richie Porte et Geraint Thomas, toujours 5ème du classement général.

"On a essayé d'attaquer et on va continuer", a annoncé pour sa part Quintana, toujours pointé à 3 min 09 sec de Froome.

Pour le gain de l'étape, Rodriguez a précédé de plus d'une minute le Danois Jakob Fuglsang. Le Français Romain Bardet, malade les deux jours précédents, a surmonté ce mauvais passage pour prendre la troisième place, à 1 min 49 sec, après un gros travail de son équipier Mikaël Chérel.

Rodriguez, 36 ans, s'est imposé pour la deuxième fois depuis le départ d'Utrecht (Pays-Bas), après son succès dans la 3ème étape au Mur de Huy.

Dans cette étape de 195 kilomètres, une échappée, lancée après le sprint intermédiaire dans la première heure, a ouvert la course. De ce groupe de 22 coureurs se sont extraits à 76 kilomètres de l'arrivée le champion du monde, le Polonais Michal Kwiatkowski, et le Belge Sep Vanmarcke, poursuivis par un petit groupe (Bardet, Chérel, Fuglsang, G. Izagirre, Meintjes, Rodriguez, Sicard).

Le duo, formé avant la longue ascension du Port de Lers, s'est présenté au pied de la montée finale avec 1 min 45 sec sur les poursuivants et plus de 11 minutes sur le peloton principal. Kwiatkowski a distancé Vanmarcke mais a été rejoint et débordé par Rodriguez à 7,5 kilomètres de la ligne.

Rodriguez, surnommé Purito, participe au Tour pour la quatrième fois. En 2010, il avait gagné l'étape de Mende avant de prendre la troisième place sur le podium final trois ans plus tard.

Le Catalan, qui occupait la 19ème place du classement général (à 20 min 42 sec de Froome) au départ de Lannemezan, ne représentait pas un danger pour le maillot jaune.

"On n'avait pas trop le moral après les deux premières journées dans les Pyrénées. J'ai compris que le classement général était fini pour moi, je me suis reporté sur les étapes et j'espère qu'il y en aura d'autres (victoires)", a déclaré Purito à l'issue de cette dure journée rendue encore plus éprouvante par les conditions météo. Mais tous les rescapés ont rallié l'arrivée dans les délais.

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