Copa, héros du peuple ivoirien

Copa, héros du peuple ivoirien
Copa, héros du peuple ivoirien - © CARL DE SOUZA - BELGAIMAGE

Critiqué et poussé sur le banc, Copa Barry Boubacar est devenu le héros de la Côte d'Ivoire au terme d'une finale de la CAN (0-0, 9 t.a.b à 8) qu'il n'aurait pas jouée sans la blessure Sylvain Gbohouo. Retour sur l'itinéraire d'un gardien atypique et attachant.

En délicatesse avec sa défense (11 buts encaissés en six matches), la Côte d'Ivoire s'est difficilement extirpée du groupe D des qualifications pour la CAN 2015. Hervé Renard, en poste depuis juillet 2014, décide de trancher dans le vif et de changer de gardien. Exit Copa, titulaire inamovible depuis près de 10 ans. Sylvain Gbohouo est installé entre les perches des Éléphants. "Nous n'allons pas oublier ce qu'a fait Barry, mais le moment était venu de changer quelque chose. C'est ce que j'ai fait", justifiait le coach français il y a quelques jours sur le site de la FIFA.

Le gardien de Séwé Sport enchaine les bonnes performances, en quarts contre l'Algérie notamment, et conforte le choix de son entraîneur. Copa accepte la décision et se met au service de l'équipe. Plutôt que de ruminer sa déception, il conseille son jeune équipier. "Cette bonne entente est excellente pour l'équipe, mais il faut vraiment féliciter Copa Barry. Quand vous arrivez à une CAN et que vous êtes presque à 100 sélections, ce n'est pas évident d'accepter de céder son poste. En plus, il soutient complètement Sylvain", soulignait Renard.

Le remplaçant fait son job comme s'il savait que son heure allait venir. Gbohouo se blesse avant la finale et le gardien de Lokeren retrouve "sa" place dans le onze de base ivoirien. La finale est crispée, les occasions sont rares même si Copa est sauvé par deux fois par ses montants. Un signe. La chance a, déjà, choisi son camp.

Pendant la séance de tirs au but, l'ex-portier de Rennes et Beveren endosse son costume de héros. Victime de crampes, il gagne ses duels avec Acquah, Acheampong et Brimah avant de marquer le tir au but décisif et de sceller la victoire ivoirienne. A Abidjan et dans toute la Côte d'Ivoire, on scande "Copa, Copa". 23 ans après leur seul succès, les Éléphants règnent à nouveau sur l'Afrique.

"J'ai été critiqué. Je ne suis pas grand par le talent, je ne suis pas grand par la taille mais je veux toujours progresser et apprendre", a réagi le gardien au micro de Canal +. "Les critiques font toujours progresser dans la vie. J'ai travaillé pour l'équipe et le groupe. Dieu est juste. J'ai une pensée pour ma maman qui souffrait parce que je ne jouais pas. Merci à tous les Ivoiriens. Merci à tout le monde"

"Avant que Copa ne frappe le penalty, j'ai dit qu'un gardien qui a travaillé avec Jean-Marc Guillou est capable de bien tirer, parce qu'il travaille techniquement", a commenté Renard après la finale.

Jean-Marc Guillou, le nom est lâché. C'est pour intégrer l'Académie du Français que Copa est devenu gardien. Joueur honnête, il n'a pas le niveau pour forcer les portes de l'ASEC Mimosa. "J'ai vu une annonce dans un journal, qui disait que l'ASEC cherchait un gardien. J'ai posé ma candidature, alors que je n'avais jamais joué à ce poste. Je voulais juste jouer, peu importe le poste", raconte-il à L'Avenir en 2009. Même pas convoqué pour un test, il recevra finalement sa chance quelques semaines plus tard.

Son improbable carrière de gardien débute à 18 ans. A l'Académie d'abord, à Rennes ensuite. A 24 ans, le pti gars (1m78) de Marcory débarque en Belgique à Beveren. Après quatre saisons, il déménage à Lokeren. Parfois fantasque, toujours souriant, il régale Daknam avec ses réflexes de chat. Depuis 2007, Copa participe aux succès des Waeslandiens. Il remporte deux Coupes de Belgique (2012 et 2014) et est élu meilleur gardien du championnat (2009).

M. Weynants

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