A Madrid, l'euphorie du Real, les larmes de l'Atletico

A Madrid, l'euphorie du Real, les larmes de l'Atletico
A Madrid, l'euphorie du Real, les larmes de l'Atletico - © CURTO DE LA TORRE - BELGAIMAGE

Vêtus de blanc, la couleur de leur équipe, agitant drapeaux et foulards, des dizaines de milliers de supporteurs du Real Madrid euphoriques ont fêté samedi la victoire du club face à l'Atletico en finale de la Ligue des Champions, un dixième trophée convoité depuis 2002.

Autour de la place de Cibeles, le lieu traditionnel des célébrations du Real, une foule immense s'est rassemblée dès la fin du match, disputé à Lisbonne, pour attendre durant toute la nuit les joueurs, rentrés à Madrid dimanche à l'aube.

A bord d'un bus blanc découvert, noyé dans les fumigènes, l'équipe championne est enfin apparue, sous les hurlements assourdissants des supporteurs chantant "Campeones", malgré l'interdiction de la commission électorale qui avait fixé à 4h30 l'heure limite pour les festivités ce jour d'élections européennes.

"En 2002, j'étais là pour célébrer la neuvième victoire en coupe d'Europe. Alors, je ne pouvais manquer celle-ci", raconte Jorge Rodriguez, un infirmier de 30 ans qui vient de suivre le match dans le stade Santiago Bernabeu.

Enveloppé dans un drapeau du Real Madrid, il avoue "avoir souffert" alors que l'Atletico menait jusqu'à la 93ème minute.

"Quand est venu le but de Ramos, j'étais certain que l'équipe allait remonter la pente", ajoute-t-il, évoquant le but de Sergio Ramos qui, deux minutes avant la fin du match, a permis au Real d'égaliser et a relancé la rencontre, entraînant des prolongations.

Sur les gradins du Bernabeu, comme face à un vrai match, la foule, survoltée, explose au coup de sifflet final: le Real vient d'écraser l'Atletico 4-1. "Le moment était venu pour la dixième victoire. Cela faisait tellement de temps que nous l'attendions", lance Angela Suarez, une étudiante de 20 ans, le visage peint en blanc.

A l'autre bout de la ville, les supporteurs de l'Atletico quittent le Calderon en silence, certains en larmes.

Après la victoire en championnat d'Espagne le 17 mai, ils espéraient arracher une première Ligue des Champions pour leur club, qui avait disputé, et perdu, sa seule finale en 1974. Jusqu'à la 93e minute et le but de Ramos, ils ont rêvé à la victoire.

"C'est très dur de perdre comme ça, parce que nous étions tellement près de la victoire. Les supporteurs y croyaient vraiment", confie Aitor Ramos, un directeur de banque de 44 ans, fan de toujours de l'Atletico. A peine se console-t-il en évoquant "la très bonne saison" du club.

Les supporteurs du Real, dans un concert de klaxons et de pétards, ont aussitôt envahi la ville, se précipitant vers la place de Cibeles, en plein centre de Madrid, pour une nuit électrique aux pieds de la déesse Cybèle sur son char.

Quelques heures plus tôt, des dizaines de milliers de supporteurs frénétiques, ceux de l'Atletico, vêtus de rouge et blanc, ou du Real, drapés dans des foulards blancs, avaient rempli les travées des deux stades pour suivre à distance cette finale, inédite entre deux clubs d'une même ville, chantant, hurlant, retenant leur souffle.

Sur les gradins du Bernabeu, ils applaudissent, soulagés, quand Diego Costa, l'attaquant vedette de l'Atletico, est remplacé dès la 9e minute.

"Le Real est le roi de l'Europe. L'Atletico a très bien joué cette saison. Mais le Real, en Europe, c'est beaucoup", lance Jesus Angosto, un fonctionnaire de 27 ans, qui porte une coupe en papier argenté imitant le précieux trophée.

Nerveux, tous veulent croire à la victoire, mais craignent aussi l'adversaire.

Dans les gradins du Calderon, la foule, euphorique, se déchaîne, trépigne, quand Diego Godin ouvre le score pour l'équipe à la 36e minute. Un gigantesque "Goal" retentit dans le stade. Au même moment, au Bernabeu, les supporteurs restent muets, pétrifiés.

Alors que la fin du match approche, la foule s'échauffe dans le Vicente Calderon. Déjà, ils célèbrent la victoire. Jusqu'à ce but de Ramos.

"C'est un coup très dur. Nous étions à deux minutes d'être champions d'Europe", regrette David Montero, un étudiant ingénieur de 23 ans, les yeux mouillés de larmes.

Autour de lui, les supporteurs se prennent la tête dans les mains pendant qu'au Bernabeu la foule y croit à nouveau, bondit, hurle "Real Madrid, Real Madrid".

AFP

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