Transmission des virus et conditions météo

La propagation du coronavirus inquiète le monde entier. Mais la transmission des virus en général est-elle liée aux conditions météo? 

Virus plus fréquents en hiver : plusieurs explications

On le sait et c’est un fait avéré, les maladies virales comme le rhume ou la grippe sont plus fréquentes en hiver.
Il y a plusieurs explications à cela: 

  1. Le confinement et le manque d’aération: quand les températures sont basses, on a tendance à rester dans des espaces clos, peu aérés et cela facilite évidemment la transmission des microbes entre les personnes.
  2. L’affaiblissement du système immunitaire: en hiver, notre système immunitaire serait affaibli par le manque de vitamine D lié à l’exposition moins importante au soleil et la fragilisation de la muqueuse nasale, première barrière contre les virus à cause des atmosphères surchauffées et sèches de nos intérieurs. 
  3. Une autre explication concerne le nombre de virus qui serait plus important  en hiver. C’est une hypothèse difficile à vérifier mais des études ont déjà été réalisées à ce sujet. Une équipe sud-coréenne a filtré et analysé l’air de 3 sites différents: un quartier résidentiel de Séoul, une forêt et un complexe industriel. Dans un mètre cube d’air, on trouve entre 2 et 40 millions de virus . Cela signifie qu’à chaque minute, nous inhalons jusqu’à 400 000 virus, mais la majorité ne sont pas pathogènes pour nous. Les résultats de l’étude montrent que les variations observées quant à la quantité de virus ne dépend pas du site de collecte mais bien des saisons auxquelles les relevés ont été effectués. Le taux de virus dans l’air atteint indéniablement un pic en janvier, avant de décliner progressivement après le printemps.

Influence de la température, de l'humidité et des UV pour certains virus

Une étude réalisée en 2008 a démontré avec une expérience sur des cochons d’inde que les conditions idéales pour la transmission du virus de la grippe est une t° de 5 °C et un taux d’humidité de 20 %. A une température plus élevée ou un taux d'humidité plus élevé, la transmission entre cochons d’inde n’avait pas lieu. 
D'autres scientifiques ont essayé d’apporter des éclaircissements au phénomène. Philip Rice de l'hôpital St-Georges à Londres a suggéré dans une étude le rôle des UV dans la réduction des épidémies. Selon lui, les rayons UV dégraderaient naturellement les virus. Et comme en hiver, l’ensoleillement est minimal, il y a moins de rayons UV et donc plus de virus.

Ces résultats indiquent que les paramètres météo ont une influence dans la circulation des virus, mais leur saisonnalité n’est pas clairement établie. Le virus de la grippe par exemple se propage aussi dans les régions tropicales même si c’est de manière plus sporadique. D'autre part, souvenons-nous du virus H1N1 qui a circulé chez nous pendant tout le printemps et l’été 2009.

Trop tôt pour savoir en ce qui concerne le COVID-19

La météo est donc un facteur qui intervient dans la transmission de plusieurs virus mais c'est loin d'être le seul élément qui entre en ligne de compte et le monde scientifique n'a pas le recul nécessaire pour savoir si le covid-19 sera affaibli ou non par un temps plus chaud. Marc Lipsitch, professeur d'épidémiologie à Harvard, a récemment publié une analyse dans laquelle il a déclaré que le temps plus chaud ne "supprimerait" probablement pas de manière significative la propagation de la maladie.