Réchauffement climatique : les conséquences concrètes d’une augmentation de la température

Lorsqu’on parle du réchauffement climatique, les premières images qui nous viennent à l’esprit sont ces impressionnantes fontes de glace ou ces fortes sécheresses dans des régions qui nous paraissent bien éloignées de chez nous. Et pourtant, le changement climatique se marque aussi en Belgique.

Le plus évident : une augmentation de la température
Des vents moins forts dans nos régions
Un impact touristique fort
Un impact sur la culture du raisin
Un impact concret sur la gestion des sols

Le plus évident : une augmentation de la température

Prenons d’abord le paramètre le plus évident quand on parle de réchauffement climatique : la température. En Belgique, grâce aux relevés effectués à Uccle, la station de référence de l’IRM, on peut suivre l’évolution de la température sur une longue période.

Le graphique ci-dessous reprend la courbe de tendance et montre clairement la croissance de la température moyenne annuelle. Et depuis 1954, cette croissance connaît une nette accélération.

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L’IRM a donc observé en Belgique une augmentation depuis 1890 de la température annuelle moyenne de 1,9 °C. Ces chiffres montrent, au cas où vous en douteriez encore, que le réchauffement climatique concerne aussi notre pays. Et ce sont surtout les dernières années qui ont été les plus chaudes. Dans le top 5, on retrouve 2019, 2011, 2014, 2018 et bien sûr 2020 avec une t° moyenne de 12,2°C.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le réchauffement est le plus important en hiver. En effet, on note une tendance à la baisse des journées et des nuits froides. Les jours d’hiver avec une température maximale inférieure à 0°C diminuent ainsi que les jours de gel lorsque la t° minimale est négative.

Bref, les hivers sont plus doux et forcément ça joue dans le calcul de la température annuelle moyenne.

Une histoire de surfaces terrestres et d’océans

Mais… alors que le réchauffement mondial pour l’année 2020 est de 1,2 °C, comment expliquer que le réchauffement de la Belgique atteint pour cette même année 1,9°C ? Tout simplement parce que la valeur du réchauffement global prend en compte l’augmentation de températures au niveau des surfaces terrestres mais aussi des océans.

Et les océans ne réagissent pas de la même façon au réchauffement, ils ont une inertie thermique plus importante, cela signifie qu’ils ralentissent le réchauffement. Et comme les océans couvrent 70% de la surface de notre planète, ils jouent un rôle important et permettent de diminuer l’excès de chaleur dû au gaz à effet de serre.

Voilà pourquoi le réchauffement en Belgique est plus important que sur la Terre dans sa globalité.

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Des vents moins forts dans nos régions

Un peu de théorie pour commencer cet épineux sujet des vents : la dynamique atmosphérique. Pour schématiser, la Terre est balayée par un courant d’air entre l’équateur et les pôles. Plus la différence de température entre ces "endroits" est importante, plus les vents sont forts.

Si la Terre cessait de tourner (on vous l’accorde, cela causerait quelques autres problèmes…), la masse d’air des pôles descendrait directement vers l’équateur via un flux de nord (et l’air plus chaud irait vers les pôles). Puisque la Terre tourne (ouf !), tout est dévié vers l’est, ce qui explique, dans nos régions, des vents dominants d’ouest en est. C’est la raison pour laquelle on recommande d’hydrofuger les façades des maisons côté ouest / sud-ouest plutôt que côté est par exemple !

Vous nous voyez venir : à cause du réchauffement climatique, la différence de température entre les pôles et l’équateur va s’amenuiser. La rétroaction positive de l’albédo va provoquer un emballement du réchauffement climatique au niveau des pôles qui auront tendance à se réchauffer bien plus vite que l’équateur. Pour simplifier cet effet qu’on décrypte avec dans cet article : la blancheur de la glace permet de refléter beaucoup du rayonnement solaire (pensez à un t-shirt blanc !) mais dès sa fonte, c’est de la terre ou de l’océan (foncés) qui prendront le relais et emmagasineront au contraire la chaleur émise par le soleil (pensez à un t-shirt noir). En un chiffre : les pôles se réchauffent trois à quatre fois plus que l’équateur.

Le contraste thermique entre les pôles et l’équateur sera donc moins important, les vents seront donc moins forts. C.Q.F.D.

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Un impact touristique fort

Dans la liste des questions d’avenir, le tourisme va se voir chambouler et avec lui le mode de vie d’une partie de la population… et l’emploi de milliers de personnes !

Si les courbes se confirment, le sud de l’Europe (et le bassin méditerranéen particulièrement) deviendra "pénible à vivre". La chaleur y sera accablante en été, les précipitations costaudes en hiver, des cyclones méditerranéen (medicane) se produiront plus fréquemment en automne,… À cela s’ajouteront, malheureusement, les feux de forêts (voir des phénomènes extrêmes comme le Dixie Fire).

Il faudra donc que le secteur évolue (et les mentalités) : on aura, à l’avenir, bien plus tendance à partir du côté du Nord de la France, des Vosges ou de l’Ardenne. Il faudra aussi repenser notre consommation d’eau (les piscines !) durant les mois d’été

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Un impact sur la culture du raisin

Cela n’a l’air de rien dit ainsi, mais le réchauffement climatique va bouleverser la culture vinicole. Pour résumer en quelques mots ce que l’on vous détaille dans cet article dédié, comme pour les lieux de vacances, la production vinicole pourrait à l’avenir se décaler "vers le Nord" : les cépages cultivés devront évoluer tant au niveau des espèces que de la géolocalisation. Le sud, une belle région de vin actuellement, pourrait payer un lourd tribut dans ce réchauffement climatique puisque les cépages résistants à la chaleur extrême ne sont pas légion.

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Un impact concret sur la gestion des sols

On n’y pense pas toujours "à la seconde" mais il est certain (on l’a vu avec la culture du raisin) que le dérèglement climatique aura un impact net sur notre gestion des sols, notamment en matière d’agriculture. Comme on le développe dans cet article, il faudra remettre en cause la monoculture et se diriger vers la permaculture ou le sylvopastoralisme par exemple !

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