On décrypte avec vous ce phénomène météorologique

Que sont les nuages noctulescents ?

Noctilucent clouds at midnight © Copyright Powerfocus

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C’est un terme que vous entendez parfois sans toujours le comprendre, on vous aide aujourd’hui à décrypter ce que sont ces fameux (et superbes !) "nuages noctulescents". Ils sont particulièrement visibles au début de l’été et ce mois de juin sera particulièrement propice à leur observation !

 

 

Un peu de science !

On les appelle parfois "nuages noctiluques", "nuages polaires" ou encore "nuages mésosphériques", ces nuages d’un genre un peu particulier sont ce que l’on appelle des nuages de très haute altitude, et pour cause : on les retrouve à environ 80 km de la surface de la terre ! Ils sont situés dans la mésosphère (d’où nuages mésosphériques) et sont a priori (des recherches sont toujours en cours à ce sujet) constitués d’un ménage de poussières de météorite et de glace d’eau.

 

Si on veut faire un peu d’étymologie (ce que l’on vous encourage à faire avec ces phénomènes météos car c’est très souvent révélateur de ce qu’ils sont intrinsèquement) on retrouve dans le mot "noctulescent" les racines latines nox (nox, noctis : la nuit) et lucens (lucens, lucentis : luisant).

Il s’agit de nuages très "ténus", peu denses et qui semblent briller dans la nuit. Pourquoi ? Tout simplement parce que la pression atmosphérique à cette altitude est faible (ça, c’est pour la densité) et parce que le Soleil les éclaire par en dessous à cause de leur haute altitude (et ceci, c’est pour la lumière si particulière). Concernant cette fameuse "pression atmosphérique" le facteur est de 1000… à 10 000 ! On retrouve dans la troposphère (la couche de l’atmosphère située entre le sol et la stratosphère) une pression de 100 à 1000 hPa alors qu’elle n’est plus que de 0,1 hPa dans la mésosphère. C.Q.F.D. !

Ces nuages peuvent être de différents types et se présenter sous plusieurs formes : des voiles, des bandes, des filaments, des vagues (avec ou sans ondulations,…) qui sont dues au phénomène physique de l’atmosphère appelé "ondes de gravité".

Un chiffre ? Ces nuages noctulescents ne réfléchissent seulement qu’1% de la lumière du Soleil selon le phénomène de réflexion diffuse !

Un schéma valant souvent les mots pour une explication… Voici !

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© RTBF Info

Des nuages rares et difficilement observables

Maintenant que l’on a compris ce dont on parle, la question qui se pose est simple : comment et quand peut-on observer ces nuages noctulescents ?

Vous l’aurez compris : ces nuages sont rares et difficiles à observer. Plusieurs facteurs sont à prendre en compte…

Première contrainte : ils sont généralement concentrés autour des pôles et sont visibles à de hautes et moyennes latitudes allant de 45 à 65° Nord pour notre hémisphère ce qui est plutôt une bonne nouvelle : notre pays se trouve à environ 50° de latitude, pile dans la zone qui nous intéresse !

Seconde contrainte : la position du Soleil. Il faut que celui-ci se trouve au plus proche de l’horizon nord, ce qui limite fortement la période de l’année durant laquelle ces nuages noctulescents sont visibles. Elle ne s’étend, chez nous, que de fin mai à fin juillet. La période la plus propice se situe aux alentours du solstice d’été, à la fin du mois de juin : le soleil s’enfonce alors moins profondément sous l’horizon nord (ce qui explique non seulement pourquoi les nuits d’été sont si courtes mais aussi pourquoi il faut attendre si longtemps pour que notre ciel ne devienne complètement noir).

Troisième contrainte (dérivée de la seconde) : une question de degrés ! Il faut que le Soleil se situe entre 6° et 16° en dessous de l’horizon. De cette manière, tous les autres nuages sont plongés dans le noir et seuls nos fameux nuages noctulescents sont visibles.

 

Les nuages noctulescents apparaissent ainsi généralement une à deux heures après le coucher du soleil, au-dessus de l’horizon nord-nord-ouest et une ou deux heures avant son lever au-dessus de l’horizon nord-nord-est !

 

 

 

Noctilucent clouds seen from the Dutch island Ameland © 2019 Hanneke Luijting

Comment prendre les nuages noctulescents en photo ?

Vous avez repéré un nuage ? Vous voulez le photographier (et mieux encore : le partager avec nous sur le groupe Météo RTBF – Ciel partagé ?) On commence par les conseils de base : il vous faut, dans l’idéal, un appareil reflex que vous pouvez régler en mode "manuel" ainsi qu’un trépied !

Concernant le choix de l’objectif, plusieurs possibilités s’offrent à vous :

  • soit vous souhaitez photographier les nuages uniquement (leur structure et les détails de cette structure par exemple) et dans ce cas vous pouvez opter pour un téléobjectif (200mm par exemple),
  • soit vous souhaitez garder du paysage en premier plan et photographier l’étendue de ces nuages noctulescents et vous optez dans ce cas pour un grand-angle (14mm par exemple).

Dans tous les cas : un filtre polarisant est conseillé (la lumière réfléchie par ces nuages étant polarisée).

Conseils pratiques

Au niveau "pratico-pratique" : effectuez la mise au point sur l’étoile la plus brillante du ciel ou sur un lampadaire. N’y touchez plus. Puisque la lumière du crépuscule (ou de l’aurore, suivant le moment où vous tentez votre chance) est plus que présente, évitez de monter les ISO de votre boîtier et n’augmentez pas le temps d’exposition de façon trop importante non plus. N’hésitez pas à effectuer plusieurs photos tests.

De manière générale :

  • Restez généralement entre 200 et 800 ISO, 1600 au maximum.
  • Pour le choix de l’ouverture, F/4 ou F/8 semblent être de bons choix pour éviter les aberrations chromatiques.
  • Pour le temps de pose : il dépend bien évidemment de la focale, de l’ouverture et de la luminosité du ciel ainsi que de la vitesse des nuages noctulescents. Privilégiez quelques secondes au maximum.

 

Bonne chasse et bonne chance !

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