Les tornades deviennent-elles plus fréquentes chez nous ?

Cela fait maintenant deux week-end que les tornades s'invitent à la une de l'actualité dans notre pays. La première tornade qui a, entre autres, dévasté un quartier de Beauraing et une seconde hier en région Ardennaise du côté d'Houffalize ne sont éloignées que d'une petite semaine. C'est peu par rapport à des phénomènes réputés "rares" ou "exceptionnels". 

Une dizaine par an

La première chose à remettre en perspective, c'est qu'en réalité, les tornades ne sont pas si rares que cela : on en dénombre en moyenne une dizaine par an. Par contre, leurs intensités diffèrent et elles ne sont pas toutes captée par nos smartphones. 

Donc, deux tornades en l'espace de deux semaines, ce n'est pas "exceptionnel" à proprement parler au niveau météorologique. D'autant que les ingrédients nécessaires à la formation d'une tornade restent encore présents sur nos régions et que cela devrait encore se poursuivre quelques jours

Encore et toujours : la goutte froide !

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© Modele ECMWF Geopotential 500hpa temperature

C'est, une fois de plus la fameuse "goutte froide" (à laquelle notre collègue Caroline Gillet a dédié un article) qui est en grande partie responsable de cette situation propice aux orages et aux phénomènes potentiellement violents.

 

Les ingrédients pour une tornade

Prenez de l'air chaud et humide à la surface du sol et de l'air bien froid en altitude, vous aurez déjà un terrain favorable pour des phénomènes potentiellement violents. L'air particulièrement froid en altitude va déstabiliser la masse d'air en surface. Celle-ci va littéralement se faire aspirer en permanence vers le haut. Rappelez-vous du principe de la montgolfière qui montre bien que l'air plus chaud est plus léger et a une grande capacité ascensionnelle. Eh bien pour la formation d'orages et à fortiori de tornades, il faut cette instabilité au sol et cette "aspiration" via l'air froid d'altitude.

L'étape suivante est l'apparition de vents de cisaillement qui vont accentuer encore la dynamique tourbillonnaire qui se met en place. Pour peu que vous ayez ce que l'on appelle une "super cellule" orageuse, vous obtenez les conditions idéales au développement d'une tornade.

La formation de la tornade

Les vents tourbillonnants vont donc alors remonter dans une sorte de colonne d'air. L'air doux aspiré au centre et de l'air froid qui descend sur le côté. Se forme alors un entonnoir, aussi appelé "tuba" et vous avez votre tornade qui commence à se développer.

Il n'est pas rare de voir des "cônes" se former à la base de nuages, par contre, il faut beaucoup d'énergie afin que ce tourbillon touche le sol. À ce moment, les vents sont à leur paroxysme et ce sont eux qui occasionnent ces dégâts impressionnants. Il n'est pas rare de voir des points à 300 km/h lors d'impact de tornades au sol.  C'est cette violence inouïe qui explique des églises décapitées, des toitures envolées, des voitures déplacées et autres calamités en tout genre. 

Et dans les prochains jours ?

La présence de la goutte froide est encore d'actualité quelques jours. Dans une semaine elle devrait lentement se réchauffer en partant vers l'Europe de l'Est. D'ici là, les ingrédients sont encore présents mais pour autant cela pourrait-il encore déboucher sur une nouvelle tornade ? À ce stade, aucune prévision météo et aucun modèle ne sont encore parvenus à prévoir avec certitude un phénomène d'une telel ampleur. Nous nous contenterons donc de surveiller de près les prochains développements orageux sur nos contrées.