Feux de forêt à Tchernobyl : quelle influence sur la météo de nos régions ?

Feux de forêt à Tchernobyl : quelle influence sur la météo de nos régions ?
Feux de forêt à Tchernobyl : quelle influence sur la météo de nos régions ? - © VOLODYMYR SHUVAYEV - AFP

Il y a près de dix jours maintenant qu’un incendie s’est déclaré dans la zone d’exclusion de Tchernobyl. Si l’Ukraine se veut rassurante, l’incendie a été réduit grâce aux efforts des près de 400 pompiers mobilisés sur la place, certains d’entre vous nous ont posé la question : des particules radioactives peuvent-elles atteindre notre territoire ? La réponse théorique est évidemment "oui", on vous en explique quelques mécanismes un peu plus loin, mais, précisons le d’emblée, cela est très peu probable à ce stade et dans ce cas très précis. La qualité de l’air est constamment surveillée dans notre pays et les taux de particules sont d’ailleurs peu élevés ce mardi 14 avril.

Un phénomène habituel

Le "transport" de particules n’est pas un phénomène neuf et cela se produit régulièrement. Deux exemples concrets pour l’expliquer :

  • Un phénomène typique est l’arrivée de particules venues de l’est de l’Allemagne ou de la Pologne. Prenons un hiver bien froid où un anticyclone se positionne sur une bonne partie de l’Europe. A l’est de l’Allemagne, de la Pologne, on se chauffera beaucoup, parfois au charbon. Une fois les masses d’air déplacées (vers l’ouest notamment), nous "récupérerons" une partie de cette pollution qui n’émane pas de notre territoire.
  • Plus récemment (et pas plus tard que la semaine dernière) un autre phénomène s’est produit, provoquant une hausse du nombre de particules sur l’ouest de notre territoire : l’ammoniaque, présente dans les produits d'épandage utilisé en agriculture, est venue se mélanger au dioxyde d’azote (notamment présent dans les gaz d’échappement, mais aussi dans les diverses centrales,…) provoquant une hausse des particules sur l’ouest du pays plutôt que sur l’est du territoire.

Ces phénomènes ne sont donc pas "rares" : ils sont bien compris et surveillés par des équipes spécialisées !

En ce qui concerne notre territoire :

Pour ce qui concerne la situation sur le terrain, d’après un communiqué émanant du service pour les Situations d’urgence, "il n’y a plus de feu ouvert" sur place. On fait état de "foyers isolés" et de "feux couverts". Le communiqué précise également que "le taux de radiation à Kiev et dans sa région ne dépasse pas le niveau naturel". D’un point de vue météorologique, Kiev se trouve actuellement dans un courant de nord-ouest (qui virera à plein ouest demain), ce qui a tendance à repousser les fumées vers le Caucase. Quant à notre territoire, sa météo est dictée par des courants d’est et une zone de hautes pressions centrée sur la Grande-Bretagne qui dirige vers nous des courants d'est venus d’Allemagne… bien loin donc de Tchernobyl !