Été 2021 : vit-on l'été le plus pourri de l'histoire belge ?

Quand la pluie se déplace (Andrimont)
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Quand la pluie se déplace (Andrimont) - © Mohamed Sridi du groupe Météo RTBF Ciel Partagé

Personne n’a échappé à cet été particulièrement pluvieux. D’ailleurs, aucune personne n’a connu un été avec autant de pluie. Un été 2021 historique.

L’été météorologique est la période qui s’étend du 1er juin au 31 août, il n’est donc pas encore terminé mais les premières analyses sont déjà possibles.

Prenons tout d’abord les chiffres concernant les précipitations

Et pour nous aider, nous nous sommes adressés à un spécialiste: Pascal Mormal, météorologue à l'Institut Royal Météorologique.

Lors d’un été "normal", on peut s’attendre à ce qu’il pleuve en moyenne 42 jours avec un cumul total de 234,2mm d’eau à Uccle (qui est la station météo de référence en Belgique).

Depuis le début de l’été, cette station enregistre 47 jours de pluie et 407,3mm de précipitations… et l’été n’est pas terminé. Cette valeur est toujours celle reprise à la station de référence mais il faut savoir qu’à Jalhay, en région liégeoise, on a relevé 617,2mm.

 


 

L’été de tous les records ?

La moyenne est donc dépassée mais est-ce un record pour autant ? Oui, clairement puisque le précédent record qui datait de 1992 avec 364,8mm.
D’autres records ont été battus cette année :
- Le nombre de jours où le cumul des précipitations a dépassé les 20mm. Il y en a eu 7 depuis le début du mois de juin à Uccle.
- Le nombre de jours à 30°. Pas un seul jour de forte chaleur enregistré à Uccle. Si l’été se termine sans donner une seule fois cette température dans la station de référence, ce serait la première fois depuis 1993. (Une fois encore, les 30° ont été atteints dans d’autres régions dans le courant de l’été, mais pas dans la station météo de référence).
- Le 17 août le plus froid jamais enregistré. Le thermomètre est resté figé à 15,4°. Mais ce n’était pas le jour le plus froid de cet été. Non. Cet "honneur" revient au 20 juin où l’on n’a pas dépassé les 15°.

Humidité ambiante

Mais quand on parle d’été "humide", il faut aussi parler d’humidité relative. On ne parle pas ici de "jours de pluie" mais bien de l’humidité contenue dans l’air. Car on pourrait avoir de violents orages, de forts cumuls et donc des records de précipitations concentrés sur 10 jours, et passer malgré tout un bel été avec de nombreuses journées ensoleillées, sèches et estivales.
En juin, cette humidité est en moyenne de 67%. En juillet, elle descend à 62%.
Cette année, nous sommes bien au-dessus de cela car les deux premiers mois de l’été ont affiché respectivement 70% et 76%.

Un été pourri ? Réellement ?

Il est vrai que notre été belge a été plus qu’humide, mais pour autant, on ne peut pas le qualifier d’été "le plus pourri" de notre histoire. Et pour cause, si la pluie nous a bel et bien tenu compagnie une bonne partie du temps, les températures, elles, sont restées proches des normales de saison.

L’ensoleillement moyen a également été assez proche de ce que l’on peut attendre durant un été "normal" dans notre pays.

En Belgique, durant les 3 mois d’été, le soleil nous accompagne durant 594,6h.
Entre le début du mois de juin de cette année 2021 et la mi-août, nous comptions déjà 472,15h d’ensoleillement. On peut donc estimer que nous serons "dans les normes" d’ici la rentrée. Un chiffre atteint notamment grâce aux 15 premiers jours du mois de juin qui ont été particulièrement bien ensoleillés.
Pour comparaison, l’été le plus sombre de ces 30 dernières année était celui de l’année 2007 où l’été complet n’avait vu briller le soleil que 457,36h.

Pour trouver l'été le moins ensoleillé de notre histoire météorologique, il faut remonter à 1888 où le soleil ne s'est montré que durant 401,21h.

L’Europe : d’un extrême à l’autre

Si, en Belgique, la pluie a tenu une place de choix dans les conversations, ailleurs, en Europe, ce sont la chaleur et la sécheresse qui dominent. Et bien sûr, les conséquences sont différentes pour tout le monde.

En juillet dernier, les cumuls de pluie chez nous ont provoqué des inondations dévastatrices. Mais le pourtour méditerranéen fait toujours face à des chaleurs accablantes et à une période sèche tout aussi destructrice. La valeur la plus chaude pour notre continent a été relevée dans la 2e quinzaine du mois d’août à Syracuse, en Sicile, avec 48,8°. (Des températures encore plus hautes ont été relevées au Maghreb à la même période.)