Effet de serre : l'eau a aussi son rôle à jouer !

On entend souvent parler des GES, les fameux Gas à Effet de Serre. Et le premier GES auquel on pense, c’est bien sûr le CO2. Pourtant, si on considère tous les gaz qui interviennent dans l’effet de serre, c’est la vapeur d’eau qui joue le plus grand rôle.

60% de l’effet de serre est provoqué par la vapeur d’eau !

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Proportion des GES dans l’atmosphère © Tous droits réservés

Lutter contre un cercle vicieux

Mais alors pourquoi lutter contre les émissions de CO2 ? Ne faudrait-il pas tenter de réduire la vapeur d’eau ?

Commençons par un petit rappel de physique. Prenons de l’air à une température basse : les molécules qui le composent sont proches et laissent peu de place entre elles, il y a donc peu de place pour la vapeur d’eau. En revanche, si on chauffe l’air, les molécules s’agitent, elles s’éloignent les unes des autres et laissent donc plus de place pour la vapeur d’eau. Cet air chaud contient donc plus de vapeur d’eau.

Si on prend un cas très concret : 1kg d’air à 10°C peut contenir + /- 8 grammes de vapeur d’eau. Si on chauffe ce kilo d’air jusqu’à 30°C, il pourra renfermer plus de 3x plus de vapeur d’eau, jusqu’à 27 g !

Donc si les concentrations des GES émis par les activités humaines deviennent plus importantes, la température de l’air augmente. Et si la température de l’air augmente, il contient plus de vapeur d’eau et s’il y a plus de vapeur d’eau, l’effet de serre s’intensifie et donc le réchauffement s’emballe !

Bref, c’est un cercle vicieux !

La grande différence, c’est que la vapeur d’eau ne s’accumule pas indéfiniment dans l’air : à un moment donné, il y a saturation. La vapeur d’eau contenue dans l’air va alors se condenser, former des nuages et donner de la pluie. Et dans ce cas, la vapeur d’eau transformée en pluie ne participera plus à l’augmentation de l’effet de serre.

Ce sont donc bien les gaz issus des émissions anthropiques qui sont les déclencheurs du réchauffement climatique, la vapeur d’eau quant à elle joue un rôle de renforcement.

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Et la pluie alors ?

Avec le réchauffement climatique, les quantités de pluie sont plus importantes, et c’est assez logique comme on vient l’expliquer : l’air chaud peut contenir plus de vapeur d’eau… et donc générer potentiellement plus de précipitations ! Il suffit de regarder les récentes inondations de la mi-juillet pour s’en convaincre.

Et même si les pluies exceptionnelles de l’été 2021 ne sont pas encore reprises dans les dernières statistiques, en Belgique, on observe aussi une augmentation de la quantité de précipitations chaque année. Les chiffres montrent une croissance de 9% depuis 1950. Ce qu’on remarque surtout, c’est que les jours avec beaucoup de pluie, c.-à-d. au moins 20 mm, sont plus fréquents surtout en été.

Le réchauffement climatique n’est donc pas uniquement synonyme de vague de chaleur et de sécheresse. Et dans les années à venir, il faut probablement s’attendre encore à des périodes de fortes pluies.