Antarctique : le point de basculement du glacier de Pine Island

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Image illustrative - © Rod Strachan - Getty Images

Les glaciers du monde font l'objet d'une étroite surveillance et particulièrement les glaciers de l'Antarctique et notamment celui de l'île du Pin (the Pine Island Glacier)

Depuis quelques temps, cette surveillance s'est accrue dans l'ouest de l'Antarctique. Entre 2011 et 2016, les scientifiques ont en effet repéré qu'une vaste cavité s'était creusée sous le glacier Thwaites, décrit comme le glacier le plus dangereux du monde. Le problème ? Cela avait eu pour effet de désolidariser la glace du sol ! Ce creux pourrait à terme permettre à l'eau de l'océan de s'introduire sous le glacier... et donc d'en accélérer sa fonte. 

Le cas du Glacier de Pine Island

C'est aujourd'hui au voisin du glacier Thwaites, le glacier de Pine Island, d'être sous la loupe des chercheurs du département de géographie et des sciences de l'environnement de la Northumbria University de Newcastle au Royaume-Uni. Ils ont mis au point des méthodes qui permettent d'identifier les points de basculement dans les calottes glaciaires, ces points de non retour qui enverraient un glacier dans une retraite irréversible.

Et il s'avère que le glacier de Pine Island a potentiellement atteint 3 points de basculement.

 

Des résultats encourageants et effrayants à la fois

De nombreuses simulations ont été faites par le passé mais il était alors difficile de "quantifier" le risque, c'est à dire de déterminer avec précision quels étaient les points de non-retour. Le Dr Gudmundsson, l'un des auteurs de l'étude, a déclaré que la possibilité que le glacier de Pine Island entre dans une retraite instable a déjà été évoquée, mais que c'est la première fois que cette possibilité est rigoureusement établie et quantifiée

Si les scientifiques sont satisfaits des résultats obtenus, ils ont également mis en garde sur l'impact humain. La retraite des glaciers Thwaites et de Pine Islande sont actuellement responsables, à eux seuls, de 10% de l'élévation du niveau des océans. Et une fois qu'un glacier entre en retraite, il est presque impossible de l'arrêter.


L'effondrement de l'inlandsis de l'Antarctique occidental pourrait, lui, occasionner une hausse de plus de 3 mètres.