River into Lake présente "The Crossing", un projet musical salvateur et plein d'espoir

River into Lake, Boris Gronemberger
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River into Lake, Boris Gronemberger - © AliceKhol

Début décembre dernier, en plein second confinement, le quintet indé pop bruxellois River into Lake sortait son nouvel EP "The Crossing" , soit quatre morceaux inédits issus de la session de "Let the beast out" (2019 ). Le leader du groupe, Boris Gronemberger, nous raconte son "crossing" : ses débuts, son départ des Girls In Hawaii et la sortie de ce dernier mini album. Soit l’émancipation d’un projet musical salvateur et plein d’espoir.

Boris, tu as longuement joué avec de nombreux groupes et formations indépendantes, dont Girls In Hawaii, Venus, Castus, Blondie Brownie pour ne citer qu’eux…quand t’es venu l’envie de créer un projet à toi ?

C’est quelque chose qui est là depuis assez longtemps. Avant de s’appeler River into Lake, le projet s’appelait VO, un groupe avec lequel j’ai enregistré trois disques. J’ai commencé début 2000 : à l’époque, je jouais pour des groupes qui tournaient pas mal et lors de moments plus creux, je me permettais de développer mon projet perso…mais ça ne me laissait pas beaucoup de temps. Quand j’ai quitté Girls In Hawaii, aux alentours de 2017, je ressentais vraiment le besoin de faire ma musique, de développer mes chansons, de les jouer devant un public. A l’aube de mes 40 ans c’était le bon moment pour le faire.

VO a donc vécu quelques années avant de devenir River into Lake. Les raisons du changement ?

J’ai décidé de changer de nom au moment de la sortie de l’album "Let the beast out" (2019). Je ne me reconnaissais plus dans VO, un nom qui avait déjà entre 15 et 17 ans. J’avais envie d’autre chose, de repartir à zéro. River into Lake, c’est le titre d’un album auquel j’ai participé, d’un groupe qui s’appelait Raymondo avec qui j’ai pas mal bossé. C’est un clin d’œil à ce groupe qui n’existe plus et que j’aimais beaucoup. C’est aussi l’imagé autour : cette rivière qui vient nourrir un lac, c’est un tableau qui me parle énormément. Un nom qui englobe un concept plus large : les petites choses anodines du quotidien qui participent à créer quelque chose de plus grand. Ça fait écho à ma philosophie de vie.

Musicalement aussi, il semblerait que tu aies également opéré un changement ?

Au départ ma formation musicale, c’est la guitare mais je ne me sentais plus très inspiré à écrire des chansons guitare- voix. Là aussi, j’avais besoin de quelque chose de nouveau. J’ai toujours utilisé des synthés mais ils étaient toujours en second plan sur les albums de VO . J’ai eu envie de renverser la vapeur, de partir de synthés, de boîtes à rythme et de voir ce que ça impliquait en termes d’écriture. Je puise l’inspiration dans la musique électronique, le Krautrock, les groupes des années 80 comme les Floyd et les Cure… des sonorités qui m’ont formé en tant que musicien. Là je suis déjà en train de penser à la suite et je pense me diriger encore plus dans cette direction.

"The Crossing", un EP au titre évocateur… à quoi renvoie-t-il exactement ?

Ça évoque énormément de choses pour moi : le passage à l’âge adulte, le fait de devoir quitter cette innocence propre à l’adolescence et aux premiers moments en tant que jeune adulte. Beaucoup de choses liées à ma paternité récente et qui ont, du coup, pris une toute autre dimension. Des évènements également moins chouettes qui me sont arrivés, comme la perte d’amis proches et la confrontation avec une certaine forme de réalité. Ce passage, c’est le moment où l’on perd une forme d’illusion mais avec l’envie de cultiver une certaine naïveté. Elle reste mon moteur pour continuer à avancer dans ma vie de tous les jours et dans ma musique.

Comment envisage-t-on l’avenir en tant qu’artiste en ces temps incertains ?

Je pense que pour l’instant, tout le monde va à tâtons. C’est déjà de la folie de sortir un disque en général alors avec la crise sanitaire, c’est presque suicidaire…Mais j’avais besoin de faire quelque chose, de ne pas me morfondre sur moi-même et la situation, et puis cette période incertaine peut également être une source d’inspiration.  C’est un peu la dernière chose qu’il nous reste en tant qu’artiste, continuer à créer. L’art en général et la musique en particulier restent essentiels, surtout actuellement : les gens ont besoin de s’évader, de penser à autre chose…on ne doit jamais s’arrêter de créer.

"The Crossing" par River into Lake. Humpty Dumpty Records. 2020. Visuel original signé David Delruelle.

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