Balthazar dévoile "Sand", 5ème opus élégant, sexy...et prophétique!

On attend toujours avec un brin d’impatience la venue d’un nouvel opus de notre quintet de Courtrai préféré… Il faut dire que Fever, sorti il y a deux ans maintenant, marquait après quatre ans d’absence, le retour triomphant de Maarten et sa bande. Ce vendredi 26 février, on vous recommande l’écoute de Sand, 11 titres groovy, élégants et sexy, loin des guitares indé-rock des débuts mais dans la parfaite lignée des 11 chapitres précédents. Jam a rencontré les deux leaders, Maarten Devoldere et Jinte Deprez, pour l’occasion.

Bref retour en arrière, nous sommes en 2018, Balthazar sort d’une retraite de quatre ans et délivre Fever, un disque charnière, qui souligne la mutation de ce groupe vers une expérience musicale véritablement plus groovy. Un disque emprunt d’une réelle vision, nourri par la maturité et l’expérience solo de ses musiciens (Warhaus, J. Bernardt, Zimmerman…) "On a senti qu’avec Fever, nous n’avions pas encore été assez loin… Lorsque nous étions en tournée pour le disque, on s’est rendu compte que l’audience réagissait différemment, qu’il ressortait une autre énergie, les gens dansaient et c’était une première pour nous ! Ça nous a donc inspiré et poussé à écrire directement la suite… "

Essayer de capter cet élément groovy comme un élément central et le pousser encore plus loin avec ce nouvel album

Sans grande prise de risque donc, avec Sand nos gaillards restent dans leur zone de confort et s’amusent "Nous n’avons jamais autant utilisé de samples de batterie ni autant de lignes de basse au synthé ". In fact, si la basse semble toujours aussi omniprésente, un nouvel instrument fait cependant son entrée dans leur répertoire: il s’agit du saxophone, qui apporte inévitablement une touche jazzy à nombreux de leurs titres, comme en témoigne la fin de l’excellent I want you.

Avec aisance et élégance, nos princes de la pop belge nous baladent au gré de leurs influences éclectiques, sensuelles et diverses.

Ce que ce n’était pourtant pas gagné… Si l’écriture s’est peaufinée sur la route, l’enregistrement s’est avéré, pour toutes les raisons que vous connaissez, légèrement plus compliqué "Le fait d’être coincé chacun chez nous, nous a poussé à trouver une autre manière de travailler. On a donc commencé à beaucoup bosser, discuter, échanger entre nous et avec le producteur via internet. C’est certainement une des raisons du pourquoi l’album sonne autant électro, bien que ça n’ait pas été notre intention première."

En général, nos sons sont toujours plus acoustiques, plus organiques mais avec le lockdown et les restrictions, on a dû s’organiser autrement.

Le thème central du temps

Habitués à nous chanter l’amour et son absence, Sand se concentre ici sur un concept plus différent… Tel le sable qui s'écoule d’un sablier, Balthazar aborde, à sa manière, le thème du temps "ou plutôt même, de l’attente, de l’agitation, de l’incapacité de vivre l’instant présent ou de faire confiance à l’avenir."

Le concept du temps était plutôt censé illustrer la manière dont nous le concevions mais il s’avère que c’est devenu presque prophétique, comme “Fever” l’était…

Jolie coïncidence qui cristallise bien les doutes et les inquiétudes de plus d’un secteur: "Cet album parle de nos inquiétudes […] Le concept du temps était plutôt censé illustrer la manière dont nous le concevions mais il s’avère que c’est devenu presque prophétique, comme Fever l’était. Quand on a fini les lyrics, on entrait tout juste dans le premier confinement et on ne s’attendait pas à ce que qu'il dure toute une année. C’est incroyable de voir que c’est un sentiment global actuellement… Tout le monde attend, tout le monde est inquiet. Nos vies sont mises sur pause et c’est ce que nous chantons."

 

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Cover "Sand" © Pias

Un sentiment d’attente assez bien illustré par cet étrange petit bonhomme en couverture. Il s’agit de la photo d’une sculpture intitulée Humunculus Loxodontus alias The One Who Waits de l’artiste hollandais Magriet Van Breevort. "C’est au départ un pote qui nous a montré cette photo. On s’est renseigné et il s’avère que l’artiste qui l’a fabriqué voulait mettre en avant le sentiment bizarre de gêne que tu ressens quand tu es dans une salle d’attente. La manière dont il te regarde, c’est un peu le sentiment que tu ressens quand tu attends et c’est un lien direct vers nos paroles."

Ce cinquième opus atteste une nouvelle fois de toute l’étendue du talent de nos dandy flamands. Plus encore, il souligne la force et la bonne santé d’un groupe qui prend toujours un plaisir non dissimulé à se retrouver pour créer et composer, même après dix ans.

Longue vie à eux…

[ Retrouvez Balthazar en concert au Lotto Arena d’Anvers le vendredi 26 novembre 2021. ]

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