Un sifflet contre le harcèlement sexuel lors d'un festival en Tunisie

Un sifflet contre le harcèlement sexuel lors d'un festival en Tunisie
Un sifflet contre le harcèlement sexuel lors d'un festival en Tunisie - © BERTRAND GUAY - AFP

Patrouilles et distribution de sifflets: une association tunisienne de défense des droits des femmes a mené une campagne de prévention inédite sur les risques de harcèlement sexuel lors d'un festival organisé samedi et dimanche dans le désert du Sahara, au coeur des dunes qui ont servi de décor à Star Wars.

"C'est la première fois qu'on monte un stand sur un festival. Ce sont des événements où l'on peut se sentir plus facilement en danger", a expliqué dimanche Nawrez Ellafi, de l'association Aswat Nissa ("Voix des Femmes"), lors de la troisième édition des "Dunes électroniques". "Il y a des facteurs de risques accentués: l'alcool, la nuit, le bruit, le fait qu'on est au milieu de nulle part", a-t-elle ajouté.

Face à ces risques, certains festivals installent des "zones sûres" pour les femmes se sentant en danger. Le festival de musique électronique a lui installé un lieu d'écoute et d'information dans une des tentes entourant la piste de danse. Mais des militantes d'Aswat Nissa ont voulu aller plus loin. Elles ont organisé des patrouilles pour arpenter la fête et distribué des sifflets, "à la fois symboliquement pour continuer à faire du bruit sur ce sujet, et pour protester en cas d'agression", a dit Mme Ellafi.

#EnaZeda

Selon Nadia, 21 ans, "c'était une super fête, la musique était fantastique, mais je me suis pas mal fait importuner. Heureusement que la sécurité et mes amis sont intervenus". Une festivalière trentenaire, Ameni Osma, a de son côté apprécié la "sensibilisation" d'Aswat Nissa et souhaité "voir ce type d'action dans les boîtes de nuit, au collège ou au lycée".

La question du harcèlement et des agressions sexuelles est revenue au coeur des débats en Tunisie. Mi-octobre, la diffusion d'images montrant un député qui semblait se masturber devant un lycée a déclenché une vague de témoignages sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #EnaZeda, le #MeToo tunisien. En Tuinisie, la loi punit les agressions et, depuis juillet 2017, le harcèlement sexuel dans les lieux publics. 

1 filles sur 6 victimes de harcèlement en festival

En Belgique, des actions de prévention contre le harcèlement sexuel sont aussi menées depuis plusieurs années sur les sites des festivals. Selon un sondage réalisé en 2018 par Plan International, une fille sur six a déjà été victime de harcèlement au moins une fois en festival au cours des trois dernières années. 40% des témoins avouaient aussi s'éloigner au lieu d'agir. 

Sur son site internet, l'organisme donne quelques conseils pour réagir le mieux possible si l'on est témoin d'harcèlement dans l'espace publique:

  • Impliquer d'autres personnes
  • Détourner l'intention en posant une question par exemple
  • Interpeller le harceleur ...
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