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Voyage musical et saisonnier aux couleurs orangées de l’automne

Alors que les températures deviennent de plus en plus hivernales, Axelle Thiry nous propose une émission consacrée à l’automne : imaginez une forêt d’arbres parés de leurs plus belles couleurs orangées, un soleil bas et un vent soutenu… Bienvenue en automne.

Dans son Chant d’automne, extrait des Fleurs du mal, Charles Baudelaire écrivait :
"Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !"

Frank Bridge, un compositeur et altiste britannique, qui a aussi été le professeur de composition de Benjamin Britten, a écrit une œuvre qui s’intitule En automne, In autumn. Comme l’écrit Harry Halbreich, elle se compose de deux pages brèves, mais parfaites. La première, intitulée Regard en arrière, Retrospect, semble avoir une couleur de rouille et de feuilles mortes. Elle est suivie de la libre et audacieuse Through the Eaves, à travers les combles.

 

L’automne de Vivaldi revisité par Max Richter

Les Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi ont toujours exercé sur Max Richter un grand pouvoir de fascination, à laquelle il a voulu "rendre un hommage contemporain en mêlant l’ADN de Vivaldi à son propre ADN, nourri d’influences multiples". Il s’est lancé dans un travail de recomposition et de restructuration des quatre concertos du Prêtre Roux et il a couché ces recherches sur le papier à l’invitation de Deutsche Grammophon et de Daniel Hope. Il poursuit. "Certains bouts sont de Vivaldi, d’autres sont mes fantasmes, mes pensées à haute voix sur les Quatre Saisons".

Henry Purcell a écrit de nombreuses partitions pour accompagner des pièces de théâtre. Parmi elles, The Fairy Queen. Elle voit le jour en 1692, pour des représentations à Londres au théâtre de Dorset Garden.

La production est exceptionnelle. Il y a l’orchestre, les chœurs, les solistes célèbres, le ballet, les costumes et les décors sophistiqués, les mouvements de machinerie impressionnants. L’œuvre combine des extraits du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare et ce qu’on appelle des masques. Ce sont ici des intermèdes musicaux qui mêlent des ballets, de la musique bien sûr, des chants, une scénographie grandiose.

La musique dépeint la nature et son univers onirique et allégorique, à travers notamment des figures surnaturelles qui évoquent la Nuit, le Secret, le Mystère, le Sommeil et aussi les quatre saisons, mais aussi, sous forme parodique, l’éventail des sentiments amoureux. The Fairy Queen transporte le spectateur dans un monde kaléidoscopique d‘images et de tableaux. La trame dramatique de l’ouvrage reprend en partie "le Songe d’une nuit d’été" où quatre jeunes amants Hermia, Lysandre, Helena et Dimitrius sont en quête d’un amour idéal. Ils le trouveront, après de nombreuses péripéties rencontrées durant une nuit, au cœur d’une forêt magique où se querellent, Titania, la reine des fées, et le jaloux Oberon, le roi des elfes. A l’aide d’un philtre, le lutin Puck, le valet d’Oberon, va semer le trouble, avant que ne triomphe l’amour véritable. Les solos et le chœur des quatre saisons viennent sceller la réconciliation de Titiana et Obéron. L’automne chante ceci : Voyez mes champs de toutes les couleurs, Et ces arbres alourdis qui m’ont obéi ; Tous les fruits que procure l’Automne, je les offre au Dieu du Soleil.

Vers la fin de l’année 1865, Edvard Grieg entreprend un voyage à Rome, c’est sa première expédition vers le sud… C’est là qu’il compose l’ouverture de concert En automne. Elle évoque le souvenir sonore de sa patrie, la Norvège. Il s’inspire de son lied intitulé Tempête d’automne, qu’il mêle à une danse norvégienne. Grieg voulait traduire dans cette œuvre l’atmosphère automnale de la Norvège, la gravité et la joie propres à cette saison de l’année. Comme l’écrit Matthias Henke, dans l’andante de départ, les quintes à vide, le motif des vents qui s’enfoncent mélancoliquement et les tremolos représentent la tombée des feuilles, le flétrissement graduel de la nature ; les rythmes tranchants des vents dans l’Allegro agitato déclenchent une violente tempête qui s’estompe dans la cantilène idyllique du hautbois, souvenue par les harmonies simples des cordes. Les motifs des cors appellent ensuite la chasse et finalement, dans l’allegro marcato e maestoso, des paysans semblent danser avec plaisir, comme nous le laissent du moins supposer le bourdon de quintes et la danse sautée norvégienne.

Découvrez l’ouverture de concert En automne de Grieg et bien d’autres œuvres automnales dans l’émission Voyages ci-dessous

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