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Voyage intérieur, souffle créateur : dans le feu de la composition

Dans son émission Voyages, Axelle Thiry vous propose d’accompagner quelques compositeurs pris par le feu de la création.

Schubert, sous la dictée de l’inspiration

Quand Schubert est en tête à tête avec son génie, il oublie tout cela et il vit des moments d’exaltation et d’inspiration fulgurantes. Un de ses amis raconte : "Quiconque l’a vu, rien qu’une fois, le matin, dans le feu de la composition, les yeux brillants, parlant même une autre langue, n’oubliera jamais cette impression." Sur les partitions de Schubert, il y a peu de ratures. Parfois pas du tout. Il compose d’un seul jet, sous la dictée de l’inspiration.

Monteverdi, le dialogue entre poésie et musique

Claudio Monteverdi a 19 ans quand il publie son premier recueil de madrigaux. Il va ensuite entrer dans une période de réflexion. Trois années sabbatiques s’écoulent, après lesquelles Monteverdi s’engage résolument dans la voie du grand madrigal expressif à cinq voix. La poésie est pour lui une formidable source d’inspiration. Il compose des œuvres admirables, elles célèbrent le dialogue fertile entre la musique et la poésie. Le chant se fait le miroir du texte. À 24 ans, il devient maître de musique de la chambre, à la cour de l’exubérant Vincenzo Ier de Mantoue, dont la brillante chapelle est dirigée par le célèbre Giaches de Wert. Le duc est un protecteur des poètes et des musiciens. Le duc fait édifier un théâtre dans un site superbe, ce sera un écrin pour accueillir les premiers drames en musique qui verront le jour dans les académies de Florence. Monteverdi suit avec intérêt les réflexions d’un cercle de poètes et de musiciens qui se constitue à Florence à l’initiative de Giovanni Bari. On discute de la question de savoir comment on peut parler en chantant. On s’intéresse aussi au renouvellement de la tragédie grecque. Monteverdi est plongé dans cette atmosphère grisante. Il est dans une fièvre créatrice. A Mantoue, il compose sa première œuvre scénique, l’Orfeo. Une partition nourrie par la quête du renouveau de la tragédie, la recherche d’un langage moderne, et d’un idéal de perfection.

Quand la source de l’inspiration prend naissance dans l’enfance

L’inspiration créatrice plonge parfois ses racines dans de merveilleuses heures de l’enfance. Felix Mendelssohn a trois frère et sœurs. Les deux aînés, Fanny et Félix, entourés de Rebecca et Paul, ont une vie remplie de jeux, de poésie, de musique, de théâtre sans oublier les heures dédiées à la composition. Dans le jardin des Mendelssohn, il y a une petite maison, la Gartenhaus, qui est transformée en salle de spectacle quand il fait beau. Felix et Fanny tiennent une gazette du jardin. Ils y racontent les fêtes somptueuses comme les petits événements qui se déroulent dans le parc. Félix a une passion pour Shakespeare. C’est une sorte d’enchantement. Fanny appelle son frère "mon petit Hamlet" et elle termine une de ses lettres comme ceci : "Adieu, n’oublie pas que tu es ma main droite et la prunelle de mes yeux, et que sans toi la musique ne peut en aucune façon couler". Les soirées étoilées sont un cadre idéal à la magie des rêves nocturnes. Fanny écrit : "Nous avons grandi avec le Songe d’une nuit d’été et Félix l’a fait sien." Il n’a que 17 ans quand il compose l’Ouverture du Songe d’une nuit d’été. Et le succès est déjà là. Admiratif, Schumann prend la plume : "Sur l’Ouverture, le monde n’a depuis longtemps qu’une voix. […] Le sang de la jeunesse la pénètre de toute part, comme il ne fait peut-être dans aucune œuvre du compositeur, et l’habile maître a pris là, dans la plus heureuse minute de sa vie, son premier essor vers des hauteurs suprêmes".

Debussy : "Nous ne sommes rien du tout vis-à-vis de l’art, nous ne sommes que l’instrument d’une destinée"

Quand Debussy compose, il sait se soumettre aux exigences de l’inspiration. Il est convaincu qu’il ne faut pas forcer les choses. Un jour, il écrit à Chausson : "Vous exercez sur vos idées une pression tellement forte qu’elles n’osent plus se représenter devant vous, tellement elles ont peur de ne pas être vêtues comme il vous conviendrait. Vous ne vous laissez pas assez faire, et surtout vous ne paraissez pas laisser assez agir à sa fantaisie cette chose mystérieuse qui nous fait trouver l’impression juste d’un sentiment, alors que certainement une recherche assidue et obstinée ne fait que l’affaiblir. Je suis tellement persuadé que vous avez en vous toute l’expression désirable que j’ai de la peine à vous voir vous énerver dans des débats inutiles. Il faut bien se dire que nous ne sommes rien du tout vis-à-vis de l’art, nous ne sommes que l’instrument d’une destinée, faut-il donc encore la laisser s’accomplir."

Continuez ce voyage intérieur à la découverte du souffle créateur des compositeurs, dans l’émission Voyages ci-dessous

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