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Voyage à Rome dans le Palais du cardinal Pietro Ottoboni, grand mécène et amoureux de musique

Axelle Thiry vous propose de pousser la porte du Palais du Cardinal Pietro Ottoboni. Nous sommes à Rome, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècle.

Pietro Ottoboni joue un rôle de premier plan dans la vie musicale de la ville. À cette époque, Rome accueille trois compositeurs parmi les plus extraordinaires de l’époque : Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti et Georg Friedrich Haendel. Leur présence attire de nombreux musiciens et la ville voit s’épanouir un véritable "printemps musical". Quand Pietro Ottoboni devient cardinal à San Lorenzo in Damaso, il n’a que 22 ans. Il est passionné de belles lettres, de peinture, de théâtre. Et par-dessus tout, il aime la musique. Il a d’immenses ressources, et il devient l’un des mécènes les plus importants de Rome. Il organise des concerts dans son magnifique palais. Quiconque se pique d’un talent de compositeur ou de virtuose se fait un honneur d’y être invité. On se presse aux fameux lundis d’Ottoboni. Il accueille des musiciens d’envergure, comme Tomaso Albinoni.

A la gloire d’Arcangelo Corelli

 

Chez le cardinal Ottoboni, la meilleure place est pour Arcangelo Corelli. On dispose de peu d’informations directes sur sa vie, mais on sait qu’il est à coup sûr à Rome en 1681. Arcangelo a 28 ans Le cardinal fait de lui son premier violon et le directeur attitré de sa musique. Ottoboni organise toutes les semaines des concerts célèbres dans toute l’Europe. Il confie leur direction à Corelli. Il est logé au palais. Il voit sa vie matérielle largement assurée. Il peut se donner à son art avec une liberté d’esprit totale, et, comme l’écrit Marc Pincherle, polir ses œuvres en toute sérénité, loin du tumulte et des préoccupations matérielles.

La renommée de Corelli ne cesse de grandir. On vient de loin pour lui demander des leçons. Un témoin qui a vu jouer Arcangelo Corelli, confie que, quand il jouait, "son attitude était en général déhanchée, ses yeux devenaient d’un rouge feu, et ses prunelles roulaient comme à l’agonie."

 

Le cardinal Ottoboni traite Corelli comme un véritable ami. Et il prend aussi la famille du musicien sous son aile. Il écrit un jour au légat de Ferrare, pour lui recommander les frères d’Arcangelo et le supplier, "d’accorder sa protection à une famille qu’il aime avec la plus affectueuse et la plus particulière tendresse." Il se sent tellement lié d’affection avec Arcangelo qu’il ne distingue plus, écrit-il, "la passion de son propre intérêt de celle d’un si digne sujet, à la famille de qui il ne pourra jamais assez faire connaître sa tendresse et l’attention qu’il lui porte." Ottoboni soutient un autre compositeur extraordinaire : Antonio Vivaldi.

Les soirées musicales d’Ottoboni, une pépinière de talents

Pietro Ottoboni aime la pompe, la munificence, les plaisirs sensuels, on dit qu’il est aimable et charitable. Il a aussi une formidable collection de tableaux. Ottoboni ne se prive pas non plus de collectionner les concubines. Leurs portraits décorent sa chambre, où elles sont représentées sous l’aspect de saintes. Montesquieu prétend même qu’il aurait eu entre 60 et 70 enfants. Chaque semaine, il organise des soirées musicales. Haendel y fréquente des musiciens de grand renom comme Arcangelo Corelli, Antonio Caldara et le jeune Paolucci, reconnu comme la plus belle voix en Europe. Les soirées musicales chez le cardinal Ottoboni sont une pépinière de talents. On peut entendre de la belle musique, et déguster des glaces et des boissons délicates. Un de ses protégés, le castrat Andrea Adami, deviendra maître des chœurs pontificaux de la Chapelle Sixtine.

Continuez le voyage dans la Rome des XVIIe et XVIIIe siècle avec l’émission Voyages d’Axelle Thiry

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