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Quelques épisodes de la vie amoureuse de Mozart, Bach et Liszt

Axelle Thiry nous raconte quelques épisodes heureux – et moins heureux – de la vie amoureuse de compositeurs illustres tels que Mozart, Bach ou encore Liszt.

Quand le jeune Mozart demandait en mariage la future reine Marie-Antoinette

On dit que la première demande en mariage de Mozart date de son enfance. Le jeune Wolfgang est invité à la Cour d’Autriche, et il y rencontre la future reine Marie-Antoinette. On raconte que Mozart aurait glissé sur le parquet et que Marie-Antoinette serait venue à son secours. Mozart lui aurait alors dit : "Vous êtes bien bonne, c’est pourquoi je veux vous épouser". Il aurait précisé à la mère de Marie-Antoinette : "Elle a été si bonne pour moi, tandis que ses sœurs me regardaient sans bouger." Ce n’est qu’une légende… Mais ce qui est très probable, c’est que Marie-Antoinette se soit émerveillée devant le génie du jeune Mozart…

Aloysia Weber, muse de Mozart

Quand il a une vingtaine d’années, Mozart se sent prisonnier de l’atmosphère étouffante de Salzbourg où il est Konzertmeister auprès de l’archevêque Colloredo. Il rêve de liberté. Il veut trouver sa place, conquérir l’Europe. Et il va quitter Salzbourg pour faire un long voyage. Il ira d’abord à Munich, Mannheim, et puis Paris. Au cours de ce voyage, en janvier 1778, Mozart est invité par un ami chez la princesse d’Orange aux Pays-Bas. Comme elle aime le chant, Mozart lui apporte quatre petites arias. Pendant ce voyage, il est accompagné par une toute jeune fille qui est déjà une excellente cantatrice, Aloysia Weber. Dans le salon aux boiseries vert et or, Mozart accompagne ses mélodies confiées à la voix enchanteresse d’Aloysia. Bientôt, il composera des airs pour elle. Mozart a le cœur généreux. Il veut aider Aloysia Weber. Il envisage de faire une tournée avec elle en Italie pour lui donner l’occasion de débuter une carrière dramatique. Il ne pense plus du tout à la sienne. Quand Leopold Mozart apprend les nouveaux projets de son fils, il voit rouge. Il était prévu que Wolfgang aille à Paris et pas en Italie. Leopold s’est beaucoup affairé et endetté pour préparer le long voyage de son fils et il faut qu’il rapporte ! Mozart se résigne. Encore quelques arias, quelques moments délicieux, et puis il faut partir. Le 14 mars 1778, Mozart prend la route de Paris, avec sa mère, qui l’accompagne pendant ce voyage. Le jeune Mozart a déjà écrit des œuvres magistrales, comme un concerto qu’il a dédié à Melle Jeunehomme, une pianiste parisienne de passage à Salzbourg.

Quand Mozart arrive dans la capitale française, il tombe en plein dans la grande querelle musicale qui divise les Gluckistes et les Piccinistes. La nouvelle tragédie musicale de Gluck, contre l’opéra italien représenté par Piccini. La bataille fait fureur dans les milieux musicaux. Mozart s’abstient de prendre parti. Paris est tout occupé à la querelle entre les Gluckistes et les Piccinistes, et elle ne perçoit pas bien l’ampleur du génie d’un jeune Autrichien venu à sa rencontre. De Paris, Mozart écrit à Aloysia : "Mon âme n’est pas en repos et ne le sera jamais tant que je n’aurai pas la certitude que l’on a rendu justice à votre talent. Plus encore, je ne serai véritablement heureux que le jour où je pourrai vous revoir et vous embrasser de tout mon cœur. Je vous en prie, écrivez-moi souvent. Vous ne pouvez imaginer la joie que me procurent vos lettres. Vous savez que tout ce qui vous touche m’intéresse au plus haut point. Là-dessus Addio Carissima amica, j’attends ardemment une lettre de vous."

Entretemps, la chance sourit à Aloysia qui est engagée à Munich. Le jour de Noël, Mozart rejoint Munich et il se dirige vers la seule maison qui l’intéresse dans la ville : celle des Weber. Il s’attend à être reçu avec effusion mais l’atmosphère n’est pas aussi cordiale que d’habitude. On dit qu’il y a un homme près d’Aloysia, qui lui parle d’assez près. Aloysia a changé d’attitude envers Mozart. Quand il raconte qu’il a voyagé avec un évêque, elle se moque de lui, et elle lui demande s’il l’a engagé comme valet de chambre. En guise de réponse, Mozart remet dignement à Aloysia l’air qu’il a composé pour elle. Elle prend le rouleau et le pose sur le clavecin. Alors, Mozart, dans un beau geste de colère douloureuse, s’assied devant le clavier et entonne une chanson presque ordurière sur le thème : "Je laisse volontiers la jeune fille qui ne me veut pas." Puis il se lève, rabat le couvercle de l’instrument et sort sans dire un mot. L’aria qu’il avait composé pour Aloysia n’est autre que l’admirable Popoli di Tessaglia (K 316).

Quand il a une vingtaine d’années, Mozart se sent prisonnier de l’atmosphère étouffante de Salzbourg où il est Konzertmeister auprès de l’archevêque Colloredo. Il rêve de liberté. Il veut trouver sa place, conquérir l’Europe. Et il va quitter Salzbourg pour faire un long voyage. Il ira d’abord à Munich, Mannheim, et puis Paris. Au cours de ce voyage, en janvier 1778, Mozart est invité par un ami chez la princesse d’Orange aux Pays-Bas. Comme elle aime le chant, Mozart lui apporte quatre petites arias. Pendant ce voyage, il est accompagné par une toute jeune fille qui est déjà une excellente cantatrice, Aloysia Weber. Dans le salon aux boiseries vert et or, Mozart accompagne ses mélodies confiées à la voix enchanteresse d’Aloysia. Bientôt, il composera des airs pour elle. Mozart a le cœur généreux. Il veut aider Aloysia Weber. Il envisage de faire une tournée avec elle en Italie pour lui donner l’occasion de débuter une carrière dramatique. Il ne pense plus du tout à la sienne. Quand Leopold Mozart apprend les nouveaux projets de son fils, il voit rouge. Il était prévu que Wolfgang aille à Paris et pas en Italie. Leopold s’est beaucoup affairé et endetté pour préparer le long voyage de son fils et il faut qu’il rapporte ! Mozart se résigne. Encore quelques arias, quelques moments délicieux, et puis il faut partir. Le 14 mars 1778, Mozart prend la route de Paris, avec sa mère, qui l’accompagne pendant ce voyage. Le jeune Mozart a déjà écrit des œuvres magistrales, comme un concerto qu’il a dédié à Melle Jeunehomme, une pianiste parisienne de passage à Salzbourg.

Quand Mozart arrive dans la capitale française, il tombe en plein dans la grande querelle musicale qui divise les Gluckistes et les Piccinistes. La nouvelle tragédie musicale de Gluck, contre l’opéra italien représenté par Piccini. La bataille fait fureur dans les milieux musicaux. Mozart s’abstient de prendre parti. Paris est tout occupé à la querelle entre les Gluckistes et les Piccinistes, et elle ne perçoit pas bien l’ampleur du génie d’un jeune Autrichien venu à sa rencontre. De Paris, Mozart écrit à Aloysia : "Mon âme n’est pas en repos et ne le sera jamais tant que je n’aurai pas la certitude que l’on a rendu justice à votre talent. Plus encore, je ne serai véritablement heureux que le jour où je pourrai vous revoir et vous embrasser de tout mon cœur. Je vous en prie, écrivez-moi souvent. Vous ne pouvez imaginer la joie que me procurent vos lettres. Vous savez que tout ce qui vous touche m’intéresse au plus haut point. Là-dessus Addio Carissima amica, j’attends ardemment une lettre de vous."

"J’ai vraiment un cœur trop sensible"

Entretemps, la chance sourit à Aloysia qui est engagée à Munich. Le jour de Noël, Mozart rejoint Munich et il se dirige vers la seule maison qui l’intéresse dans la ville : celle des Weber. Il s’attend à être reçu avec effusion mais l’atmosphère n’est pas aussi cordiale que d’habitude. On dit qu’il y a un homme près d’Aloysia, qui lui parle d’assez près. Aloysia a changé d’attitude envers Mozart. Quand il raconte qu’il a voyagé avec un évêque, elle se moque de lui, et elle lui demande s’il l’a engagé comme valet de chambre. En guise de réponse, Mozart remet dignement à Aloysia l’air qu’il a composé pour elle. Elle prend le rouleau et le pose sur le clavecin. Alors, Mozart, dans un beau geste de colère douloureuse, s’assied devant le clavier et entonne une chanson presque ordurière sur le thème : "Je laisse volontiers la jeune fille qui ne me veut pas." Puis il se lève, rabat le couvercle de l’instrument et sort sans dire un mot. L’aria qu’il avait composé pour Aloysia n’est autre que l’admirable Popoli di Tessaglia (K 316).

Mozart s’enferme chez lui. Le lendemain, il s’installe dans la maison d’un flûtiste, Becke, et il reste prostré pendant quatre jours. Il écrit à son père : "Je réserve tout ce que j’ai à vous dire pour le jour où j’aurai la joie et le bonheur de vous parler de nouveau de vive voix, car aujourd’hui, je ne puis faire autre chose que pleurer ; j’ai vraiment un cœur trop sensible".

On ne peut s’empêcher d’entendre une confidence de ce cœur blessé dans l’Andante de la Symphonie concertante que Mozart composera vers l’automne 1779. Même si le but n’est pas de chercher un parallélisme entre les passions d’un artiste et ses œuvres. Surtout chez Mozart. Il a traversé des périodes particulièrement dramatiques, mais cela ne l’empêchait pas de composer des œuvres illuminées de cette joie transparente et miraculeuse qui n’appartient qu’à lui.

En janvier 1779, Mozart revient à Salzbourg… Il reprend douloureusement son service auprès de Colloredo. Il est plein d’amertume. Heureusement, il reçoit la visite d’une cousine qu’il aime beaucoup, Anna Maria Thékla. Mozart lui écrit des lettres tendres et pleines de fantaisie, souvent aussi grivoises. En voici un extrait : "Je pourrai vous complimenter dans votre propre noble personne, vous baiser les mains, vous embrasser, vous flanquer des claques, vous chatouiller devant et derrière, vous payer par le menu tout ce que je vous dois." Un jour, Leopold Mozart avait mis son fils en garde contre le danger de devoir épouser une des filles avec lesquelles il badinait. Wolfgang avait répondu que s’il avait dû se marier avec toutes celles auxquelles il faisait la cour, il aurait aujourd’hui plus de 200 femmes. On est encore loin des 1003 de Don Juan et ce n’est sans doute qu’une boutade. Mozart n’est pas un séducteur, acharné à de nouvelles conquêtes. Il a d’ailleurs trop à faire avec sa musique. Et puis Mozart est naturel, sincère, et il a un cœur noble. La cousinette partie, Salzbourg retombe dans la monotonie. Heureusement, il y a la musique…

Suivez les aventures amoureuses de Bach et Liszt dans l’émission "Voyages" d’Axelle Thiry

Programmation musicale

Wolfgang Amadeus MOZART - Le premier mouvement de la Sonate pour piano n°6 en ré mineur K 284. Maria Joao Pires. DG 4775200.

Wolfgang Amadeus MOZART - Le deuxième mouvement du Concerto pour piano n°9 en mi bémol, K 271. Alfred Brendel & Academy of St Martin-in-the-fields. Philips.

Wolfgang Amadeus MOZART - L’air Popoli di Tessaglia, K. 316. Nathalie Dessay et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon Dir. Theodor Guschlbauer. EMI 7243 4 76855 2.

Wolfgang Amadeus MOZART - Les deux derniers mouvements de la Symphonie concertante pour violon et alto. Renaud Capuçon et Antoine Tamestit et Scottish Chamber Orchestra sous la direction de Louis Langrée. . Virgin Classics 5021122.

Jean-Sébastien BACH - Les deux derniers mouvements du Concerto en ré mineur BWV 974. Vikingur Olafsson. DG 4835022.

Jean-Sébastien BACH - Kyrie et Gloria de la Messe brève en la majeur BWV 234. L’Ensemble Pygmalion sous la direction de Raphaël Pichon. Alpha 816.

Franz LISZT - Le premier mouvement de la Sonate pour piano en si b mineur. Daniil Trifonov. DG 4791728.

Franz LISZT - Le deuxième mouvement du Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur S 124. Alice Sara Ott & l’Orchestre Philharmonique de Munich, sous la direction de Thomas Engelbrock. DG 002894778779.

Franz SCHUBERT - Auf dem Wasser zu singen D 774. Matthias Goerne & Helmut Deutsch. HM 902109.

Franz LISZT - Vallée d’Obermann. Arcadi Volodos. SK 88697065002.

Production et présentation : Axelle THIRY

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