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La marche et les promenades dans la nature, puissantes sources d’inspiration pour les compositeurs

À l’occasion de la grande opération de solidarité des 100km connectés de Cap48, Axelle Thiry vous propose une émission Voyages consacrée au thème de la marche. Les promenades, souvent dans la nature, peuvent être source d’émerveillement et aussi d’inspiration pour les compositeurs.

Beethoven : "Aucun homme ne pourra aimer la nature autant que moi"

Beethoven aime marcher dans la nature. Ses promenades lui donnent une formidable énergie. Il y trouve aussi un stimulant pour sa propre création. Il a le sentiment de communier avec ce foisonnement végétal, avec le renouvellement des saisons. Beethoven trouve dans cette création continuelle du monde, dans ce jaillissement perpétuel, un écho à sa propre créativité. Il confiait : "Aucun homme ne pourra aimer la nature autant que moi." En 1818, le peintre August von Kloeber fait son portrait. Le peintre aime aussi s’enfoncer dans la forêt et il lui arrive de croiser le compositeur. Voici comme il le dépeint dans ses souvenirs : "Dans mes promenades à Mödling, je rencontrai plusieurs fois Beethoven, et c’était très curieux de le voir, son papier à musique et un bout de crayon dans les mains, s’arrêtant souvent comme s’il écoutait, regardant en haut, en bas, puis traçant des notes sur son papier. J’avais été prévenu de ne jamais l’aborder ou faire attention à lui, quand je le rencontrerais ainsi, car il serait gêné ou même désagréable. Une fois que je me promenais dans la forêt, je le vis en face de moi, de l’autre côté du chemin creux qui nous séparait, grimpant sur une hauteur, son chapeau de feutre gris à larges bords serré sous son bras ; arrivé en haut, il s‘étendit de tout son long sous un pin et regarda longuement le ciel." En septembre 1824, Beethoven rejoint aussi les environs de Vienne pour se régénérer au contact de la nature. Il est à Baden. Il achève son 12e quatuor.

Quand Bach se rendit à Lübeck à pied

En 1705, Jean-Sébastien Bach est un jeune homme de 20 ans. Il est organiste à Arnstadt. Comme l’écrit Gilles Cantagrel, "il a déjà acquis la meilleure formation au violon, aux claviers et en composition, mais il lui manque encore d’avoir développé ses connaissances à l’écoute d’un maître, et pourquoi pas, du plus grand de tous". Il semble bien que ce soit Jean-Sébastien Bach qui ait pris l’initiative du voyage à Lübeck, pour rencontrer Buxtehude. Il souhaite approfondir sa connaissance de la musique. A cette époque, Buxtehude est considéré comme le plus grand musicien, compositeur et organiste de l’Europe du Nord. C’est donc vers lui que Jean-Sébastien se dirige. Pendant l’automne 1705, Jean-Sébastien Bach demande et obtient l’autorisation de ses supérieurs, de se rendre à Lubeck. La permission est accordée, pour 4 semaines. Bach partira 4 mois… ce qui lui causera quelques soucis à son retour…

Ce voyage, il le fait à pied. Il parcourt quatre cents kilomètres aller, et autant au retour. Bach prépare son départ, et il demande à son cousin Johann Ernst de le suppléer en son absence. On pense généralement que Jean-Sébastien s’est mis en route au milieu du mois d’octobre 1705. On ignore tout de ce qui s’est passé à Lübeck. Aucun document ne nous l’apprend. En plus, la guerre a mutilé la ville en 1942, et détruit des archives. Mais ce qui est sûr, c’est que l’influence de Buxtehude est grande sur le génie de Bach et qu’il a dû se produire là, quelque chose d’essentiel.

Brahms au retour d’une promenade en forêt, possédé par l’inspiration

Il existe un témoignage d’un ami et biographe de Brahms, Kalbeck, qui décrit Brahms au retour d’une promenade en forêt, possédé par l’inspiration : " Il faisait une chaude matinée de juillet, je m’étais levé très tôt et j’étais parti dans la campagne. A un moment donné je vis surgir de la forêt un homme que je pris pour un paysan. Je reconnus dans le personnage Johannes Brahms. Mais dans quel état et dans quel accoutrement ! Nu tête, en bras de chemise, … son chapeau dans une main, il tirait de l’autre sa veste qui traînait derrière lui dans l’herbe. Il avançait aussi vite qu’il pouvait, comme poursuivi par quelque ennemi invisible. De loin déjà, j’entendais son souffle précipité. Lorsqu’il se rapprocha, je vis que la sueur coulait de sa chevelure en désordre et ruisselait sur ses joues. Les yeux, hors de la tête, fixés dans le vide, brillaient comme ceux d’un fauve – il avait l’aspect d’un fou. Avant que j’aie eu le temps de me remettre de ma stupeur, il était passé à côté de moi, me frôlant presque. Je compris aussitôt qu’il eût été maladroit de l’interpeller : le feu de la création le brûlait. Je n’oublierai jamais l’impression de puissance élémentaire que cette apparition provoqua en moi. "

Suivez le chemin d’autres grands compositeurs dans l’émission Voyages d’Axelle Thiry.

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