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"Vous verrez, ce sera quelqu’un"

La jeunesse d'Astor Piazzolla, de Mar del Plata à New York

Le jeune Piazzolla à New York © fundacioncarlosgardel.org

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Le 11 mars 1921, dans la petite ville de Mar del Plata, au bord de l’océan, en Argentine, Astor Piazzolla vient au monde à 2h du matin. Son père, Vicente Piazzolla est mécanicien. Il joue de l’accordéon, il raffole des courses de moto. La mère d’Astor, Asunta Manetti, est coiffeuse. Quelques jours après la naissance d’Astor son père disait :

Vous verrez, ce sera quelqu’un. N’oubliez pas ce que je vous dis. Mon fils sera quelqu’un.

Astor Piazzolla est né avec un pied-bot du côté droit. Il en souffrira pendant les trois premières années de sa vie. Il doit supporter une structure d’acier sur le pied et il subit des opérations et des hospitalisations.

Il racontera plus tard : "Je n’ai pas oublié les jours et les mois passés à l’hôpital, les opérations, la souffrance… Le pire, c’était la nuit, parce que je restais seul. Quand maman partait, je criais, je voulais rentrer à la maison. Je pense que tout cela a aussi renforcé le désir qu’avait mon père de me voir devenir quelqu’un. Il voulait que je surmonte le sentiment d’insécurité que j’avais à cause de mon pied. Il ne voulait pas que je reste en arrière, ni que je sois solitaire et complexé. Il a donc décidé que je ferais tout ce qu’on m’interdirait de faire. On m’interdisait de nager ? Il m’ordonnait de nager. On m’interdisait de courir ? Il m’ordonnait de courir. C’était comme ça pour tout y compris la musique. Il voulait que je réussisse, que je sois différent, et il s’est tué au travail pour ça. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est que moi aussi, je voulais me distinguer et faire tout ce qui m’était défendu. Moi aussi, je voulais dominer et franchir les obstacles. Le jour de ma naissance, mes parents ont décidé de se consacrer entièrement à moi, comme si j’avais été une perle rare, un diamant."

Des débuts difficiles à New York

Les affaires de Vicente Piazzolla vont mal et il décide de tenter sa chance à New York. Astor n’a que 4 ans quand ses parents y déménagent. Ils s’installent à Greenwich Village. Les débuts sont difficiles. Astor confie : "Tout était pauvre dans la huitième rue. Pauvre et triste. Violent aussi. Les pauvres de là-bas étaient comme des chats. Calmes et silencieux au début. Mais la misère travaille les gens. C’était un quartier violent parce qu’il y avait de la faim et de la colère. J’ai grandi au milieu des bagarres entre bandes rivales, des vols, des meurtres. Quoi qu’il en soit, la Huitième rue est " ma " rue. J’y ai fait mes premières bêtises, c’est là que j’ai eu mes premières bagarres et que j’ai lancé mes premiers défis. Il dit aussi : " La Huitième rue, New York, Elia Kazan, Gershwin, Sophie Tucker qui chantait dans un théâtre à deux pas de chez nous… Tout cela avec en plus la violence et ce côté trouble, impressionnant qui caractérise New York, tout cela est dans ma musique, dans ma vie, dans ma manière d’être, dans mes réactions. J’ai grandi en donnant des coups et en me défendant. "

Son père, Vicente Piazzolla travaille pour un certain Nicola Scabutiello, qui tient, en plus de son salon de coiffure, des salles de billards et de jeux de hasard, plus ou moins en lien avec la mafia. Et Asunta, la mère d’Astor, travaille dans un atelier de textile. Les Piazzolla sont pauvres, mais ils se changent les idées, notamment en participant à des fêtes dans le quartier des Italiens… On y fait de la musique. Vicente joue de la guitare et de l’accordéon diatonique. Les parents d’Astor se font aussi un peu d’argent en préparant du whisky et du vermouth dans la baignoire, avec un long tuyau de caoutchouc et des épluchures d’orange. Il faut être discret… Ils sont en pleine prohibition. Parfois à la radio, on entend le grand chanteur Carlos Gardel, que le jeune Piazzolla rencontrera plus tard.

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Astor à New York, avec ses parents, Vincente et Asunta © fundacioncarlosgardel.org

"Etudie le bandonéon !"

La mère d’Astor ouvre un salon de coiffure pour dames. Elle a beaucoup de clientes. Elles ont de l’affection pour Astor. Elles lui demandent parfois de petits services, et par exemple faire quelques courses. Il y en a une qui l’envoie acheter des parfums. Une autre qui lui demande d’allumer les bougies à la synagogue pendant que sa mère lui teint les cheveux. Elle lui donne un dollar, une petite fortune. Quand il a 8 ans, Astor reçoit son premier bandonéon. Son père l’a acheté chez un brocanteur. Il est très déçu. Ce dont il rêvait, c’est d’une paire de patins à roulettes. Rien à voir avec ce bandonéon. Astor dira plus tard que c’est comme s’il avait reçu un ventilateur. Ce qu’il aime, c’est jouer de l’harmonica et il s’intéresse au jazz. Mais son père l’envoie au diable avec son harmonica. Il dit à Astor : Etudie le bandonéon ! Mais Astor déteste cette musique, il la trouve triste et mélancolique… Vicente est têtu. Il cherche maintenant un professeur de bandonéon pour son fils féru de jazz…

Asunta trouve une professeure de musique pour Astor, mais il n’est pas très assidu. Il préfère la rue. Son père trouve alors un musicien italien, qui enseigne le solfège, la mandoline et le violon. C’est mieux que rien. Astor lui rend visite tous les soirs à 21h, et après le cours de musique, on passe à table. Astor est envoûté par les parfums de la cuisine italienne, il s’y intéresse et son professeur lui répond : "Un peu d’huile d’olive, ensuite un peu d’ail. Quand l’ail est doré, tu mets la tomate avec un peu de basilic. Et les spaghettis, al dente !" Astor n’apprend pas grand-chose sur le plan musical, il confiera qu’il s’est efforcé "de découvrir le fonctionnement de mon instrument, persuadé que ses boutons délivreraient sous mes doigts tous ses secrets…" Au début des années 30, les Etats-Unis subissent une grave crise économique. Les parents d’Astor décident de retourner à Mar del plata, où ils ouvrent un salon de coiffure. Astor est très malheureux. On l’a enlevé de son univers… Il doit réapprendre l’espagnol. On se moque de lui parce qu’il est gaucher, et on le traite de clown à cause de ses habits américains… Alors il se plonge dans la musique. Elle est son oxygène. Il suit des cours avec un bandonéoniste, Libero Paoloni qui lui apprend surtout comment interpréter et ressentir le tango.

Découverte de Bach

Malheureusement, les affaires de la famille ne fonctionnent pas bien. C’est le désastre financier et les parents d’Astor décident de revenir à New York. Astor Piazzolla renoue avec la rue. Il gagne même un peu de sous, avec un ami. Willy cire les chaussures des clients, et Astor s’occupe du spectacle. Il danse et il joue de l’harmonica. Après le show, on passe le chapeau. Astor raconte : "J’étais une fusée. J’avais une joie débordante. J’étais heureux à la maison et en dehors". Quand il joue du bandonéon, son père est profondément ému. Il initie aussi Astor à la boxe, un sport qu’il adore. Et il veut que son fils sache se défendre. Il lui dit "N’attends jamais qu’on te frappe. Frappe en premier". Bientôt, Astor Piazzolla va faire une des rencontres les plus marquantes de sa vie. Il entend de la musique qui vient d’un appartement voisin. C’est Bela Wilda qui habite là, un ancien élève de Serge Rachmaninov. Astor est comme hypnotisé.

Bela Wilda étudie presque neuf heures par jour… et notamment trois heures qu’il consacre à la musique de Jean-Sébastien Bach. Wilda est aussi pauvre que les Piazzolla et ils échangent des cours de musique contre des plats de cannelloni. Une amitié profonde se crée entre les deux familles. Astor Piazzolla raconte : "Avec lui, j’ai appris à aimer Bach, à ne pas considérer la musique comme un simple exercice mais à l’appréhender avec passion. J’ai connu le véritable amour de la musique, au milieu des difficultés, de la faim, des fuites d’eau de la toiture, du froid… Je jouais sans arrêt. J’avais entrepris de transcrire Bach au bandonéon. Cela me demandait beaucoup d’efforts, mais j’y parvenais mieux, chaque jour… J’avais complètement oublié le tango." Quant à Bela Wilda, il comprend suffisamment le fonctionnement du bandonéon pour réaliser des arrangements et des transcriptions de thèmes classiques, et notamment des œuvres de Bach.

En 1933, après la dépression, la situation économique est très éprouvante… À 12 ans, Astor travaille déjà un peu, il joue pour une radio, notamment des fugues de Bach, mais aussi des sonates de Mozart. On l’appelle parfois Lefty, le gaucher, l’enfant prodige, le fils unique. Il confie : "J’étais un petit morveux. La seule chose qui m’intéressait était de me détacher, de me mettre en avant. Je ne sais pas si c’était par vanité. J’avais besoin de me sentir important. Très peu de mes amis savaient que j’aillais jouer à la radio et encore moins que je jouais du bandonéon."

Carlos Gardel, la rencontre déterminante

On annonce l’arrivée d’une star à New York. Carlos Gardel… Il est peut-être le chanteur de tango le plus célèbre de tous les temps. Le père d’Astor l’admire beaucoup. Il réalise une statue en bois pour lui, qui représente un gaucho avec une guitare, et il demande à son fils Astor d’aller la lui porter. Quand Carlos Gardel apprend que le garçon est argentin, il se laisse gagner par l’émotion. Il prépare un petit-déjeuner pour lui et il lui offre une photo. Astor confie : "Carlos Gardel ne voulait pas croire que je jouais du bandonéon. La première fois qu’il m’a entendu, il s’est approché de moi, hilare, et il m’a dit : Ecoute petit, tu joues du bandonéon de manière phénoménale. Par contre, le tango, tu le joues comme un Galicien !" A cette époque, Astor préfère de loin les sons noirs américains. Il avoue à Carlos Gardel qu’il ne comprend toujours pas le tango. Et Gardel lui répond : "Quand tu le comprendras, tu ne le quitteras plus."

Carlos Gardel reste plusieurs mois à New York. Astor le guide dans cette ville qu’il connaît comme sa poche. Il l’accompagne pour acheter des vêtements dans les meilleurs magasins, Gardel est très exigeant sur ce point. Le chanteur adore l’opéra, et il demande au jeune Astor de lui jouer quelques thèmes classiques au bandonéon. Plus tard, Carlos Gardel fera jouer Astor dans son film, El dia que me quieras… Il enregistre aussi la musique du film avec lui. Un jour, le pianiste de Carlos Gardel ne peut accompagner le chanteur. Le piano est trop désaccordé. Il confie la tâche au jeune Astor. Voilà une très grande responsabilité. Accompagner"ce monument de la musique et de la chanson". Carlos Gardel est ravi. Il propose même à Astor de l’accompagner pendant ses voyages à l’étranger mais ses parents refusent. Ils le trouvent trop jeune… Quelques jours plus tard, le 24 juin 1935, Gardel trouve la mort à 44 ans dans un accident d’avion.

Astor a fini ses études élémentaires, mais il passe de collège en collège et se fait toujours expulser. Astor, on le respecte, mais on le redoute un peu aussi. Astor confie : "J’aime toujours rire, me faire remarquer de quelque façon que ce soit. A la maison, je suis bon, mais dans la rue, je me bats toutes les cinq minutes". Et son père continue à l’encourager : "Vas-y, Cogne ! Il est plus grand que toi mais tu es le plus fort !" Astor fait partie d’une bande redoutée, celle des Italiens. Il ne s’agit pas d’être une poule mouillée. Ils se battent entre bandes rivales et ce sont de vraies bagarres… Astor écrira plus tard : "Je me suis pratiquement construit entièrement là-bas, à New York. J’ai toujours été un type audacieux. Je n’ai jamais eu peur de rien, sans doute à cause de mes fréquentations, car j’ai côtoyé dans cette ville un monde assez sinistre, surtout quand j’étais enfant, le monde de la rue, l’époque d’Al Capone, de la prohibition. J’ai appris à m’affronter avec trois ou quatre personnes en même temps."

Dans le domaine musical aussi, Astor confie qu’il a toujours fait ce qu’il a voulu faire sans avoir peur… Et un jour, cela aurait pu mal tourner. Astor convoitait un harmonica dans un magasin, et comme il décide de le voler avec l’aide d’un ami. Ils se font prendre par une agente de police, mais ils arrivent à s’enfuir et à s’accrocher à l’arrière d’un camion.

Des débuts à la radio et dans les cabarets

Astor est très encouragé par son père à se faire connaître comme musicien malgré son jeune âge. Il passe à la radio, il parle du tango et il présente quelques-unes de ses compositions. À 14 ans, Astor suit des cours d’harmonie. L’année suivante, il commence à jouer en public, dans des cabarets et des théâtres. Il confie : "Quand à 15 ans, on est applaudi sur scène par un public nombreux, on a l’impression d’être Dieu." Dans les journaux, on parle déjà du prodige arrivé des pampas argentines. Mais quand Astor a 16 ans, ses parents décident de quitter New York pour retourner vivre à Mar del Plata. Astor a laissé tous ses copains, toute sa vie à New York. Et il étouffe. Il fait tout ce qu’il peut, il forme un ensemble, il fait des arrangements… Il improvise sur des musiques de jazz… Il joue Bach, Gershwin mais il manque d’enthousiasme et il a du mal à trouver sa voie. Des années plus tard, il confiera à sa fille :

Je suis sûr que si mon père m’avait offert un saxophone au lieu d’un bandonéon, aujourd’hui je serais un grand saxophoniste.

"Ça y est, j’ai attrapé le virus du tango"

Le 14 mai 1938, Astor Piazzolla, qui a 17 ans, entend à la radio le sexteto d’Elvino Vardaro. Il est subjugué. Il confie "Quand je l’ai écouté, je suis devenu fou et je me suis dit : Je veux faire ça." Plus tard, Vardaro deviendra le violoniste de l’ensemble d’Astor Piazzolla. Astor forme le Cuarteto Azul. Il dit : "ça y est, j’ai attrapé le virus du tango. Et comme j’ai beaucoup à apprendre, je vais toutes les nuits écouter un orchestre. C’est là que je fais la connaissance du bandonéoniste Sanchez Gorio. C’est comme si j’avais rencontré Dieu. Je passe alors de longues heures avec lui à parler tangos, orchestres, bandonéon. Je ne sais pas si je joue bien ou mal. Je ne suis pas sûr de moi. Je suis timide. Pourtant, je dois me lancer, me présenter pour jouer dans un orchestre."

Astor va voir tous les orchestres de Buenos Aires de passage à Mar del plata. Il parle avec les musiciens. Il est passionné, il a des idées rares et très originales. Il apporte des arrangements… Un jour, il rencontre le pianiste et chef d’orchestre Luis Savastano qui est émerveillé par son talent.

C’est un phénomène et il n’a que 17 ans.

Il engage Astor comme troisième bandonéon dans son orchestre. Astor Piazzolla décide de tenter sa chance à Buenos Aires. Il partage une chambre avec un autre bandonéoniste, Libero Paoloni, son ancien professeur, qui raconte : "Astor étudiait sans arrêt. C’était un compagnon de chambre agréable, joyeux, farceur et très naïf face à ce monde. Il allait souffrir, je le lui disais. A cause de son caractère, de sa façon d’être. Il était rebelle, rêveur. Et têtu avec ça ! Comme une mule ! Il voulait arriver, être quelqu’un d’important et de différent." Les débuts à Buenos Aires sont difficiles. Mais un jour, Astor entend un formidable orchestre, dirigé par un certain Troilo… Astor vient les écouter tous les jours. Et quand un bandonéoniste est absent, il saute sur l’occasion. Il joue si bien devant Troilo qu’il est tout de suite engagé. Il est si content que son talent soit reconnu qu’il lui joue aussi la Rhapsodie in blue de Gershwin. Mais on lui fait comprendre qu’il peut laisser cela aux Nord Américains.

Piazzolla devient bandonéoniste. Un bandonéoniste incendiaire. Il a envie de changer ce genre musical. Comme l’écrivent Sébastien Authemayou et Marielle Cars, il ne le sait pas encore, mais cette quête sera celle de toute sa vie, une vie à contre-courant, contre vents et marées… Astor rencontre aussi une jeune fille, Dédé Wolff. Ils se fiancent le 19 octobre 1940, un mois après leur rencontre. Elle a 18 ans, elle étudie la peinture et elle lui fait découvrir les nouveaux du cubisme, le surréalisme et l’abstraction. Et puis un jour, Arthur Rubinstein est de passage à Buenos Aires, le jeune Piazzolla se précipite chez lui pour lui montrer ses partitions. Rubinstein l’invite à s’asseoir, et il examine les partitions que lui tend le jeune homme. Il dit à Astor : "Jeune homme, vous avez des dispositions, ça c’est sûr. Voulez-vous étudier sérieusement ? Ce serait vraiment dommage de ne pas faire fructifier votre talent. " Il ajoute : " Etudiez, étudiez chaque jour de votre vie. Ce n’est que comme cela que vous réussirez à exprimer avec la musique tout ce que vous sentez. " Et il le recommande à Alberto Ginastera, qui deviendra l’un des plus illustres compositeurs latino-américains du XXe siècle.

Les Danses Argentines d’Alberto Ginastera, interprétées par Martha Argerich. La double vie de Piazzolla commence. Ses nuits sont pour le tango. Il joue dans un orchestre de tango dans les night-clubs. Et le jour, il se plonge dans les partitions de musique classique et il suit les cours de Ginastera. Il raconte : " Chez Ginastera, tout était silence, lumière, odeur de thé dans la salle à manger. Sur un ton sacerdotal Ginastera m’a appris la composition, l’orchestration, l’harmonie, la théorie. Surtout ma façon d’aborder la composition. Il a éveillé en moi le goût de la lecture, de la peinture, du cinéma et du théâtre. Il disait qu’un musicien doit avoir des connaissances dans tous les domaines… que la musique est un art complet. " Astor se passionne aussi pour la littérature. Il lit Baudelaire, Verlaine, et Thomas Mann. Il confie : " Mon aversion pour le cabaret, et ses musiciens qui n’étudiaient pas, grandissait. Une lutte secrète s’était engagée. Ils déchiraient mes exercices, les tachaient, les faisaient disparaître. Ils me prenaient pour une sorte de démon, un type qui voulait leur faire du mal, alors qu’il n’en était rien. " Un jour, l’orchestre joue un des arrangements de Piazzolla, avec une introduction lente au violoncelle. Le public est stupéfait. Comment danser sur cette musique ? Piazzolla raconte : " Les couples s’arrêtèrent, comme paralysés. Certains s’approchèrent de l’estrade, pour écouter, d’autres firent demi-tour et s’en allèrent. Pendant le bal, ils ont sifflé, ils nous ont lancé toutes sortes d’objets. Le lendemain, on m’a demandé : " Alors comment ça s’est passé ? J’ai répondu : " C’est formidable ! Je suis devenu quelqu’un d’important. C’est tout juste si on ne nous lance pas les tables à la figure ! " Voici Mumuki, d’Astor Piazzolla, sous l’archet de Yo-Yo Ma.

Programmation musicale

Astor PIAZZOLLAVerano Porteno. Astor Piazzolla et son ensemble. RCA.

Astor PIAZZOLLAMilonga del Angel. Ensemble Soledad. Virgin classics 5455032.

Carlos GARDELSus ojos se cerraron.

Benny GOODMANBetween the devil and the deep blue sea. Benny Goodman Sextet.

Astor PIAZZOLLAOblivion. Gidon Kremer & Kremerata baltica. DG 4776534.

Serge RACHMANINOVLe premier mouvement du Concerto pour piano n°2 en do mineur. Daniil Trifonov & l’Orchestre de Philadelphie sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. DG 4835335.

Jean-Sébastien BACHLa Suite française n°5 en sol majeur BWV 816. Murray Perahia. DG 4796565.

Astor PIAZZOLLAMichelangelo ‘ 70. Ensemble Soledad. Virgin classics 5455032.

Astor PIAZZOLLATangos pour deux pianos. Karin Lechner & Sergio Tiempo. EMI 5629702.

Carlos GARDELEl dia que me quieras. Elina Garanca & Orquesta Filarmonica de Gran Canaria.

Toots THIELEMANSBluesette. Universal 533866-5.

John COLTRANEAll or Nothing at all. John Coltrane Quartet. Impulse !

Georges GERSHWINRhapsody in Blue (dans sa version jazz, orchestration de Ferde Grofé) . Stefano Bollani et Orchestre du Gewandaus sous la direction de Riccardo Chailly. DECCA 4782739.

Alberto GINASTERADanza del gaucho Matrero extrait des Danzas argentinas op 2. Martha Argerich. EMI 5549752.

Astor PIAZZOLLAMumuki. Yo-Yo Ma, Nestor Marconi, Antonio Agri, Horacio Malvicino, Hector Console, Gerardo Gandini. Sony 01063122 10.

Production et présentation : Axelle THIRY