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De Milan à Londres, Johan Christian Bach devient John Bach

Johann Christian Bach est né le 5 septembre 1735 à Leipzig. Il est le plus jeune des fils de Jean-Sébastien Bach. On surnommait Jean-Chrétien le "Bach de Milan" et le "Bach de Londres". Il vivra en Italie et en Angleterre, prenant le nom de Giovanni puis encore de John Bach.

Mon nom est Bach, John Bach

Après avoir suivi Johann Christian Bach en Italie, Axelle Thiry nous propose de suivre ses pas à Londres. Il a accepté la proposition de Colomba Mattei, d’être le compositeur du King’s Theater à partir de novembre 1762. Jean-Chrétien Bach quitte Milan, où il est organiste à la cathédrale, et il part pour Londres. En Angleterre, on l’appelle John Bach, et il est annoncé comme un maître de musique saxon…

Dès son arrivée à Londres, Jean-Chrétien Bach est plein d’enthousiasme. Il aimerait composer un opéra pour le théâtre. Mais quand il rencontre les acteurs avec qui il peut travailler, il est consterné. Il les trouve médiocres. Par contre, il rencontre une cantatrice italienne, Anna Lucia de Amicis, dont le talent est admirable… Jean-Chrétien Bach se met au travail et en février 1763, il présente son nouveau drame, Orione. C’est un succès. Chaque fois, l’opéra fait salle comble.

La musique de Jean-Chrétien Bach fait sensation à Londres. Charles Burney confie : "Tout critique musical y a perçu les signes évidents du génie tout au long de la représentation". Dans la salle, le roi et la reine assistent à la première représentation. George III et Sophie Charlotte de Mecklenburg-Strelitz apprécient tellement l’opéra qu’ils reviennent pour la seconde. Une entreprenante maison d’édition, la maison Walsh, décide de publier une collection d’airs favoris d’Orione, quelques semaines plus tard.

La vie à Londres, entre jalousie et soutien royal

La Signora Mattei qui avait engagé Jean-Chrétien Bach, décide de retourner en Italie. Elle est remplacée par deux autres Italiens, le chanteur Mingotti et le violoniste Giardini. Ils mettent fin à la collaboration avec Jean-Chrétien Bach et ils engagent un compositeur italien. La vie n’est pas toujours facile à Londres, au King’s theater. Les musiciens italiens ont longtemps régné en maîtres. Certains voient le succès d’un compositeur allemand avec jalousie…

On dit que Giardini n’est pas particulièrement ouvert à la culture allemande. On sait par exemple qu’il refusera de rencontrer Joseph Haydn pendant son séjour à Londres. Il l’appellera même ce "chien allemand". Haydn le lui rendra bien en écrivant dans son journal que Giardini joue comme un cochon. Et pourtant, Joseph Haydn est non seulement un génie, mais en plus un homme très aimable. Quand Charles Burney le rencontrera, il ne tarira pas d’éloge : "L’admirable et infaillible Haydn ! Dont les productions, au soir de ma vie, quand la plupart des autres musiques finissaient par me lasser, m’ont procuré un plaisir dépassant de loin tout ce que j’avais pu ressentir dans ma jeunesse ignorante et voluptueuse…" Burney confie, en avril 1791 : "J’ai passé la journée d’hier avec le cher, le grand, le bon Haydn, que j’aime toujours plus chaque fois que je le vois et que je l’entends."

Charles Burney organisera une soirée où on donnera la version quatuor des Sept Dernières Paroles du Christ.

John Bach est très apprécié en Angleterre. Le couple royal continue à soutenir leur "loyal et bien-aimé Bach". Voilà qui l’aide pour résister aux intrigues de ceux qui ont une dent contre les compositeurs allemands au King’s theater. Avec le soutien royal, John Bach y présente à nouveau ses œuvres dramatiques. Ses opéras remportent le succès. Il est engagé comme maître de musique de la Reine avec une pension de 300 livres, une situation que Jean-Chrétien va garder jusqu’à sa mort.

On dit que la Reine adore la musique. Pendant un voyage en bateau, elle doit affronter une tempête effroyable. Elle parvient à la supporter en jouant sans cesse sur son clavecin. On dit que la Reine Charlotte chante avec une voix douce et pure. Et Haydn en 1791 trouvera ses exploits au clavecin fort honorables pour une reine.

Jean-Chrétien Bach est aussi le professeur des enfants du couple royal, et ce n’est pas une mince affaire parce qu’ils sont dix. On dit que quand le peintre Gainsborough a réalisé leur portrait, il était fou d’admiration, à contempler pareille constellation de jeunes beautés. Certains ont un vrai talent, comme le Prince de Galles dont l’extraordinaire amour de la musique fera plus tard une impression très favorable sur Haydn.

John Bach et Mozart

En avril 1764, Jean-Chrétien Bach accueille un enfant prodige, Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de 8 ans, et sa sœur Nannerl. Il les fait entrer à Buckingham House. Jean-Chrétien tombe sous le charme de Wolfgang. Il est si doué. Ils jouent ensemble et ils se produisent aussi en public. Ils adorent inventer des jeux qui ravissent leur auditoire. Par exemple, Jean-Chrétien prend Wolfgang sur ses genoux et ils jouent ensemble au clavecin, ou alors ils se succédant au clavier, en jouant une mesure l’un, une mesure l’autre. Ou encore, ils improvisent une fugue. Jean-Chrétien propose un sujet, Mozart le complète. Plus tard, Mozart rendra hommage à Jean-Chrétien en citant l’un de ses ouvrages lyriques (l’ouverture de La Calamita dei cuori) dans l’Andante de son concerto en la majeur composé peu de temps après la disparition de Johann Christian.

Suivez les pas de Johann Christian Bach dans l’aristocratie britannique dans l’émission Voyages d’Axelle Thiry

Programmation musicale

Jean-Chrétien BACH - Un extrait de la Symphonie en fa majeur. L’Orchestre baroque de Fribourg sous la direction de Gottfried Von Der Goltz. Carus 83307.

Jean-Chrétien BACH - L’Ouverture d’Orione en ré majeur pour orchestre. The Academy of Ancient music sous la direction de Christopher Hogwood. L’oiseau-Lyre 4171482.

Joseph HAYDN - Extrait de la version Quatuor des Sept Dernières Paroles du Christ. Quatuor Emerson. DG 474 836 2.

Jean-Chrétien BACH - Le Concerto en si majeur pour clavecin et orchestre op 13/4. Raphaël Alpermann & Akademie für Alte Musik Berlin sous la direction de Stephan Mai. L’oiseau-Lyre 4171482.

Carl Philip Emanuel BACH - La Sonate en trio pour flûte, violon et continuo en si mineur Wq 143. Emmanuel Pahud, Lisa Batiashvili, Sebastien Klinger et Peter Kofler. DG.

Jean-Chrétien BACH - L’air " Cara, la dolce fiamma " extrait d’Adriano in Siria. Philippe Jarrousky, Jérémie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie. Virgin 65007453.

Wolfgang Amadeus MOZART - Les deux derniers mouvements du Concerto pour piano n°12 en la majeur K 414. Alfred Brendel et l’Academy of St Martin in the Fields sous la direction de Neville Marriner. Philips 4162702.

Carl Friedrich ABEL - L’Arpeggiata, prélude en ré mineur pour basse de viole. Jordi Savall. l Alia Vox 9803.

Johann STAMITZ - Le premier mouvement de la Sinfonia a Quattro en la majeur. New Dutch Academy sous la direction de Simon Murphy. PTC 5186028.

Jean-Chrétien BACH - A qui pourrai-je avoir recours extrait d’Amadis de Gaule. Mojca Erdmann & La Cetra Barockorchester Basel sous la direction d’Andrea Marcon. DG 4778979.

Jean-Chrétien BACH - Des extraits du Quatuor pour 2 flûtes, violon et violoncelle op 19 n°4. Camarata Köln. CPO 9995792.

Jean-Chrétien BACH - Extraits du Miserere. L’Akademie fur Alte Musiz Berlin-Rias Kammerchor sous la direction de Hans-Christoph Rademann. HM 902098.

Production et présentation : Axelle THIRY

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