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Beethoven, les années 1812-1816

Suivons Beethoven pendant les années 1812-1816, des années de lutte pour le compositeur. 

Eté 1812 à Toeplitz

Comme l’écrivent Jean et Brigitte Massin,  Ce mois de juillet 1812 à Toeplitz ne marque pas le sommet de la vie de Beethoven, car il n’y a pas de sommet dans cette vie continuellement employée à se surpasser elle-même, mais on peut dire qu’il en marque le paroxysme. C’est le mois de la lettre à l’immortelle bien-aimée, et de l’orageuse rencontre avec Goethe, le mois qu’un dramaturge classique aurait choisi pour y trouver, resserré, l’essentiel des explosions beethovéniennes."

En 1812, on trouve Beethoven plein de révolte et de courage. Il écrit à un ami en février, en faisant allusion à des difficultés notamment matérielles… 

"O ciel, aide-moi à le supporter. Je ne suis pas un Hercule qu’Atlas puisse aider à porter le monde, ou même qui le porte à sa place, ça ne durera plus longtemps – que je continue à vivre ici d’une façon honteuse. L’art, ce persécuté, trouve partout une Ville libre. Dédale, enfermé au Labyrinthe, a bien su inventer les ailes qui l’ont emporté en haut, dans les airs, ô moi aussi, je les trouverai, ces ailes ! "

Lettre à L'immortelle bien-aimée

Beethoven aime passer l’été dans les villages des environs de Vienne. En 1812, il suit les conseils son médecin, qui l’envoie faire une cure à Toeplitz, une ville d’eau en Bohême. Sa santé est parfois fragile et son médecin estime que cela lui fera le plus grand bien. Beethoven arrive à Toeplitz le 5 juillet, tôt le matin. Il cherche un logement, et le lendemain, il entame l’écriture de la célèbre lettre à l’immortelle bien-aimée, une femme dont l’identité reste mystérieuse.

► Beethoven, cœur d'artichaut à la vie amoureuse chaotique ! 

Rien n’est plus mystérieux que l’identité de l’immortelle bien-aimée. Ce qui est sûr, c’est qu’en ce mois de juillet 1812, comme l’écrivent Jean et Brigitte Massin, Beethoven est pris par un amour partagé mais sans doute impossible. Et qui lui apporte en même temps qu’une exaltation de joie, la nécessité de remettre en question son existence et le monde. C’est à Toeplitz qu’il écrit cette lettre, cette ville balnéaire qui est aussi un rendez-vous mondain. Il y a là la crème de l’aristocratie, le tout-Vienne, le tout-Berlin, le tout-Weimar, l’empereur et l’impératrice d’Autriche, l’impératrice Marie-Louise, femme de Napoléon, le roi de Saxe, avec tout le beau monde qui les entoure. 

Beethoven essaie de ne pas s’y laisser engloutir par les difficultés qui l’assaillent, la surdité et son amour impossible pour une absente. Peut-être trouve-t-il ces mondanités un peu vaines. Sans doute porte-t-il un regard très critique sur elle à cause des circonstances politiques, en cet été 1812. Il écrit à son ami Varnhagen:

De Toeplitz, il n’y a pas grand-chose à dire, peu d’hommes et dans ce petit nombre rien de remarquable, aussi je vis- seul, seul ! seul ! seul !

A cette époque, Beethoven écrit à une petite fille d’environ 9 ans. Elle lui avait adressé une lettre en secret pour lui dire que sa musique la rendait heureuse. Beethoven écrit à la petite fille le 17 juillet 1812, une belle lettre où on peut lire notamment ceci : "Le véritable artiste n’a pas d’orgueil, il sait hélas que l’art n’a pas de limites. Il sent obscurément à quel point il est éloigné du but ; et tandis que d’autres, peut-être l’admirent, il déplore de n’être pas encore arrivé là-bas où un génie meilleur ne brille pour lui que comme un soleil lointain."

 

Les retrouvailles avec Bettina Brentano

Beethoven va bientôt retrouver à Toeplitz, Bettina Brentano, une jeune femme qu’il avait rencontrée en mai 1810, deux ans plus tôt. Elle avait 25 ans. Lui, 39 ans. Il était à l’époque très nostalgique. Mais Bettina Brentano lui a apporté un tel rayon de soleil qu’il s’est senti revivre.

Chère Bettina, ... un musicien est aussi poète, il peut se sentir transporté soudain par deux yeux dans un monde plus beau où de plus grands esprits se jouent de lui et lui imposent des devoirs vraiment sérieux.   Qu’est-ce qui ne m’est pas venu en tête, quand j’ai fait votre connaissance, sur le petit observatoire, pendant cette magnifique averse de mai qui a été si fertile pour moi? Les plus beaux thèmes glissaient alors de vos regards dans mon cœur. Si Dieu m’accorde encore une paire d’années, il faudra que je te revoie, chère Bettina, ainsi l’exige la voix qui garde toujours ses droits en moi. Les esprits aussi peuvent s’aimer. Je rechercherai toujours le vôtre, votre agrément m’est plus cher que tout au monde. Rien n’est bon comme d’avoir une belle et bonne âme, qu’on reconnaisse en tout, devant laquelle on n’ait pas besoin de se cacher. Il faut être quelque chose si l’on veut paraître quelque chose. " (Ludwig van Beethoven)

Continuez cette promenade en compagnie de Beethoven avec l'émission Voyages qu'Axelle Thiry lui consacre, ci-dessous. 

Programmation musicale

Ludwig van BEETHOVEN - Le premier mouvement de la Sonate op 90  n°27 en mi mineur.  Emil Gilels . FON-1803032.

Ludwig van BEETHOVEN - Auf dem Hügel sitz'ich extrait des Lieder  à la bien-aimée lointaine . Matthias Goerne et Alfred Brendel . DECCA 475 6011.

Ludwig van BEETHOVEN - Les deuxième et troisième mouvements  de la Sonate n°10 op 96 en sol majeur  . Isabelle Faust et Alexander Melnikov . HMC 902025 .

Franz  SCHUBERT - Impromptu pour piano en fa mineur D 935 n°1. Alfred Brendel . DECCA 4789095 .

Ludwig van BEETHOVEN - Les deux derniers mouvements de la Sonate n°5 op 102/2 en ré majeur . Lynn Harrell et Vladimir Ashkenazy. DECCA 4667332  .

Wolfgang Amadeus   MOZART - Le Deuxième mouvement du Quintette pour clarinette et quatuor à cordes K 581 . Jörg Widmann & Quatuor Arcanto . HM 902168.

Ludwig van BEETHOVEN - Les deux derniers mouvements de la Huitième Symphonie op 93. L'Orchestre symphonique de la radio bavaroise sous la direction de Mariss Jansons . Klassik 900137 .

Ludwig van BEETHOVEN - Le premier mouvement du Trio à clavier n°7 en si bémol majeur op 97 . Trio Wanderer. HM 90210003  .

Ludwig van BEETHOVEN - L'Ouverture de Fidelio. L'Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Simon Rattle . EMI 5866102 .

Jean-Sébastien  BACH - La Sarabande de la Partita n°2 en ré mineur pour violon seul BWV 1004.  Julia Fischer . Pentatone.

Ludwig van BEETHOVEN - Les deux premiers mouvements de la Sonate opus 101 n°28 en la majeur . Igor Levit.

Production et présentation : Axelle THIRY

Réalisation : Anouck GAUVAIN

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