Un p'tit shoot de philo

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Leibniz et sa théorie du "meilleur des mondes possibles"

À l’heure où le monde est paralysé par une pandémie, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi nous habitons ce monde-ci, avec toutes ces vicissitudes alors qu’un autre monde aurait pu être bien meilleur ? Non répondrait le philosophe et savant polymathe Leibniz, qui vous répondrait avec un optimisme non dissimulé que nous vivons du "meilleur des mondes possibles". Pascale Seys nous en dit plus dans Un p’tit shoot de philo.

Leibniz et l’origine du mal

Philosophe baroque, esprit encyclopédique dont le champ des compétences est vaste, Leibniz occupe une place importante dans l’histoire de la philosophie et l’histoire des sciences. De toute sa pensée, l’un des concepts les plus connus, mais aussi le moins compris, du philosophe allemand est sans aucun doute celui du "meilleur des mondes possibles".

Leibniz fait-il preuve ici d’un optimisme naïf ? Pour mieux comprendre cette assertion du philosophe allemand, il nous faut nous pencher sur le traité de métaphysique et de théologie intitulé Essai de Théodicée que Leibniz écrit en français en 1710 à la suite de conversations avec Sophie-Charlotte de Hanovre, surnommée "la Reine Philosophe".

Dans cet essai, Leibniz tente de résoudre le "problème du mal" : comment concilier d’une part l’existence d’un Dieu, qui a, par définition, toutes les perfections et est omniscient, omnipotent et fondamentalement bon et d’autre part l’existence du mal. La réponse que donne Leibniz à ce questionnement dans son Essai de Théodicée est que le monde dans lequel nous vivons a été choisi par un Architecte car il est le meilleur des mondes possibles.

Pour démontrer sa théorie, Leibniz construit une fiction au centre de laquelle il place un grand palais en forme de pyramide, le "Palais des destinées". Dans ce palais, le visiteur contemple toutes les versions possibles d’une infinité de mondes. A mesure que l’on monte, les mondes sont de plus en plus beaux et le dernier étage de la pyramide est de loin de plus beau des mondes. Et ce monde, c’est notre monde réel affirme Leibniz, un monde choisi par l’architecte car il surpasse en tout point les autres mondes possibles.

Certes, le mal et les malheurs sont bien présents dans ce monde, mais en dépit de ces imperfections, ce monde choisi par ce grand architecte est bien le meilleur des mondes possibles. Ainsi, Leibniz à tous ceux qui se questionnent sur les malheurs qui s’abattent sur la terre, Leibniz répond que dans un autre monde, cela aurait été pire.

Candide de Voltaire, une critique virulente du meilleur des mondes de Leibniz

Cette pensée a suscité de vives réactions et critiques, notamment de la part de Voltaire qui tourne en dérision la thèse de Leibniz dans son conte philosophique Candide ou l’optimisme, qui critique la thèse de Leibniz selon laquelle toute souffrance trouve sa justification pour un plus grand bien.

Ainsi dans Candide, Voltaire critique l’optimisme de Leibniz et va le pousser au ridicule à travers le personnage de Pangloss, grand philosophe, professeur de "métaphysico-théologo-cosmolonigologie" et précepteur de Candide. La philosophie de Pangloss peut se résumer en cette phrase "Tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles" et est une critique virulente de Voltaire contre la thèse leibnizienne du meilleur des mondes. Ainsi, Voltaire déforme la pensée de Leibniz, qui n’affirme pas que le monde est parfait et sans souffrance, mais simplement qu’en dépit des souffrances présentes dans notre monde réel, ce dernier est le meilleur qui soit.

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