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Le syndrome de Stendhal, quand l’art nous submerge de son excessive beauté

N’avez-vous jamais ressenti, à la vue d’une œuvre d’art dans un musée, la sensation de vertige, de dépassement de soi devant tant de beauté ? C’est ce que certains psychologues appellent le Syndrome de Stendhal. Pascale Seys nous en dit plus sur les effets que peut provoquer un excès de beauté.

Il est un mal qui touche les âmes sensibles, amoureuses de la beauté et de l’art, un mal qui trouve son origine dans le choc que provoque en nous l’excessive beauté. Ce mal a depuis une quarantaine d’années été identifié comme étant le syndrome de Stendhal.

Appelé aussi "Syndrome de Florence", il tire son nom d’une expérience vécue par l’écrivain français Henri Beyle, plus connu sous son nom de plume Stendhal. Stendhal n’était pas seulement un brillant écrivain, il était également un excellent critique d’art. Amoureux fou de l’Italie, Stendhal était un fin connaisseur de l’opéra italien – c’est lui qui fit connaître Rossini en France – et de la peinture italienne. Dans son récit de voyage en Italie, intitulé "Rome, Naples et Florence", l’auteur du Rouge et le noir et de La Chartreuse de Parmes relate une expérience qu’il a vécue en 1817, alors qu’il contemplait les œuvres de la coupole de la Basilique Santa Croce de Florence.

 

Soudain, face à tant de beauté, Stendhal fut pris de vertige et les battements de son cœur se mirent à accélérer.

J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux-Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.

Rome, Naples et Florence, éditions Delaunay, Paris - 1826, tome II, p. 102

Un mal qui allait s’intensifier alors que l’écrivain, assis sur un banc, essaya de calmer son âme en lisant un poème. Une lecture qui eut pour effet non d’apaiser son âme mais d’intensifier ses visions.

C’est en 1979 qu’une psychanalyste italienne, Graziella Magherini, nomme pour la première fois ces symptômes éprouvés devant un excès de beauté de "syndrome de Stendhal". Elle avait observé chez une centaine de patients étrangers des symptômes similaires alors que ceux-ci venaient de visiter la ville de Florence, et notamment le Musée des Offices. La psychanalyste italienne recense dans un ouvrage plus de dix ans d’observation de cas de voyageurs qui ont été frappés jusqu’à la folie par un excès de beauté.

La beauté n’est rien d’autre qu’une promesse de bonheur.

Stendhal

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