Un p'tit shoot de philo

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Le mystère de l’attirance entre les sexes, expliqué sans stéréotype de genre par un mythe ancien

En matière d’amour, déjà à l’époque des guerres du Péloponnèse, il était coutumier aux hommes de discuter de la question capitale qui consiste à savoir ce qu’aimer veut dire et à quelles conditions et pourquoi les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus. Pascale Seys nous parle d’amour et d’âme sœur dans son P’tit shoot de philo.

Qu’est-ce que l’amour ?

La question de l’amour a été débattue avec passion lors d’une soirée mémorablement et mémorablement alcoolisée que le philosophe Platon raconte dans un livre célèbre intitulé Le banquet. Le banquet réunit plusieurs convives dont un philosophe, un médecin, un auteur de théâtre, un poète, un amant jaloux et chacun des invités au banquet y va de sa thèse. L’amour est-il un dieu qui nous frappe de ses flèches en plein cœur, l’amour est-il une chose vulgaire pour des gens vulgaires à qui il faut préférer des occupations moins futiles, est-ce une harmonie qui gouverne le monde, est-ce un attrait purement sexuel ou est-ce une affaire d’âme ?

La nostalgie d’une fusion bienheureuse et le "mythe" de l’androgyne

Parmi un grand nombre d’hypothèses soulevées lors de ce banquet, une thèse d’Aristophane est arrivée jusqu’à nous. Il s’agit d’une conception de l’amour comprise comme une nostalgie d’une fusion bienheureuse que Freud appellera plus tard le désir archaïque.

Aristophane raconte qu’à l’origine, il existait trois catégories d’êtres humains, et non deux comme aujourd’hui.

  • Le mâle qui est le fils du soleil
  • La femelle qui est une fille de la Terre
  • L’androgyne, un troisième sexe, qui est l’enfant de la lune

La forme humaine était une sphère pourvue de quatre mains, de quatre jambes et de deux visages, d’une tête unique, de quatre oreilles, de deux sexes et le tout à l’avenant. Les humains se déplaçaient, en avant ou en arrière, comme des culbutos sur leurs huit membres avec une vélocité fulgurante. Aussi, les dieux prirent peur d’être surpassés par les hommes et il fut décrété au sommet de l’Olympe d’affaiblir les hommes en les divisant. Zeus ordonna ainsi qu’on nous coupa en deux sur toute la longueur. Zeus demanda ensuite à Apollon de retourner notre visage et de coudre notre ventre du côté de la coupure. C’est cela même notre nombril : la cicatrice de la blessure qui nous rappelle chaque ainsi que nous avons été séparés de notre moitié perdue. Chaque moitié, regrettant sa moitié, avait un désir impérieux de la retrouver et Aristophane précise que la part perdue se languissait de l’autre au point de se laisser mourir de faim et d’inaction.

Zeus fut pris de pitié et il décida de déplacer les organes sexuels à l’avant du corps et ainsi naquit le plaisir sexuel destiné à soulager les amants de la perte originelle de leur moitié perdue. Depuis lors, certains hommes recherchent leur moitié perdue homme, certaines femmes recherchent leur moitié perdue femme, tandis que l’androgyne, cette forme mixte composée des deux sexes féminin et masculin recherche un partenaire hétérosexuel.

Et voilà comment un mythe ancien explique de façon moderne et sans stéréotype de genre, le mystère de l’attirance entre les sexes.

Pascale Seys vient de sortir un troisième recueil de philosophie vagabonde, intitulé Le panache de l’escargot.

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