Un p'tit shoot de philo

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Connais-toi toi-même, sur la voie du bonheur et de la sagesse

Comme une rumeur lancinante, on nous impose d’exprimer nos ressentis, de développer nos talents et d’oser être la meilleure version de nous-mêmes. Mais pour quoi faire ? Socrate nous invite à nous connaître nous-même. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Vous prendrez bien un p’tit shoot de philo de Pascale Seys !

Socrate et l’eudémonisme

Comme Jésus et comme Buddha, le père de la philosophie occidentale, Socrate, n’a rien écrit. Pas un livre, pas un article, pas un mot, à l’exception de géométries dessinées sur le sable au bord de la mer, dont la trace fut aussitôt effacée par les vagues… Et pourtant, la figure de Socrate a traversé l’histoire spirituelle mondiale, ce qui en soi relève d’un véritable exploit.

Dans la vraie vie, Socrate était un maçon et un soldat d’élite, ce qui témoigne au moins d’une chose, que l’on pense avec ses mains et qu’une pensée est courageuse lorsqu’elle se confronte aux problèmes de la vie ordinaire.

L’une des préoccupations majeures de Socrate consistait à s’interroger et interroger toutes celles et tous ceux qu’il croisait sur sa route sur ce que le bonheur veut dire et à quelles conditions il est possible à chacun et chacune d’entre nous d’êtres heureux.

Les Grecs ont donné le nom d’eudémonisme à cette conception selon laquelle nous cherchons à être le plus heureux possible à travers chacune de nos actions.

Nosce te ipsum !

Mais comment définir le bonheur puisque la réponse est différente pour chacun selon l’âge, les circonstances, les aspirations, les humeurs et les ambitions du moment. Devant la difficulté de donner au bonheur une définition générale, Socrate nous invite plutôt à réfléchir à cette recommandation Gnothi seauton traduit en latin par Nosce te ipsum, c’est-à-dire, "connais-toi toi-même".

Cette expression grecque n’est pas de Socrate. Ce dernier a repris à son compte une inscription très ancienne gravée à l’entrée du temple de Delphes. Atteindre le bonheur, autrement dit être heureux sans remords, être bien et faire le bien, n’est possible qu’à la condition de se connaître, c’est-à-dire de connaître ses limites. Ainsi, cette maxime grecque gravée à l’entrée du Temple d’Apollon à Delphes signifiait : sois sage et modéré. Socrate, sous la plume de Platon, va donner une nouvelle interprétation à cette maxime.

Savoir que nous sommes mortels et que nous ne sommes pas de dieux, découvrir la juste place que nous occupons dans l’univers en même temps que le principe d’excellence qui sommeille en nous, c’est là que réside la sagesse.

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