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Sur les traces de Mozart à la turque

Sur les traces de Mozart à la turque
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Le rondo à la turque n'a pas grand chose d'oriental sous la plume de Wolfgang. En revanche, sa mélodie inoubliable a inspiré à notre répertoire francophone quelques pitreries remarquables.

Le dernier mouvement d'une sonate pour piano composée par Mozart au début des années 1780. Il a 24 ans mais c'est un musicien confirmé qui vient de quitter l'Archevêque de Salzbourg pour vivre sa carrière de manière indépendante. Les turqueries en musique sont à la mode à cette époque, mais le folklore musical oriental, sous la plume de Mozart, a pris ses distances avec la réalité pour donner ce rondo à la turque élégant et rebondissant.

Mozart avait un don presque surnaturel pour la composition, et cette mélodie irrésistible n'a pas réussi à se faire oublier. Ils sont quelques-uns à avoir ressenti une furieuse envie d'écrire dessus.

Chez Michel Delpech, le turc appelle l'expression. Tête de turc. Une tête de turc qui subit l'existence des autres comme un rempart à la sienne à lui, mais tellement maladroit qu'on ne parvient pas à prendre en pitié...

Chez Nino Ferrer, on dresse un portrait absurde du musicien ; une inspiration surréaliste comme une apparition, un appel au secours au compositeur, un soir de concert où le musicien n'a pas vraiment répété sa partition.

Chez Marie-Paule Belle, l'indécrottable clown féministe, la sœur de Mozart se révolte et nous dit tout. Reléguée au foyer pour cause d'être une femme, elle est le vrai génie mais frustré, celle qu'on laisse dans l'ombre pour faire place à l'héritier mâle. Elle réclame ses droits d'auteurs pour les œuvres qu'en réalité, elle composait pendant que Mozart faisait le beau dans les salons. Extrait " quand papa recevait des marquises.... le requiem il est de Beethoven "

Remarquez bien que toutes ces reprises de la mélodie de Mozart ont été adoptées sous le ciel de la comédie et la moquerie... Apparemment, la partition appelle le rire, la distance et quelque chose de gaillard avec du pom pom et de l'accent bonhomme.

Mais la plus forte, la plus coquine, c'est celle-ci, c'est la dernière... c'est celle de Boris Vian. Elle parle de danse, la marche devient cha-cha-cha, un drôle de truc qui colle au drôle de turc, dans la langue savoureuse du poète musicien Boris Vian. C'est celle-ci qui nous restera avec nous aujourd'hui, pour nous faire danser, depuis les pieds... jusqu'aux oreilles.

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