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Léo Ferré et Debussy : La musique et la mer

Deux hommes de la mer. Léo Ferré, de son amour contrarié avec la musique classique, nous jette à l'eau et dans la poésie avec Mallarmé et Debussy.

Le jeu des vagues, vu par Debussy. La mer, absorbée par la musique dans tous ses états. Calme, venteuse, légère ou furieuse. C'est grand la mer, c'est indomptable et sacré, comme l'inspiration et la passion.

Léo Ferré et Debussy, chacun a sa manière, ont été saisis par la mer. Léo a grandi à Monaco, Claude est frappé de stupeur quand il découvre l'océan à l'âge de 8 ans.

Léo Ferré, c'est la poésie et un penchant anarchiste. On a tendance à oublier un petit peu son émerveillement pour le classique. Pour lui c'est un amour contrarié, une passion qu'on lui a refusée et qu'il assumera toujours difficilement, à cause d'une formation musicale en dents de scie. Sa formation en la matière, c'était quelques cours particuliers et de l'auto-didactisme. C'était plus fort que lui : il s'est lancé dans la composition et dans la direction d'orchestres avec des succès publics que les critiques ne suivront pas.

Mais zut aux académismes : Léo Ferré écoute, absorbe, et il puise, il puise dans ceux qu'il admire. Beethoven pour la grâce et la puissance. Debussy pour la révolte et l'impressionnisme. En puisant il remâche, et en remâchant il invente, réinvente et se fait successeur à sa manière.

Dans Debussy il y a tout ce qu'il faut pour ça. Même la poésie : L'après-midi d'un faune est un poème de Mallarmé pour lequel Debussy a composé la musique à jouer ou à écouter en prélude à la lecture du poème. L'après-midi doit donc suivre le prélude, et après tout ça seulement viennent les musiciens de Léo Ferré. C'est sa conclusion, son hommage à ses pères, sa salutation au geste de l'invention qui n'est que de la réinvention. Ils sont "ceux qui dérangent la nuit dans le bruit du silence". C'est vrai qu'il aimait bien déranger. Qu'il avait un goût pour ce qui gratte, le truc caché derrière le mur lisse. Les emprunts de Léo Ferré à la musique classique, ce n'est pas juste pour la beauté du geste. C'est pour l'anarchie, pour la mer, pour la poésie et pour la musique classique. C'est tout ça à la fois.

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