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Eric Carmen et Rachmaninov : la célébrité, ça coûte cher

Eric Carmen et Rachmaninov : la célébrité, ça coûte cher
Eric Carmen et Rachmaninov : la célébrité, ça coûte cher - © Tous droits réservés

Tous les compositeurs classiques ne sont pas d’un autre siècle… Avant de repiquer une mélodie pour en faire le tube d’une décennie, un coup d’œil au calendrier s’impose.

Le deuxième concerto de Rachmaninov est une renaissance musicale, après trois ans de silence pour le compositeur. Un peu déprimé, un peu mal aimé, il lui aura fallu ce temps pour relever la tête. Ce n'est pas encore tout à fait ça, mais ça ira mieux. Ça ira même beaucoup mieux. Mais c’est une autre histoire. Ce qui nous intéresse dans cette chronique, c’est le moment où ça va doucement.

Dans le deuxième mouvement, le mouvement lent, du deuxième concerto, on entend la paix, le vent remonter, favorable, dans le moral du compositeur.

Si l’histoire du deuxième concerto de Rachmaninov charrie la déprime, celle qui suit est un peu plus drôle. En 1975, Eric Carmen sort All by myself, morceau qui exploite avec frénésie le thème de la solitude, empruntée un peu à la chanson Full moon and empty arms chantée par Sinatra, elle-même un peu empruntée au… deuxième mouvement du deuxième concerto de Rachmaninov. Eric Carmen sort donc son disque, qui devient un tube intersidéral, premier au hit-parade, puis disque d’or, la consécration. Eric Carmen est peut-être seul au monde mais il se voit riche, très riche.

Mais, car il y a un "mais", il attend et attend encore, mais il a beau attendre, les millions de dollars n’arrivent pas sur son compte. Et pour cause. Lui qui s’était dit, "c’est du classique, ça doit être libre de droit", réalise soudainement que Rachmaninov n’est mort qu’en 1943. Dans les années 70 ce sont les ayants droit qui touchent les droits. Eric Carmen devra négocier avec eux, pour pouvoir empocher au mieux quelques miettes de royalties.

En apprenant ça, Eric Carmen a vraiment dû se sentir très seul… comme dans sa chanson… Mais comme pour Rachmaninov, cet épisode n’était qu’un nuage avant le soleil. All by myself n’a peut-être pas enrichi Eric Carmen directement, mais la célébrité qui a suivi, et la suite flamboyante de sa carrière ont dû compenser la mésaventure. Moralité : tous les compositeurs classiques ne sont pas d’un autre siècle. Mais quand ils le sont, on peut compter sur la modernité pour les faire venir jusqu’à nos oreilles.

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