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Quelle est l’œuvre de musique classique qui est jouée en permanence, quelque part dans le monde ?

C’est une question en mode "Guiness Book" des records que vous pose Clément Holvoet : savez-vous quelle est l’œuvre de musique classique qui est jouée en permanence, quelque part dans le monde ? En ce 22 novembre, jour anniversaire de sa création, célébrons cette œuvre de tous les records, le célèbre Boléro de Ravel. 

Une interprétation publique du Boléro commence quelque part dans le monde toutes les 10 minutes

En général, le détenteur de tous les records concernant le nombre d’œuvres jouées par jour dans le monde, toute l’année, c’est Beethoven, avec notamment avec sa Cinquième symphonie qui, en termes de box-office, en fait pâlir plus d’un. Mais il est une autre œuvre qui peut rivaliser avec le palmarès du grand Ludwig. C’est bien entendu le célèbre Boléro de Maurice Ravel.

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Cette œuvre de Maurice Ravel est tellement célèbre et populaire qu’on a pu calculer qu’une interprétation publique du Boléro commençait quelque part dans le monde toutes les 10 minutes. Le Boléro complet faisant 16 minutes, on peut donc déduire que cette œuvre est jouée sans discontinuer quelque part sur le globe.

Et c’est d’autant plus étonnant que même si l’œuvre est excellente, elle est assez pauvre en termes de matériau de composition. La tonalité est uniforme jusqu’à la fin, do majeur – avec un tout petit détour par mi majeur lors de la dernière exposition du thème mais c’est presque cosmétique - le tempo reste fixe, la mélodie ne change pas et surtout le rythme reste fixe lui aussi. C’est donc un tour de force de réaliser une œuvre de ce genre avec si peu d’éléments.

Dynamique et orchestration

Mais comment la pièce évolue-t-elle ? Ravel joue sur deux tableaux pour que son Boléro soit vivant. Premier tableau, ce qu’on appelle en musique la dynamique, c’est-à-dire la puissance sonore. Ravel construit un immense crescendo sur 16 minutes environ, cela veut dire qu’il part d’une nuance pp pour aboutir à une nuance ff pour aboutir à un accord dissonant à la fin et la dislocation du matériau.

Le deuxième tableau sur lequel Ravel joue pour dynamiser la pièce, c’est l’orchestration. C’est l’art d’associer les instruments de l’orchestre entre eux, de combiner les timbres et de faire des choix de sonorités dans l’écriture de la partition et faire ainsi en sorte que l’œuvre orchestrale ait du relief. L’orchestration, c’est un peu la 3D de la musique. Et c’est peu de dire que Ravel excellait dans cet art de l’orchestration. Le Boléro, il faut le rappeler, est une musique destinée à être dansée puisque c’est une musique de ballet.

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Il a été composé en 1928 et créé le 22 novembre à l’Opéra Garnier par sa dédicataire, la danseuse russe Ida Rubinstein. L’ancienne égérie des Ballets russes de Diaghilev commanda à Ravel un "ballet de caractère espagnol" pour pouvoir le danser avec sa troupe. D’abord parti sur l’idée de faire une adaptation de la suite pour piano d’Albeniz intitulée Iberia, il a dû se raviser, pour des questions de droits d’auteur incessibles concernant la pièce d’Albeniz. Ravel a alors décidé de composer une pièce expérimentale, une espèce d’étude d’orchestration.

Son ami Gustave Samazeuilh lui rend visite à Saint-Jean-de-Luz pendant l’été 1928. Ravel lui joue au piano un thème avec un seul doigt et lui explique ceci : "Mme Rubinstein me demande un ballet. Ne trouvez-vous pas que ce thème a de l’insistance ? Je m’en vais essayer de le redire un bon nombre de fois sans aucun développement en graduant de mon mieux mon orchestre." Le Boléro était né.

Il n’a pas fallu plus de quelques mois pour que le succès soit immense ! Et cela ne s’est jamais démenti. Le Boléro est l’une des dernières œuvres écrites par Ravel, et il faut savoir que, par ailleurs, il est l’un des rares compositeurs dont toutes les œuvres sont jouées régulièrement sur toutes les scènes du monde !

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