Telle est la question !

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Qu’est-ce qu’une transcription en musique ?

Pratique courante en musique savante, qui existe depuis des siècles, la transcription musicale est une adaptation d’une partition, écrite pour un instrument X, vers une partition écrite pour un instrument Y.

Egalement utilisée en jazz et en musiques traditionnelles ou en musiques du monde, la transcription consiste à reproduire, à l’écrit, un extrait musical ou une mélodie que l’on écoute. Cela permet par la suite de rejouer ce thème ou ce solo de tel ou tel instrumentiste de jazz ou de musique traditionnelle.

La transcription en musique savante consiste donc souvent à faire un transfert d’instrument, à adapter une partition écrite. Par exemple, nous pouvons faire une transcription d’une partition pour flûte vers le violon. Ces deux instruments ayant une tessiture assez proche, la transcription sera assez élémentaire. Mais la transcription peut se révéler beaucoup plus complexe. Connaissez-vous le concerto pour quatre clavecins en la mineur, BWV 1065 de Jean-Sébastien Bach ? Il s’agit en réalité d’une transcription d’un concerto pour 4 violons, écrit lui dans la tonalité de si mineur, composé une vingtaine d’années avant l’œuvre de Bach, par un certain Antonio Vivaldi.

Dans cette transcription, Bach a adapté les parties solistes, dédiées à l’origine à des instruments mélodiques, à quatre instruments polyphoniques, les clavecins, et a par ailleurs changé la tonalité de "si mineur" vers "la mineur," probablement pour une question de tempérament, lié à l’accord des instruments.

Les transcriptions peuvent aller encore plus loin que celle que Bach. Le compositeur ou le transcripteur peut intégralement revoir l’harmonisation, le choix des accords éventuellement, les choix de tessitures et donc d’octaviation – en passant d’un instrument plus grave à un plus aigu ou inversement. Notez bien que si la transcription dépasse un certain seuil de modification, on parle alors d’arrangement voire d’orchestration si le compositeur décide par exemple de retravailler une partie de piano en partie d’orchestre. L’inverse est monnaie courante, par ailleurs, à savoir réduire une partie d’orchestre pour piano, ce genre de transcription porte alors le nom de réduction puisqu’on est obligé de réduire les parties de tous les instrumentistes d’un orchestre symphonique aux deux mains du (pauvre) pianiste !

Tout ce travail n’est pas nécessairement réalisé par un autre compositeur que celui de l’œuvre originale, Franz Liszt et Johannes Brahms, par exemple, sont des habitués de la transcription de leurs propres œuvres pour plusieurs instruments. Et puis, pour des raisons d’argent, de temps ou de disponibilité de musiciens, il faut parfois transcrire rapidement et plus par nécessité que par idéal artistique ! C’est arrivé par exemple régulièrement à l’un des fils de Bach, Carl Philipp Emmanuel, qui à l’époque avait transcrit pour violoncelle et pour flûte la pièce que nous découvrons maintenant, composée à l’origine pour 2 clarinettes.

Transcriptions inattendues, amusantes ou insolites

Pour les musiciens, la transcription peut être l’outil idéal pour un moment d’échange, d’amitié et de complicité. En voici un bel exemple avec le violoncelliste Yo-Yo Ma.

Son insatiable curiosité l’a amené à explorer jazz, tango et musiques traditionnelles, en collaborant avec des artistes d’horizons différents comme Ennio Morricone, John Williams ou le guitariste latino Carlos Santana. Dans son album Hush, il revisite avec bonheur et humour des célèbres thèmes de la musique classique avec le chanteur et vocaliste Bobby McFerrin.

Transcrire pour violon seul une œuvre pour clavier, est-ce possible ? Eh bien oui, et en voici la preuve ! Grâce à la puissance de son imagination et à sa technique, le violoniste Tedi Papavrami, à la fois transcripteur et interprète, relève le défi avec des Sonates pour clavecin de Scarlatti transcrites pour violon seul.

L’accordéoniste Viviane Chassot ne veut pas se cantonner au répertoire de son instrument. Elle fait éclater toutes les barrières stylistiques en passant de la musique classique au jazz, de la musique du monde à l’improvisation. Perfectionniste, elle peaufine toutes ses interprétations, et suit même pour cela des masterclass avec de grands pianistes comme András Schiff ou Alfred Brendel !

A propos de son enregistrement des Sonates de Haydn, voilà ce que dira Brendel : "L’interprétation est parfaite en son genre. Ce mélange de fraîcheur, contrôle et sensibilité produit le plus beau des résultats." Voici un concerto pour piano de Haydn, à l’accordéon.

Certains grands compositeurs sont également de grands transcripteurs. Ravel était un orchestrateur de génie, et a transcrit pour orchestre de nombreuses œuvres de piano solo, l’exemple le plus connu étant les Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Liszt fait le chemin inverse, en transcrivant des œuvres orchestrales pour le piano, ce qui lui permet d’élargir considérablement son répertoire de concertiste. La transcription est d’ailleurs une partie très importante de son activité : sur ses 700 numéros d’opus, 350 sont des transcriptions ! Ces transcriptions peuvent être assez libres : Liszt s’approprie alors un thème, le transforme, lui donne un éclairage différent. L’autre type de transcription restitue intégralement l’œuvre, faisant alors appel à tous les moyens pianistiques possibles. Liszt a ainsi réalisé des transcriptions des 9 symphonies de Beethoven, d’une difficulté diabolique.

Une œuvre très connue de Satie jouée par un instrument méconnu : le cristal Bashet. Cet instrument a été mis au point en 1952 par les frères Baschet. Le clavier chromatique du Cristal est constitué de baguettes de verre, que l’on frotte avec les doigts humidifiés. La vibration ainsi se transmet à des tiges d’acier. Ces tiges, encastrées dans un sommier en métal lourd, propagent leurs vibrations aux diffuseurs, lesquels propagent à leur tour les sons dans l’air.

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