Telle est la question !

Plus d'infos

Qu’est-ce qu’une gigue ?

Poussez vos fauteuils, canapés et autres sièges, faites de la place dans votre salon car Clément Holvoet vous invite à entrer dans la danse en vous posant cette question : "qu’est-ce qu’une gigue" ?

La gigue est très présente en musique classique, même si ce n’est pas son origine directe, qui est plutôt à chercher dans la musique traditionnelle. Et précisément en Angleterre ou en Irlande, où l’on retrouve cette danse rapide, parfois binaire mais en général de nature ternaire, ce qui lui donne un petit côté swing. On la retrouve aussi comme musique traditionnelle, en Ecosse, au Québec et même chez nous, en Belgique, sous la forme de la chapelloise.

La gigue trouve son origine dans la musique traditionnelle mais elle est très utilisée dans le répertoire savant, notamment en musique baroque. Dès la Renaissance apparaissent les Suites de danses. On alterne les danses lentes et rapides et on en fait une seule grande pièce, constituée en Suite. Peu à peu, on va formaliser tout ça, et le compositeur Froberger va graver dans le marbre la forme usuelle de la Suite avec 4 mouvements : allemande, courante, sarabande et plus tard, on ajoutera la gigue, qui est la dernière danse ajoutée à la Suite.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la Suite est la forme musicale la plus pratiquée en France. La gigue, particulièrement, doit son succès à Jacques Gautier, luthiste français à la cour d’Angleterre. On la danse à la cour, où on y apprécie son caractère joyeux et virevoltant. Et des compositeurs, tels que Jean-Philippe Rameau, connus en composent, et elles deviendront célèbres.

La Suite en tant que telle, intégrant la gigue notamment, dépasse ensuite les frontières françaises. Et on peut assimiler cette propagation à celle de l’adoption du style de l’architecture de Versailles par les cours étrangères. Ces fameuses Suites peuvent être jouées par des instruments seuls, comme le clavecin, mais aussi la viole ou le luth ! Puis, par après, viendront les suites jouées par des ensembles instrumentaux. Il faut aussi dire que notre gigue, d’origine anglaise et/ou irlandaise est importée au même moment, au XVIIe siècle, par les colons aux États-Unis d’Amérique. Les esclaves noirs s’en emparent et fabriquent une danse qui leur est propre à partir de celle-là.

Petit à petit, la gigue intègre aussi les "minstrel shows" qui étaient des spectacles populaires dans les années 1820 aux USA avec des danses, du chant, de la musique. La gigue est à l’origine des claquettes, grâce à son grand succès au XIXe siècle.

Newsletter Musiq3

Restez informés chaque vendredi des évènements, concours et CD de la semaine.

OK